Guide d'Ibiza : Arts et culture

Le mouvement hippie à Ibiza

Si Ibiza a acquis une renommée internationale avec l'arrivée en grand nombre des hippies dans les années 1960, l'île jouissait déjà depuis les années 1930 d'une réputation de sanctuaire de la vie douce. En effet, de nombreux intellectuels et artistes européens d'avant-garde, forcés de fuir les régimes autoritaires (la guerre civile espagnole notamment), trouvèrent refuge sur l'île blanche. Après la Seconde Guerre mondiale, le monde se reconstruit petit à petit et la créativité et la liberté sont des valeurs qui prennent de l'importance, si bien que de nombreux artistes déjà coutumiers de l'île commencent à affluer à nouveau, bientôt rejoints par de jeunes Européens et Américains, adeptes du mouvement hippie naissant. Pour ces âmes éprises de liberté et de paix, de rapport sain avec la nature, Ibiza - mais aussi sa petite voisine Formentera - offre tous les ingrédients du bonheur, si bien que des communautés hippies se forment rapidement dès le début des années 1960, principalement dans les zones rurales du centre de l'île. Si San Francisco est considéré comme le berceau du mouvement, Londres et Amsterdam, en raison de leur atmosphère cosmopolite et bohème, sont également des foyers importants de cette culture émergente. Considérés comme adaptés à la pratique de la méditation, le Népal et l'Inde sont également des destinations de premier ordre. Ce que va offrir Ibiza aux hippies c'est un contact direct et simple avec la nature, un climat clément, mais aussi un territoire encore épargné par le tourisme de masse. Les habitants de l'île reçoivent cette nouvelle population avec curiosité et bienveillance, les nommant les " peluts " (" poilus " en catalan), en raison de leurs chevelures hirsutes, et la coexistence est plutôt bonne. Lors de cet âge d'or des hippies à Ibiza (1965-1975), penseurs, artistes, idéalistes et doux rêveurs opérant leur retour à la terre contribuent à populariser l'île et bientôt le tourisme commence à gagner du terrain, diluant peu à peu cet esprit hippie authentique de la première heure... On pourra tout de même encore aujourd'hui approcher un peu de ce que fût cette époque se rendant au marché dominical de Sant Joan, dont les étals d'artisans demeurent peut-être les plus authentiques de l'île. La petite crique d'Atlantis ou celle de Punta Galera sont également des spots qui conservent encore de cette magie un brin psychédélique des années 1960. A voir aussi, le rassemblement des joueurs de tambours sur la plage de Benirràs, tous les dimanches de la belle saison, à l'heure de crépuscule. En 2016, une sculpture de bronze représentant un hippie et son enfant a été inaugurée dans la Marina d'Eivissa, en hommage à cet épisode fondamental de l'histoire et de la culture d'Ibiza.

Architecture

L'architecture traditionnelle d'Ibiza se compose de maisons paysannes appelées fincas, de tours défensives circulaires en pierre - que l'on retrouve aussi le long des côtes de Formentera - construites pour prévenir les incursions pirates, et d'églises fortifiées revêtant une double fonction : religieuse et défensive. Maisons paysannes et églises fortifiées se caractérisent par leurs volumes cubiques peints à la chaux qui valurent à Ibiza le surnom d' " île blanche ".

FincaC'est le logement typique de l'île. Il se caractérise par ses murs très épais construits ainsi pour lutter contre les fortes chaleurs de l'été et contre le froid de l'hiver. La finca est traditionnellement organisée autour de la pièce principale, accueillant une cheminée qui, dans l'ancien temps, servait également de four et était placée juste à côté de l'évier. Les fenêtres sont petites, les intérieurs sombres, toujours pour s'adapter au climat. Une autre particularité de ces constructions est le toit plat très légèrement incurvé, afin de récupérer les eaux de pluie stockées dans des citernes, mais qui permettait aussi de pouvoir ajouter facilement de nouvelles pièces à la maison, notamment en cas de naissance. Les fincas sont généralement disséminées en campagne et se sont petit à petit transformées, pour certaines, en hôtel d'agrotourisme. Un des plus beaux exemples de l'architecture traditionnelle ibicenca est celui de Balàfia, bourg médiéval situé à proximité de Sant Llorenç.

