Guide de l'Yonne : Patrimoine et traditions

Patrimoine culturel

Les artistes en Bourgogne Franche-Comté. Si le sculpteur animalier Pompon figure en tête de file, l'art nouveau n'a pas manqué de laisser quelques traces, ici et là, en Bourgogne Franche-Comté, avant que ne s'y installe l'art moderne, puis contemporain. La Bourgogne, rappelons-le, et peut-être plus particulièrement l'Yonne, est devenue un haut lieu pour des artistes qui y trouvent à la fois l'espace nécessaire à l'acte créateur, le calme indispensable à son émergence, mais aussi la proximité de Paris et des loyers plus abordables  : un des plus beaux exemples est sans doute la métairie Bruyère à Parly, non loin d'Auxerre, où sont réalisées, entre autres, les estampes d'Alechinsky, de Soulages, de Texier, etc.

L'art contemporain. Le Consortium, situé à Dijon, fait rayonner l'art contemporain sur toute la Côte-d'Or, s'appuyant sur les partenaires qui ont fondé cette association.

Cette souplesse dans les structures permet de suivre au mieux les chemins diffus empruntés par les artistes de notre époque. A force d'activisme, Le Consortium a su se constituer une collection de tout premier ordre qui s'est invitée dans les musées prestigieux des grandes villes européennes  : le centre Georges-Pompidou à Paris ou encore à Séville. Toujours en Côte-d'Or, mais dans la vallée de l'Ouche cette fois-ci, allez flâner dans les jardins de Barbirey-sur-Ouche au milieu des cultures  : potagères, horticoles, ou d'art contemporain, de danse et d'installations éphémères... En tout, 8 ha de jardins et de verdure sont dédiés à la création. Les communs et le potager datent des XVIIe et XVIIIe siècles, la maison de maître, remaniée au XIXe siècle, nous initie au travail d'artistes actuels.

Autres centres d'art contemporain côte-d'oriens  : le centre culturel universitaire l'Atheneum à Dijon ; Nü Köza à Dijon (galerie d'art et artothèque) ; l'Usine à Dijon (ancienne manufacture, pôle alternatif, pour concerts et expositions, géré par le Consortium) ; l'Espace autogéré des Tanneries à Dijon (ancienne usine, squat d'artistes) ; le FRAC toujours à Dijon (Fonds régional d'art contemporain) ; Art et Matières à Saulieu (association d'artistes) ; la Porcherie à Ménetreux-le-Pitois (lieu d'exposition et d'expérimentation d'art contemporain) ; Art'Planète à Nuits-Saint-Georges (festival d'art contemporain et d'art brut) ; Château de Chassagne-Montrachet sur la Côte de Beaune (lieu d'exposition qui, pour information, produit aussi du vin !). Et plus encore sur le site Internet  : www.dijonart.com.

Le Centre d'art du mouvement du schématisme. Direction l'Yonne dans le charmant village de Noyers-sur-Serein. C'est dans une bâtisse du XVe siècle sur la place de l'Hôtel de Ville qu'est rendu hommage à ce mouvement d'avant-garde né à l'aube des années soixante. Inscrit dans les avancées technologiques et structuralistes de son époque, le schématisme détourne les lois du graphisme fonctionnel et du visuel électronique. Ainsi, flèches, cartouches et cadres deviennent objets d'un langage artistique à part entière. Le mieux est encore d'aller sur place (✆  03 86 82 67 65).

Littérature

Alphonse de Lamartine est une figure célèbre de la littérature en Bourgogne. Né à Mâcon en 1790, il est un des plus grands poètes et écrivain français. Il est considéré comme le maître du lyrisme romantique. Ses oeuvres sont variées : poésies, romans, pièces de théâtre, récits de voyages. Un de ses plus célèbres poèmes se nomme L'isolement d'où est tiré ce célèbre vers : " un seul être vous manque et tout est dépeuplé ". La vile de Mâcon n'oublie pas son grand poète et lui consacre un musée, le Musée Lamartine. Se visite également le château d'Alphonse de Lamartine à Milly.

Le département abrite également un des 8 Villages du livre de France.

Roger de Bussy-Rabutin est un personnage qu'il ne faut pas manquer de découvrir alors même qu'on fête, en cette année 2018, les 400 ans de sa naissance ! Le cousin de la Marquise de Sévigné était un libertin revendiqué... Et cela lui couta la cour. En effet, suite à une orgie durant la semaine sainte, Roger de Bussy-Rabutin est renvoyé sur ses terres. Là, il se crée un monde à découvrir dans son magnifique château en haute Côte-d'Or ! En outre, Roger de Bussy-Rabutin est l'auteur de L'Histoire amoureuse des Gaules... roman satirique à découvrir pour comprendre les moeurs de la cour de France ou tout au moins de certain de ses membres !

