Guide de NEW YORK : Arts et culture

Architecture
<p>Façades d'immeubles avec escaliers extérieurs.</p>

Façades d'immeubles avec escaliers extérieurs.

Etats-Unis

Avant la guerre de l'Indépendance, le style classique anglais servit d'inspiration au style colonial qui se répandit dans tout l'Est du pays. A partir de la fondation de la ville de Washington, vers 1800, le style français commença à servir de modèle aux édifices publics (comme le Capitole par exemple). Au début du XXe siècle, une nette rupture avec la tradition s'amorça : gratte-ciel et maisons particulières de style colonial - dus principalement à Frank Lloyd Wright - illustrèrent les nouvelles tendances des constructions architecturales. Au moment des persécutions nazies en Europe, de nombreux architectes s'exilèrent aux Etats-Unis, et emportèrent avec eux les tendances de l'avant-garde occidentale, ce fut particulièrement le cas des architectes du Bauhaus de Munich, représentés, entre autres talents, par Gropius, Breuer, Mies van der Rohe et dont l'influence fut considérable. Sur le plan du renouvellement des formes, l'oeuvre de Frank Lloyd Wright connut le plus grand rayonnement : inspiré par l'architecture japonaise classique, Wright s'employa à intégrer le bâtiment dans le paysage, en recourant à des matériaux naturels comme le bois ou la pierre. D'autres architectes ont laissé leur empreinte aux Etats-Unis, comme, pour n'en citer qu'un, Eero Saarinen, auquel on doit l'aile TWA de l'aéroport de Kennedy.

New York

Eclectisme et contraste définissent parfaitement l'architecture new-yorkaise. Tous les styles, tous les matériaux possibles, toutes les hauteurs et toutes les formes cohabitent à Manhattan. Au fil de son histoire et des innovations techniques, l'architecture de New York s'est inspirée de l'Europe avant de prendre ses propres marques, vers le milieu du XXe siècle.

Les origines. Du style géorgien caractérisant la période coloniale hollandaise et anglaise au XVIIe siècle, presque rien ne subsiste en raison d'incendies qui ravagèrent la ville, notamment en 1776, ce qui laissa place à de nouvelles constructions. De ce style, il reste cependant un vestige : Saint Paul's Chapel, dans le Lower Manhattan. Après l'indépendance, une architecture de style fédéral s'imposa, plus simple que la précédente inspirée des arts roman et grec anciens. Ainsi, le City Hall a une petite touche de Renaissance française. Le style fédéral fut suivi de près par le néogothique - illustré par Saint Patrick Cathedral et Trinity Church - et par le néoclassique, qui fleurit dans les premières décennies de la nouvelle nation sous la forme de bâtiments carrés de deux ou trois étages, avec des balustrades et des éléments décoratifs soigneusement équilibrés.

Les brownstones. Au milieu du XIXe siècle ont été créés de nombreux hôtels particuliers (mansions) ressemblant à de petits châteaux inspirés par la Renaissance française, comme en témoigne le bâtiment du Jewish Museum (1808). Abondante et peu onéreuse, trouvée sur les rivages du Connecticut River, la sandstone (le grès) devint le matériau de construction le plus courant des années 1800. Dans tous les quartiers résidentiels de la ville, notamment à Chelsea et Gramercy Park, on peut voir ces brownstones, petites maisons inspirées de la Renaissance italienne, de quelques étages, étroites et profondes, et qui se caractérisent par leur façade marron et leur volée de marches accédant aux étages ainsi que leur escalier menant au sous-sol, jadis réservé aux employés de maison ; de nos jours, ces maisons particulières sont divisées en appartements.

Les cast iron. Lorsque, vers 1850, la fonte fit son apparition, les cast iron buildings supplantèrent les brownstones, pour des raisons économiques - la fonte était moins chère que la pierre ou la brique - mais aussi pratiques : cela permettait de fabriquer les ornements de fonderie à partir de moules pour les façades. L'âge du fer avait remplacé l'âge de la pierre. C'est à New York que se trouve concentrée la plus grande collection de façades de ce style, complètes ou partielles. Les plus représentatives sont rassemblées dans le SoHo cast iron historic district (1869-1895) : à noter la superbe enfilade allant du 8 au 32 sur Greene Street, et les deux magnifiques spécimens, au 28 et 72 de cette même rue.