Eglise. Les églises construites sur les Pityuses revêtent une double fonction : ces lieux de culte se distinguent des églises de leur époque grâce à leur caractère défensif, qui se traduit généralement par la présence de murs épais et d'ouvertures réduites. Les Pityuses furent des siècles durant la cible des corsaires et des pirates en raison de leurs faiblesses insulaires, faits qui obligèrent les habitants à adapter leurs constructions pour se protéger. Comme la finca rurale, l'église ibicenca se caractérise par ses formes cubiques et ses murs blancs peints à la chaux, ainsi que par sa sobriété, tant dans son architecture que dans son décor épuré. Erigées au centre des villages, les églises ibiziennes sont depuis toujours un lieu fédérateur régulièrement animé de célébrations et de fêtes populaires où se réunissent les habitants.

Tour défensive. Ces édifices circulaires en pierre ont été érigés le long des côtes des îles Pityuses à partir du XVIe siècle, dans le but de prévenir les incursions pirates, d'une part par le signalement - les tours pouvaient communiquer les unes avec les autres par des signaux visuels afin de prévenir les habitants de l'arrivée des bateaux pirates - d'autre part en constituant un lieu de repli en cas d'invasion. Leur architecture spécifique circulaire constituée d'épais murs en pierre déploie deux niveaux d'élévation, avec une ouverture au second niveau permettant d'accéder à l'intérieur de la tour grâce à une échelle. Elles sont généralement élevées le long des côtes, mais l'on en trouve plus rarement sur le territoire intérieur, comme dans le village traditionnel de Balàfia. Ibiza compte une dizaine de tours défensives. Ces dernières offrent des points de vue spectaculaires sur la mer et les paysages côtiers. Un des plus impressionnants est sans doute celui de la Torre des Savinar qui donne sur les îlots d'Es Vedrà et d'Es Vedranell.

Artisanat

Si de nombreux artisans travaillent le cuir à Ibiza, la vannerie et la sandale en corde demeurent la marque de fabrique de l'île. Depuis les années 1960, la mode ibizienne a été influencée à la fois par l'habit traditionnel et par la liberté du mouvement hippie. Ibiza présente un mélange de liberté et de tolérance, bien illustré dans le domaine de la mode Adlib (du latin ad libitum) créée par Smilja Mihailovitch, qui a lancé le mot d'ordre : Viste como quieras pero con gusto, ce qui signifie " Habille-toi comme tu veux, mais avec goût ". Aujourd'hui, cette mode d'Ibiza se vend bien et les boutiques ne manquent pas.

Que ramener de son voyage ?

Vu l'insularité et l'affluence touristique, les prix sont élevés à Ibiza. Cependant, quelques rares produits alimentaires sont meilleur marché que dans le reste de la péninsule Ibérique. Vous pouvez cependant trouver des chaussures, du cuir, des perles, des produits de l'artisanat et de l'industrie locale à des prix relativement intéressants.

Artisanat. Diversifié. Attention aux prix et à la qualité ! Des petits marchés artisanaux sont installés dans les endroits les plus touristiques, souvent sur les places des villages. Les différents marchés hippies proposent quelques bons produits, ou fabriqués localement, ou importés des Indes.

Hierbas. Elaborée avec du fenouil, du romarin, de la menthe, de la camomille et jusqu'à 30 herbes différentes, cette liqueur typique d'Ibiza se déguste après le repas, comme digestif.

Hierbas de Ibiza. Pouvant être traduit par " Herbes d'Ibiza ", il s'agit d'une prestigieuse marque de cosmétiques originaire de l'île, de gestion familiale, jouissant d'une belle renommée bien au-delà des frontières espagnoles. La gamme des produits est très vaste, allant des parfums aux savons, en passant par les onguents soin et bien-être et sont élaborés de manière semi-artisanale à partir d'herbes, fleurs et épices locales. On trouvera aisément ces produits dans les villes de l'île. Plus d'infos sur : www.hierbasdeibiza.com

Sobrassada, ensaimadas, vin et huile d'olive... Ces produits sont fabriqués de manière artisanale et peuvent être achetés dans n'importe quel recoin de l'île, alors pourquoi vous priver ?

Sel d'Ibiza. Dans toutes les épiceries de l'île, on trouve du gros sel ou de la fleur de sel vendu sous diverses appellations. On le sert dans la plupart des restaurants de l'île. Il jouit d'une bonne réputation dans toute l'archipel et même au-delà.