Le Village du livre de Cuisery est le paradis du livre. Dans tous les coins, des librairies, des bouquinistes et artisans du livre vendent des romans, des BD, de beaux livres, des disques et des revues par milliers. Chaque premier dimanche du mois, le Village organise un marché du livre et des animations sont organisées régulièrement : séances de dédicaces, braderies, projections...

La Charité-sur-Loire est la ville du livre et porte aussi le nom de Cité du Mot. Avec de nombreux libraires et bouquinistes, des foires aux livres anciens organisées de façon régulière tous les ans, c'est un lien incontournable pour tous les amoureux de beaux mots.

Peinture
Quelques peintres célèbres :

Jean-Baptiste Greuze est né à Tournus en 1725. Les portraits et les scènes familières sont la marque de son style et comptent parmi ses oeuvres les plus réputées. La maladie paternelle, Le fils puni et La cruche cassée sont parmi ses tableaux les plus célèbres. On peut d'ailleurs les admirer au Louvre. Jean-Baptiste Greuze est aujourd'hui le Père de la ville, Tournus étant surnommée la cité de Greuze. Un musée lui est consacré. Dans une aile de l'ancien Hôtel-Dieu, les collections du peintre sont exposées.

Hippolyte Michaud est né en août 1823 à Beaune. Elève à l'Ecole des Beaux-Arts de Dijon, il sera admis à celle de Paris dans l'atelier d'Anatole Devosge puis de Léon Cogniet. Il est connu pour ses portraits et ses scènes de genre, La Mansarde 1865, Les Trois Parques 1869, Le Baiser de l'Enfant 1884.

Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823) est un autre peintre renommé né en Saône-et-Loire. Auteur de portraits, il est aussi réputé pour ses nus et ses scènes mythologiques. Le peintre, né à Cluny, a peint entre autres, les portraits de Joséphine de Beauharnais et de Talleyrand. Les amateurs de peinture apprécieront le musée Denon à Chalon où on peut admirer les peintures hollandaises, flamandes et italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que la peinture française du XIXe siècle.

Cinéma
La Bourgogne, une terre de cinéma !

Riche de quelques grands écrivains, grands peintres, grands sculpteurs et grands scientifiques, la Bourgogne compte aussi de nombreux admirateurs dans le monde du cinéma ! Ainsi, le bureau d'accueil des tournages de Bourgogne-Franche-Comté est très actif et aide à la création et à la production de nombreux films. En outre, la capitale régionale, Dijon, reçoit tous les ans au mois d'octobre les "rencontres cinématographiques". Organisées par la société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (l'ARP), celles-ci permettent aux professionnels du cinéma de se rencontrer et de débattre de l'avenir du 7e art alors même que des avants-premières et des projections jalonnent ces différentes journées ! En plus, le Président d'honneur de l'ARP n'est autre que Claude Lelouch... Un vrai passionné de la Bourgogne et de Beaune en particulier. Beaune qui reçoit chaque année le festival international du polar et qui accueille les Ateliers du Cinéma de Claude Lelouch qui se donnent pour but de former les artisans du cinéma de demain !

Patrimoine architectural
La Porte Saint-André.
La Porte Saint-André.

La Bourgogne bénéficie, en plus de sa centaine de musées, du classement de plus de 2 000 monuments sur ses quatre départements, au rang desquels on recense près de 600 églises, 320 châteaux, 100 immeubles, 200 maisons anciennes, 80 établissements conventuels, 280 sites, 22 sites archéologiques, 20 hôtels-Dieu, 12 usines et de nombreux jardins. Trois sites sont inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco, à savoir l'abbaye de Fontenay, la basilique de Vézelay, le site prieural de La Charité-sur-Loire mais aussi la ville de Beaune et le centre historique de Dijon avec les Climats de Bourgogne. Beaune et Paray-le-Monial sont classés ville d'art  ; d'autres possèdent le titre de ville d'art et d'histoire  : Autun, Auxerre, Chalon-sur-Saône, Cluny, Joigny, Nevers, Dijon et La Charité-sur-Loire. Enfin, le site du mont Beuvray est honoré du qualificatif de pays d'art et d'histoire et possède le Label Grand Site de France.