Beaux-Arts et Art déco. Durant les années dorées, de 1880 à 1920, l'influence de l'Ecole française d'architecture des beaux-arts a dominé dans les bâtiments publics et les riches résidences privées. La Frick Mansion (Upper East Side, 1914) est un témoin de cette période d'opulence architecturale pendant laquelle ont été bâtis les plus célèbres édifices de la ville, dont le Carnegie Hall (1891) et le Metropolitan Museum (1895) - tous deux construits sur les plans de Richard Morris Hunt, premier architecte à avoir étudié à Paris en 1845. L'exposition parisienne des Arts décoratifs, en 1925, fut le point de départ d'une course à la créativité pour les architectes, tant pour les immeubles d'habitation - le Majestic (Upper East Side), le San Remo (Central Park West) - que pour les gratte-ciel : General Electric Building (1931), Fred F. French Building (1927), New York Life Insurance Building (1928), Hemsley Building (1929), American Radiator Building (aujourd'hui appelé American Standard Building et qui abrite le Bryant Park Hotel - 1924), etc.

Les skyscrapers. Parallèlement apparaissaient les premiers skyscrapers (gratte-ciel) et la course aux dimensions : aujourd'hui, plus de 40 édifices new-yorkais dépassent les 200 m de hauteur. Le Flatiron Building vit le jour en 1902, sous l'oeil sceptique de bon nombre de New-Yorkais doutant de la solidité d'un édifice de 91 m de hauteur, alors record mondial. La structure ? Des piliers verticaux en maçonnerie enrobant des colonnes de fer, associés à des poutrelles horizontales formant l'ossature portante, ce rôle n'étant plus dévolu à un mur porteur continu. Ces progrès, permettant désormais de construire des bâtiments à charpente de fer combinés avec l'expansion démographique (population toujours plus dense vivant de plus en plus à l'étroit) accélérèrent la multiplication de gratte-ciel. C'est ainsi qu'en 1913 était érigé le Woolworth Building (241 m), suivi par le Chrysler Building (1930), de 320 m, lui-même détrôné un an plus tard par les 60 m supplémentaires de l'Empire State Building. Déterminé à être le plus haut, le World Trade Center gagna le pari en 1973 en atteignant 411 m de hauteur. On est loin des 16 étages du premier gratte-ciel du monde, élevé à Chicago en 1885 !

Devant cette prolifération, une réglementation fut mise en place : entrèrent alors en vigueur les mesures de protection contre les incendies, ordonnant de construire des escaliers de secours extérieurs, et la zoning law, exigeant des set-backs, autrement dit obligeant de construire les étages supérieurs en décalé afin de permettre à la lumière d'atteindre le sol. Le style Art déco fut l'objet d'adaptations, comme en témoignent la plupart des édifices construits à cette époque, notamment le Chrysler Building et l'Empire State Building. Le World Trade Center (1973), construit en verre et en acier lesté de béton (il comptait 21 800 fenêtres), représentait, avec l'ONU (1957) et le Citycorp Center (1977), ce que les Américains appellent le glass box modernist style. C'est aussi le style du nouveau One World Trade Center (546 m), construit en béton, en métal et en verre, et aujourd'hui plus haut building de l'hémisphère nord.

Le postmodernisme. A l'heure du postmodernisme, les formes sont très souvent incurvées et à géométrie variable, comme le World Financial Center (1985), le Grace Building, près de l'hôtel Plaza, ou le Park Avenue Plaza, en forme de prisme de verre. La production architecturale new-yorkaise recommence à faire preuve de créativité depuis quelques années. Quelques points de repère : à Midtown, la structure en losange de la Hearst Tower (300 W 57th St./8th Ave) signée Norman Foster and Partners, emporte tous les suffrages. A quelques blocs de là, la tour LVMH du Français Christian de Portzamparc (19 E 57th St./Madison Ave) est, à l'image des créations du groupe, un vrai petit bijou, en verre celui-ci.