Marchés hippies

Ibiza est connue non seulement pour ses nuits animées, ses plages bordées d'une mer turquoise mais aussi pour ses fameux marchés hippies.

A Eivissa, le long de la marina, chaque soir, des petits stands s'installent et vous proposent bijoux, peintures et divers souvenirs. Ce marché n'a pas grand-chose de hippie, mais ressemble plutôt à tant d'autres que vous aurez eu l'occasion de croiser sur vos lieux de villégiature.

A Es Canar se tient tous les mercredis le Hippie Market. Ce marché n'est hippie que par son nom. Vous y trouverez une multitude de produits de contrefaçon de marques de luxe, des tee-shirts fabriqués en série et beaucoup d'autres objets faisant office de souvenirs. Tous les hôtels proposent cette excursion à leurs clients et les touristes débarquent par cars entiers. Si vous avez le courage et beaucoup de souvenirs à rapporter...

A Sant Carles se tient tous les samedis le marché de Las Dalias, assurément le plus dépaysant. La plupart des marchands proposent des produits artisanaux qu'ils ont fabriqués ou qu'ils ont rapportés de leurs périples en Inde ou en Amérique latine. De beaux produits variés pour la plupart (étoles, bijoux, vêtements, cuirs...), et les vendeurs sont décontractés. Vous pourrez même vous délasser devant un thé à la menthe, assis sur des coussins sous une tente à l'abri du soleil. Une étape recommandée. www.lasdalias.es

A San Jordi le samedi matin se tient un marché aux puces ou de plus en plus de hippies essaient de vendre leur marchandise. Intéressant pour ceux qui aiment l'ambiance vide-greniers. Un autre marché du même type a lieu le dimanche à Cala Llenya.

A Sant Joan, le dimanche matin, la petite place du centre-ville accueille les échoppes temporaires de commerçants proposant pièces d'artisanat, produits alimentaires, cosmétiques locaux et bio... bref, que du fait-maison.

Cinéma

Ibiza et la culture digitale. Depuis 2016, Ibiza accueille l'excellent festival international Art Futura, qui s'est tenu pour la première fois à Barcelone en janvier 1990, explorant les nouvelles tendances en matière de création digitale, au croisement de la réalité virtuelle et de la production cinématographique et de l'animation 3D. Pendant 3 jours en fin d'année, courts-métrages, clips 3D, documentaires et interviews sont projetés gratuitement dans la salle de l'espace culturel Can Ventosa, à Ibiza. Plus d'infos sur www.artfutura.org ou sur www.facebook.com/artfuturaibiza.

De « More » à « Amnesia »

Ce long-métrage, réalisé par Barbet Schroeder, est sorti sur les écrans en 1969, en pleine période hippie. La majeure partie de l'histoire se déroule à Ibiza. Il met en scène l'aventure d'un jeune Allemand qui découvre les plaisirs mais aussi l'enfer de la drogue, à l'initiative d'une Américaine dont il tombe amoureux. Tourné il y a une quarantaine d'années, ce film découvre l'île d'Ibiza encore vierge de toute urbanisation. Pink Floyd a signé l'ensemble de la bande originale. Idéal pour les amoureux de l'île qui regrettent de ne pas l'avoir connue avant les constructions de masse.

En 2015, le même réalisateur sort un film, ayant la même maison pour décor principal, intitulé Amnesia. L'intrigue a lieu dans les années 1990 et met en relation deux personnages : Martha, une Allemande vivant à Ibiza depuis bien longtemps, dans le déni de sa propre culture, et Max, un jeune Dj techno, Allemand lui-aussi. Bien que le film ait pour sujet central les liens unissant les deux personnages et la vision renouvelée que chacun aura sur son propre pays, il permet en même temps de prendre la mesure des changements que le temps a pu opérer sur l'île blanche.

Littérature

Nombreux sont les intellectuels qui, dès les années 1930, virent en Ibiza une terre d'exil, un refuge de paix et de sérénité, loin des grandes villes, du modernisme ou de la montée du fascisme européen. Poètes, écrivains, essayistes et philosophes contribuèrent, aux côtés des artistes, à la création et à la diffusion d'un mythe : Ibiza. Albert Camus, Jacques Prévert et Drieu La Rochelle comptent parmi les écrivains et poètes français qui séjournèrent sur l'île. Voici quelques personnalités à retenir :

Mariá Villangomez Llobet. Né à Ibiza en 1913, dramaturge et traducteur, personnalité incontestable et incontestée, il est connu comme le meilleur poète d'Ibiza. Son inspiration authentique lui vaut une place importante dans la poésie catalane. Il est mort le 12 mai 2002.