Villes et villages

Préhistoire. De précieux témoignages sont visibles dans les grottes d'Arcy-sur-Cure et de Saint-Moré, dans l'Yonne, sur le site de Solutré et à Chassey-le-Camp en Saône-et-Loire.

Antiquité. Pour l'Yonne, les principaux vestiges concernent les Fontaines Salées, près de Saint-Père-sous-Vézelay, le site archéologique de Cora près de Saint-Moré. Les musées gallo-romains de Sens et d'Auxerre présentent l'état des fouilles dans le département.

Pour la Côte-d'Or, le site d'Alésia à Alise-Sainte-Reine est de première importance. Les musées archéologiques de Dijon et le musée du Pays Châtillonnais présentent des pièces rares, dont le fameux vase de Vix.

Autun, en Saône-et-Loire, est à elle seule un véritable témoignage in situ d'une villa gallo-romaine avec son théâtre romain, les portes Saint-André et d'Arroux, les vestiges du temple de Janus et son musée lapidaire. A voir aussi l'oppidum gaulois de Bibracte sur le mont Beuvray, ainsi que le site de Compierre dans la Nièvre.

Châteaux

L'architecture féodale. Le Moyen Age voit fleurir de nouvelles formes d'architecture, comme l'architecture féodale. Dans l'Yonne, elle s'illustre avec les fortifications de Villeneuve-sur-Yonne, les châteaux de Chastellux-sur-Cure, Châtel-Girard et de Druyes-les-Belles-Fontaines sont à découvrir. En Côte-d'Or, on trouve une trace de l'architecture féodale dans certaines parties du palais des Ducs à Dijon, et dans les châteaux de Châteauneuf, La Rochepot, Mont-Saint-Jean, Thoizy-la-Berchère, Antigny-la-Ville et Montbard. Mais les fortifications de Semur-en-Auxois en sont, sans doute, le plus bel exemple.

En Saône-et-Loire ce sont certainement les fortifications de Berzé-le-Châtel qui illustrent le mieux cette architecture féodale. Le gothique va également laisser son empreinte sur l'architecture religieuse bourguignonne. Le palais synodal de Sens et l'Hospital de Tonnerre en sont de très beaux exemples icaunais. En Côte-d'Or, l'architecture civile gothique nous a donné l'hôtel des Ducs de Bourgogne et l'hôtel-Dieu de Beaune (avec le polyptyque du Jugement dernier de Van der Weyden, signe de l'influence flamande sur les arts de l'époque).

La Renaissance. Avec la Renaissance, l'architecture religieuse subit un certain nombre de changements, dont ceux apportés par le style flamboyant, alors très en vogue en Bourgogne septentrionale. Cependant, c'est l'architecture civile qui se développe alors principalement, avec ses maisons en bois, ses hôtels en pierre et certains châteaux, comme celui d'Ancy-le-Franc, dont le style rompt définitivement avec celui de l'architecture féodale jusqu'alors en vigueur. Parmi les fleurons de cet art Renaissance, l'Yonne peut s'enorgueillir de ses églises de Neuvy-Sautour, Saint-Florentin et de Cravant, de son palais archiépiscopal de Sens, de ses maisons anciennes de Joigny, d'Auxerre et de Noyers et, enfin, de ses châteaux de Tanlay, de Vallery (fameux château des Condé), de Fleurigny. La Côte-d'Or n'est pas en reste puisqu'on peut y admirer son église, Saint-Michel de Dijon, ses églises de Pagny, le château et la chapelle Bouton au coeur de l'église Notre-Dame de Beaune, sa maison Philandrier à Châtillon-sur-Seine, son hôtel de la Mare à Beaune, son palais de justice à Dijon, ses maisons anciennes de Flavigny-sur-Ozerain et de Seurre et, enfin, ses châteaux de Bussy-le-Grand, de Jours et d'Epoisses. Enfin, comment parler de Renaissance sans mettre en lumière la Nièvre et le magnifique palais ducal de Nevers, premier château Renaissance de la longue liste des châteaux de la Loire, et sa splendide esplanade qui court tout en longueur devant le palais, offrant un large panorama sur le fleuve ligérien.