Ramon Muntaner. Né en 1265. Militaire et historien, il fait partie de l'expédition catalano-aragonaise d'Orient. Gouverneur de l'île de Djerba, lieutenant de Jacques III, il meurt en 1336 à Ibiza après en avoir été le maire. Chroniques (1328) est le plus fameux de ses ouvrages.

Walter Benjamin. Philosophe et critique d'art allemand né à Berlin en 1892, Walter Benjamin séjourna à deux reprises sur l'île blanche, en 1932 et en 1933. Il sera fasciné par les modes de vie et les traditions ancestrales de cette terre insulaire où de nombreux intellectuels vinrent s'exiler pour fuir le fascisme grandissant en Europe. L'oeuvre du poète et essayiste Vicente Valero (né à Ibiza en 1963) Expérience et pauvreté : Walter Benjamin à Ibiza, 1932-1933 revient sur les séjours de Walter Benjamin à Ibiza.

Jean Selz. Ecrivain et critique d'art, Jean Selz rencontre Walter Benjamin à Ibiza en 1932, avec qui il se lie d'amitié. Dans sont récit Voyage aux îles Pythiuses, l'auteur conte l'histoire des exilés d'avant-guerre, ces artistes et ces intellectuels venus trouver sur l'île un refuge avant que n'éclate la guerre civile en 1936.

Antonio Colinas. Né en 1946, ce poète castillan, auteur de nombreux recueils de poésie et lauréat de plusieurs prix littéraires (prix de la Critique en 1975 et prix national de Littérature en 1982) a trouvé à Ibiza l'endroit idéal pour écrire et vivre simplement, hors de la mode. Ses poésies complètes, El Rio desombra, ont été rééditées. Son ouvrage, Rafael Alberti en Ibiza, Seis semanas del verano de 1936 a connu un grand succès à travers toute l'Espagne. Sa dernière oeuvre, publiée en 2014, est un recueil de poésie intitulé Canciones para una música silente.

Rafael Alberti. Originaire de la province de Cadix, ce poète et dramaturge né en 1902 est connu pour son oeuvre prolifique autant que pour son implication dans le communisme. Il a appartenu au groupe littéraire Generación del 27, qui émerge en 1923 pour se dissoudre lorsqu'éclate la Guerre civile, ainsi qu'au mouvement surréaliste. L'été 1936, Alberti visite Ibiza avec sa femme María Teresa León, et c'est le poète Antonio Colinas qui nous livre cet épisode précieux de la vie du dramaturge, riche de moments contemplatifs teintés de l'assurance de l'arrivée prochaine de la guerre civile. Alberti part en exil de 1939 à 1977, avant de revenir en Espagne, où il mourra en 1999.

Médias locaux

Télévision nationale. Au niveau national deux chaînes publiques, la 1 et la 2, et les chaînes privées Telecinco, Antena 3, Cuatro et La Sexta. Si la télévision publique émet en castillan, elle propose aux heures creuses des programmes à destination des îles Baléares (reportages, journaux télévisés...). La chaîne TV3, ou Televisió de Catalunya, émet aux Baléares et propose des programmes d'information et de divertissement de grande qualité, en catalan.

Télévision régionale. IB3 est la chaîne régionale des îles Baléares. Elle diffuse des programmes locaux, uniquement en catalan. Televisió d'Eivissa i Formentera est la chaîne de télévision locale et privée des îles Pityuses. Elle a été créée en 1994.

Radio nationale. Il existe cinq radios nationales en Espagne : le groupe public RTVE, qui compte cinq fréquences, la généraliste, classique, info en continu, et quatre stations privées : Onda Cero, Radio España, Cadena Ser et Cope. Chaque radio possède des décrochages régionaux et il existe en plus dans chacune des régions des stations locales publiques et privées. Suite au Plan de normalisation linguistique adopté par le gouvernement des Baléares, les radios émettent 50 % de leur programmation en catalan.

Radio locale. Ibiza Global Radio (97.6 FM), Ibiza Sonica Radio (95.2 FM), Europa FM (91.7 FM), HFM Ibiza (94.4 FM) ou encore Cadena 100 FM (89.1 FM).

Presse nationaleEl País, quotidien national de centre-gauche est le quotidien généraliste payant ayant la plus grande diffusion en Espagne avec une diffusion moyenne de 370 000 exemplaires. Il est suivi d'El Mundo, quotidien de centre-droit dont la diffusion se situe actuellement à 270 000 exemplaires. Le quotidien conservateur ABC arrive en troisième position avec une diffusion de 240 000 exemplaires.

Presse régionale. Diario de Ibiza et Ultima Hora - Periódico de Ibiza traitent de l'actualité des Pityuses et des Baléares. Des quotidiens publiés en Catalogne sont importés dans l'archipel comme El Periódico (édition rouge en castillan, édition bleue en catalan) et La Vanguardia (castillan et catalan). Le nouveau journal catalan ARA propose une édition exclusive sur les îles (Ara Balears).

Presse sportive. Le journal le plus lu en Espagne est Marca, journal sportif fondé à San Sebastián en 1938. Le 12 juillet 2010, le journal épuise les stocks et doit distribuer une deuxième édition l'après-midi (première fois dans l'histoire du journalisme espagnol) suite à la victoire au Mondial de football 2010 de la sélection espagnole. Autres journaux sportifs : AS, Mundo Deportivo, Diario Sport.

Musique

On ne présente plus la scène musicale d'Ibiza, célèbre dans le monde entier pour ses clubs à l'ambiance survoltée, temples de la musique électronique. C'est dans les années 1960, à l'époque où les hippies ont débarqué dans ce petit coin de paradis, qu'il faut retourner pour comprendre comment tout a commencé. L'histoire du tourisme sur l'île, et plus largement dans les Baléares, est alors encore à écrire, loin des clichés actuels d'une Ibiza engloutie par le tourisme de masse. Il n'y a alors pas encore de " clubs " à Ibiza et les premières fêtes importantes se déroulent dans de grandes fincas traditionnelles. Ce fut le cas du fameux Pacha, qui ouvrit ses portes en 1973 dans une finca, comme en témoignent les clichés de cette époque révolue. Le succès est tel que les boîtes de nuits ne vont pas tarder à fleurir sur l'île et avec elles, dans les années 1980/90, les grandes expérimentations du mouvement techno et du beat électronique. C'est à cette époque que trois DJs britanniques découvrent à Ibiza un style nouveau : le " Balearic beat ". Le Balearic s'est immiscé jusque dans les compiles chill out du Café del Mar à Sant Antoni de Portmany, célèbre pour ses couchers de soleil embrasés et pour ses compiles de musique produites depuis 1994. Avec pas moins de 70 compiles au compteur, c'est aujourd'hui une référence mondiale de la musique chill out. Plus d'infos sur www.cafedelmarmusic.com.

Peinture et arts graphiques

Les années 1960 et l'arrivée des hippies marquent le début du grand engouement des artistes pour les Baléares et plus encore pour Ibiza, l'île blanche à la lumière captivante. En attirant sur eux l'attention de nombre de personnalités du monde des arts, ils ont transformé l'île en un foyer créatif où se croisent des artistes venus de toute l'Europe. Parmi eux :

Laureano Barrau (1863-1957). Peintre impressionniste né à Barcelone. Laureano Barrau a fait ses études à Paris où il devint membre de la Société nationale des Beaux-Arts de Paris. Il s'installe à Ibiza à 47 ans et y reste jusqu'à sa mort en 1957. Il faisait partie du Groupe 59, qui réunissait les artistes d'Ibiza.

Raoul Haussman (1886-1971). Cofondateur du mouvement dadaïste, peintre et écrivain, il s'installe à Ibiza dès les années 1930 et réalise des photos qui constituent aujourd'hui une véritable mémoire historique de l'île.

Erwin Broner (1898-1971). Peintre et architecte allemand, Erwin Broner s'installe sur l'île en 1934, pour fuir le régime nazi. Il y fonde le Groupe 59 avec le peintre Erwin Bechtold, une association d'artistes de toutes nationalités issus de divers horizons. La maison de l'artiste (Casa Broner, 1960) dans le quartier de Sa Penya, à Ibiza, est aujourd'hui classée monument d'intérêt culturel.