Le classicisme. L'art classique, issu de Versailles, s'exprime à Dijon dans l'aménagement de la place Royale (l'actuelle place de la Libération) mais aussi dans la construction du palais des Etats de Bourgogne. C'est à cette même époque qu'apparaissent bon nombre d'hôtels particuliers, encore visibles dans toutes les grandes villes de la région. Les châteaux n'en sont pas pour autant délaissés, et parmi les édifices des XVIIe et XVIIIe siècles, on ne manquera pas de citer le château de Bussy-Rabutin ou celui de Menou. Ils seront alors souvent ornés d'oeuvres d'artistes de renom, comme le sculpteur Bouchardon ou les peintres Greuze et Mignard, originaires de Champagne) et accueilleront des concerts dirigés par le très célèbre compositeur Jean-Philippe Rameau, Dijonnais d'origine.

Architecture religieuse

Architecture religieuse carolingienne et préromane. La crypte de Saint-Germain-d'Auxerre compte parmi les chefs-d'oeuvre de l'art carolingien les plus connus à travers le monde. A ces dernières viennent s'ajouter celles de Sainte-Bénigne-de-Dijon, de l'abbaye Sainte-Reine à Flavigny-sur-Ozerain, des églises de Tournus et Sainte-Vorles de Châtillon-sur-Seine.

Art gothique. Parmi les plus beaux édifices gothiques icaunais, il faut mentionner les cathédrales Saint-Etienne (et leur trésor) d'Auxerre et de Sens, l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre, les églises Saint-Pierre d'Auxerre, Notre-Dame de Tonnerre, celles de Villeneuve-sur-Yonne, Chablis, Saint-Julien-du-Sault, Saint-Père-sous-Vézelay et de Toucy, d'Appoigny et de Saint-Bris-le-Vineux (peintures murales), de Montréal et de Chitry.

En Côte-d'Or, les plus beaux spécimens de ce style sont les cathédrales Sainte-Bénigne de Dijon et Saint-Vincent de Chalons-sur-Saône, la Chartreuse de Champmol (avec le Puits de Moïse de Claude Sluter) de Dijon, les églises Notre-Dame de Dijon (remarquables peintures murales), Saint-Nicolas de Châtillon-sur-Seine, Saint-Genest de Flavigny-sur-Ozerain, et celles de Sainte-Seine-l'Abbaye, Saint-Thibault et Semur-en-Auxois, Seurre et Auxonne, Rouvres-en-Plaine, Talant et Vitteaux.

De même, en Saône-et-Loire, on ne manquera pas d'admirer la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône et les églises de Cluny et de Cuisery, sans oublier les fresques de la Clayette et de Paray-le-Monial. La Nièvre n'est pas en reste pour offrir aux touristes de beaux exemples de l'art gothique, à l'instar la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte qui domine Nevers et ses vieux quartiers, à l'instar de la collégiale Saint-Martin, joyau du gothique flamboyant, ancré au coeur du vieux Clamecy.

Ouvrages d’art

A l'aube de la modernité. Côté architecture, le néoclassicisme laissera son empreinte, et tout particulièrement celle de Nicolas Ledoux, architecte visionnaire à qui l'on doit les salines d'Arc-et-Senan mais aussi l'église Saint-Barthélemy à Cruzy-le-Châtel dans l'Yonne. L'architecture industrielle prend ensuite le relais  ; la Bourgogne est d'ailleurs le berceau de Gustave Eiffel, à qui l'on doit la célèbre tour, construite selon le principe de la poutre en treillis, pour l'Exposition universelle de 1889.

Traditions et modes de vie
Petit lexique et expressions bourguignonnes

" Verdiner " : signifie dans le Nivernais "  faire un bruit de ferraille "   ; aussi si l'on vous dit " Acoute don y'eu auto coume al verdine  ", vous saurez que l'on parle d'une voiture qu'il est grand temps de faire réviser car trop bruyante  !

" J'ai le virot " : j'ai la tête qui tourne.

" Un berlodiau " : on utilise ce mot pour parler d'une personne qui n'est bonne à rien.

" Il est naillé " : signifie que la personne est complètement mouillée.

" Patacher " : piétiner.

" Rebeuiller la terre " : retourner complètement la terre pour chercher quelque chose.

" Un pâté aux treuffes " : n'est autre qu'un pâté aux pommes de terre.

" Couse teu donc ! " : se taire

" Ebeurluter " : éblouir

" Débeurdiner " : rendre plus intelligent

" Etre mal gôner " : être mal habillé

" Rachouiller " : marmonner, parler dans sa barbe.

Langue

Il y a bien une géographie de la langue en France, complexe, elle ne recoupe pas les limites des différents découpages administratifs de la région ou du département.

Les événements, les passages, les paysages ont contribué à l'élaboration d'une identité commune au coeur même du fameux duché. Le dialecte bourguignon est né autour de Dijon et des pays de Côte-d'Or.