Erwin Bechtold. Né à Cologne en 1925, il réside à Ibiza depuis 1954. C'est peut-être le peintre le plus célèbre de l'île à l'heure actuelle. L'année 1995 a été l'année Bechtold : trois expositions ont été consacrées à cet enfant d'adoption du pays. Ces dernières oeuvres affichent le souci de combiner superficie et espace. Il a reçu le prix Ramon Llull en 2006.

Georges Feher (1929-2015). Peintre figuratif de l'Ecole de Paris, Georges Feher effectue plusieurs séjours plus ou moins longs à Ibiza où il dira avoir peint près de 1 000 tableaux, dont Façades à Ibiza ou Dalt Vila. L'artiste déclare ainsi : " la très belle lumière d'Ibiza en fait pour moi le lieu picturalement le plus impressionnant ".

Vicente Ferrer Guasch. Né et décédé à Ibiza (1917-2008). Ce peintre originaire d'Ibiza est célèbre pour ses toiles pittoresques inspirées des paysages d'Ibiza. Les rues et les places de la Dalt Vila et les maisons et églises de la campagne d'Ibiza sont omniprésentes dans son oeuvre.

Narcís Puget i Viñas. Natif d'Eivissa, le peintre Narcís Puget i Viñas est une des plus importantes figures du monde de la peinture à Ibiza. Après des études sur le continent, à l'Ecole des Beaux-Arts, il effectue de nombreuses copies d'oeuvres conservées au Musée du Prado de Madrid, avec comme principaux modèles celles de Goya et de Velázquez. De retour à Ibiza, il s'intéresse à la photographie et après une période sans peindre, il ressort pinceaux et chevalet, entamant un nouveau chapitre artistique (et impressionniste) de sa vie, s'intéressant principalement à des scènes de vie quotidienne de l'île, ce qui confère à son oeuvre une valeur quasi-ethnographique. Il termine sa vie à Santa Eularia, dans l'est de l'île, où il meurt en 1960. Son fils, Narcís Puget Riquer (1916-1983), peintre d'inspiration impressionniste également fortement imprégnée de l'oeuvre de son père, cède au gouvernement d'Ibiza ses propres créations et celles de son père, que l'on pourra admirer en se rendant au très bon musée Puget, installé dans Dalt Vila (Eivissa).

Traditions

Bercés par leur insularité, les habitants de l'île ont su préserver leurs traditions les plus anciennes, et ce malgré l'arrivée du tourisme dans la seconde moitié du XXe siècle. C'est lors des fêtes populaires que les habitants font revivre ces rites ancestraux.

Le Ball Pagès est la danse traditionnelle des Pityuses, qui se démarquent en cela de Majorque et Minorque, où se sont développées des danses espagnoles comme le fandango ou le bolero. Lors des Ball Pagès, hommes et femmes sont vêtus d'habits traditionnels. Les femmes portent de longues robes, sont parées de bijoux et ont les cheveux couverts d'un voile. Les hommes sont généralement habillés en blanc et noir, la taille serrée dans une large ceinture rouge, un bonnet rouge retombant sur la tête. Hommes et femmes sont chaussés des mêmes espardenyes, version locale des espadrilles. Les danses sont rythmées par les instruments traditionnels : les castagnettes, la flûte, le tambour, et le xeremia. Les amoureux de folklore pourront apprécier ces danses à Sant Josep, Sant Miquel, Santa Eulària, Sant Agustí et dans la plupart des villages lors des fêtes patronales.

Cantades et caramelles complètent le folklore musical de l'île. Les cantades, chansons narratives - pourvues de rimes - élaborées selon la technique du cantar redoblat, étaient également pratiquées durant les jours de fête, entre voisins et famille, le plus souvent dans un cadre privé. Les cantades, qui chantent l'amour et les récits personnels, sont encore pratiquées par quelques rares passionnés ou lors des festivités locales.

Les caramelles de Nadal sont des chants religieux typiques d'Ibiza et de Formentera, qui résonnent dans les églises au moment de la messe de Noël et du dimanche de Pâques. Castagnettes, espasi - un instrument typique des Baléares en forme d'épée - flûte et tambour rythment la musique. Ces compositions traditionnelles ont ainsi été déclarées " bien d'intérêt culturel " en 2005.

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