Il est attesté à l'est du territoire de l'Yonne comme à l'est de la Nièvre. On le retrouve également au nord de la Saône-et-Loire. De même, il franchit les frontières pour déteindre jusqu'en Haute-Marne, autour des campagnes de Langres, ainsi qu'en Franche-Comté.

D'autres influences viennent, comme pour le climat, tempérer les accents du dialecte local. Les mots du nord de l'Yonne prennent la couleur du champenois voisin. Ceux de la plaine nivernaise et de la Puisaye ont plus à voir avec ceux du centre de la France que du Dijonnais.

L'accent bourguignon. Il faudra une fois de plus puiser dans le patrimoine d'Henri Vincenot pour y dénicher la bonne description."Cette façon de mettre rocaille en bouche et de fabriquer ses mots. Ces roulements, ces langueurs, tout droit sortis de terre et puisant leurs racines comme les ceps dans la vigne". Dans son ouvrage La Vie quotidienne des paysans bourguignons au temps de Lamartine, Henri Vincenot trace le portait du petit messager boiteux, colporteur qui battait les campagnes d'ici et d'ailleurs, à cette époque.

Le patois bressan. " Nan pas d'miger des saut'relles ou bin des cancouain-nes, c'man é fyant, paraît-y, maint'nant en Indochine... " Cette phrase est extraite des Chroniques de la Glaudine qui raconte ses histoires en patois bressan tous les dimanches dans Le Journal de Saône-et-Loire. Parler franco-provençal, le patois bressan se parle dans les campagnes de la Bresse jusque dans les années 1970. Cependant, l'attachement au patois est encore très présent et l'intérêt pour la langue est maintenu par des groupes locaux qui s'évertuent à éditer des textes, des chants et des recueils. La presse locale consacre régulièrement des articles rédigés en patois qui reprennent des contes et histoires des légendes bressanes.

Le patois charolais. Le linguiste, Mario Rossi, a consacré de nombreux ouvrages au parler charolais-brionnais. Pour ce dernier, il ne s'agit pas d'un patois mais bien d'une langue avec ses règles de grammaire. L'universitaire contribue à la reconnaissance de ce parler tandis que des groupes folkloriques s'évertuent à le faire vivre comme " les Gas du Tsarollais "

Artisanat
Toiture en tuiles vernissées de Beaune.
Toiture en tuiles vernissées de Beaune.

La Faïencerie de Charolles. L'entreprise industrielle a été créée en 1844. La production est d'abord simple avec la création de vaisselle utilitaire : bols, soupières, cruches. Au fil des années, la réalisation devient plus raffinée à base de décors peints à la main. Aujourd'hui, la production est résolument tournée vers la fabrication d'objets de décoration en céramique. Dirigée depuis 1996 par la famille Terrier, la faïencerie de Charolles est attachée au développement d'un style contemporain et même design, sous la marque FdC (Faïencerie de Charolles).

La faïence de Nevers. L'origine de la faïence de Nevers est située dans la deuxième moitié du XVe siècle, grâce au mécénat artistique et à l'intervention du duc de Nevers qui invitait les céramistes italiens à s'installer dans la cité ; sans oublier la présence des matières première sur le sol nivernais, la proximité des sources d'énergie pour les fours (le bois du Morvan) et la navigation fluviale favorisant la commercialisation de la production. De nos jours, les Faïenciers d'Art de Nevers perpétuent cette tradition artistique, tout en proposant, pour certains, une approche plus contemporaine. Refusant l'industrialisation, qui permettrait la production en série, ils ont choisi la fabrication manuelle de la faïence, essentiellement, artistique.

Le grès de Puisaye. Pays de bocage et de forêts, la Puisaye est, de par la nature de son sous-sol, riche en argile gréseuse, une terre de prédilection pour la poterie. Pendant plusieurs siècles, le façonnage du grès a donc modelé la vie locale. Cet environnement favorable et l'importance de la tradition potière inciteront quelques artistes à s'installer en Puisaye à la fin du XIXe siècle. Marqués par le Japonisme et l'Art Nouveau, ils développeront autour de leur maître Jean Carriès (1855-1894) un courant artistique actif pendant près de soixante-dix ans, tourné vers des créations décoratives et innovantes.

La Cocotte-minute. Au panthéon des marques de fabrique départementales, il faut ajouter ce qui constitue aujourd'hui un produit générique célèbre  : la Cocotte-minute  ! C'est à Selongey, à quelques kilomètres au nord de Dijon, en 1953, que la Société d'Emboutissage de Bourgogne (la fameuse Seb) lance sur le marché un nouveau produit qui va littéralement révolutionner la vie de la ménagère. L'invention rencontre les faveurs des marchés en plein contexte des Trente-Glorieuses, alors que sort la première édition du cultissime ouvrage de Françoise Bernard, Les Trois cents recettes spéciales Cocotte-minute...

Les tuiles vernissées, cadeau des ducs à la Bourgogne. Les toits avec leurs motifs géométriques colorés impriment dans la mémoire des voyageurs qui découvrent la Côte-d'Or une image forte. Jaunes, vertes, rouges, noires, marron et or, les tuiles vernissées en terre cuite égaient d'ailleurs de nombreux bâtiments le long de la route des grands crus, de Dijon à Meursault, de Beaune à la Rochepot, qu'ils soient châteaux, édifices religieux, hôtels particuliers, hospices civils ou même maisons sans grande prétention. Parmi les toitures vers lesquelles il faut absolument lever les yeux, citons l'hôtel-Dieu de Beaune, l'hôtel de Vogüé et la cathédrale Sainte-Bénigne, à Dijon, le château de la Rochepot et l'hôtel de ville de Meursault.

Les meubles bressans. Sur la rive gauche de la Saône, le style bressan, d'inspiration baroque, est caractérisé par l'emploi systématique de deux bois différents  : en général, de l'orme associé à un arbre fruitier, le premier étant destiné aux panneaux, le second constituant le bâti.

Cette technique rappelle fortement celle des réalisations d'ébénistes allemands du XVIIIe siècle. Le vaisselier typique dispose de portes au panneau d'inspiration "  Louis XIV  " renforçant son aspect archaïque. Les portes des armoires semblent plus récentes et les pieds sont très souvent galbés. Le style bressan a développé un certain goût pour les meubles composés tels les vaisseliers et les buffets-horloges.

Aux tracés divers et dynamiques des meubles s'ajoutent des couleurs vives, le tout formant un style baroque original.

Le style de Sennecey. Selon les dires des plus Anciens Compagnons, la ressemblance entre les meubles de Sennecey et ceux de Provence est tout à fait normale, le style de Sennecey-le-Grand ayant été créé par des compagnons remontant du Midi en effectuant leur Tour de France. Qu'en est-il de la réalité  ? Il est certain qu'elle est bien moins évidente. Un dénommé "  grand Coulomb  ", aurait rapporté du Midi un buffet à deux corps ancien et l'aurait installé dans le café tenu par son épouse. C'est alors que Claude Petit, compagnon fixé à Sennecey, s'en serait inspiré pour réaliser, en 1834, la première armoire de Sennecey. Son tracé plutôt dynamique et vigoureux est tempéré par la douceur d'un noyer chatoyant et la sobriété d'un décor pourtant abondant. Ce style eut un succès foudroyant auprès de la population rurale aisée en quête d'originalité et de caractère. Plusieurs milliers de meubles furent ensuite produits sur ce modèle et cela, jusqu'à la fin du XIXe siècle où l'exode rural et l'arrivée de produits manufacturés contribuèrent à l'arrêt de la fabrication.

Les maisons traditionnelles

La maison de vigneron. Présente partout où la vigne a pu être implantée  : la Côte des Vins, la Basse Bourgogne viticole (l'Yonne) et même l'Auxois et la plaine de la Saône. Composé d'une seule pièce lorsque le vigneron est pauvre, le logis est bâti sur une cave enterrée ou un cellier accessible de plain-pied. Les combles servent alors de grenier. La maison est accessible par quelques degrés ou un escalier en pierre, parfois couvert d'un auvent ou une galerie qui peut occuper le mur complet.

La maison du laboureur. Elle dispose d'une architecture tout aussi solide mais plus complexe. Le logis n'est plus constitué d'un seul niveau mais d'un étage réservé au laboureur ou au petit notable habitant la maison  ; la partie basse du logis étant destinée à la main-d'oeuvre. L'accès au premier niveau se fait par un escalier accolé à la façade, couvert totalement ou en partie, et dont les variantes distinguent chacun des édifices. Souvent en pierre, il abrite parfois un poulailler, une niche ou un apprenti.

Pour l'anecdote, remarquons que dans le Charolais principalement, on retrouve des maisons flanquées d'une ou deux tours à l'usage de pigeonnier, signe de notabilité.

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