Le Lower East Side connaît une gentrification, à l'image du reste de la ville. Sur Cooper Square, le Californien Thom Mayne a achevé la rénovation de l'université Cooper Union : l'audacieuse balafre de la façade dissimule un espace intérieur spectaculaire. Et la forme irrégulière de la Blue Tower, conçue par Bernard Tschumi, lui confère une forme différente, comme pixelisée, selon le point de vue d'où on la regarde.

Meatpacking District, avec la construction de la Highline, est aujourd'hui le quartier qui bouge le plus sur le plan architectural. Les Américains Lindy Roy et Neil Denari ont construit des immeubles de logements d'un nouveau genre, bordant le parc urbain surélevé sur la 23th Street. À côté du siège de l'entreprise IAC par Frank Gehry (11th Avenue, entre la 18th et la 19th Street), d'autres stars comme Jean Nouvel (100 11th Avenue) et le Japonais Shigeru Ban (524 W 19th Street) ont apposé leur marque. A ne pas manquer, la rénovation du 440 W 14th Street, le showroom de la styliste Diane von Furstenberg par la petite agence new-yorkaise Work AC (notez le " diamant " sur le toit), et, touche d'humour dans un paysage urbain qui se prend parfois un peu trop au sérieux, le Palazzo Chupi conçu par et pour l'artiste prolifique Julian Schnabel : un palais vénitien tout rose... à l'angle de la 11th Street et de Washington Street !

Toujours plus haut, toujours plus cher. Tel est le motto des agences immobilières et des architectes dans le New York d'aujourd'hui. Une course à la verticale illustrée par la tour controversée One 57. Ce building de 90 étages qui a coûté 1,4 milliard de dollars a été en partie financé par des fonds des Émirats. Durant sa construction, le bâtiment a reçu 19 plaintes d'associations de riverains et de politiciens locaux se plaignant de sa hauteur et de l'ombre que le building projettera sur Central Park, qui attendra à son pic un kilomètre ! Il s'agit de la deuxième tour résidentielle la plus haute de New York. Le design, que l'on doit à l'architecte français Christian de Portzamparc, a été très décrié. L'édifice, dont la façade est entièrement recouvertes de vitres aux différentes nuances de bleu, a même été élu " pire building de l'année 2014 " par le site Internet de référence Curbed.com. C'est à cette adresse que se trouve l'appartement le plus cher de New York. Une personne célèbre, qui n'a pas dévoilé son identité, a en effet acheté en mai 2012, avant même la fin de la construction du bâtiment, un duplex dans les deux derniers étages de la tour pour 100,5 millions de dollars ! Piscine intérieure, salle de cinéma IMAX privée, aquarium, salle de conférence... Les photos de l'appartement laissent rêveur. Depuis l'automne 2015, One57 a été dépassée dans les airs par 432 Park, un building de 420 mètres de haut, le deuxième plus haut de la ville. Sans l'antenne posée sur le toit du One World Trade Center, il s'agirait du plus haut gratte-ciel de New York. Un titre honorifique qui ne sera plus d'actualité très prochainement ! Au 225 West 57th Street se construit la Central Park Tower, aussi appelée Nordstrom Tower, et dont le chantier ne devrait pas se terminer avant 2019. À sa finition, le building deviendra le plus haut édifice résidentiel de l'hémisphère nord (472,40 m). Cette folle course à la hauteur qui touche particulièrement Midtown ne semble pas prêt de s'arrêter. La Steinway Tower (438 m), qui sera achevée en 2019, et la One Vanderbilt Tower (461 m), qui ne sera terminée qu'en 2020, deux tours érigées à Midtown West, à quelques blocks de Central Park, sont elles aussi critiquées pour leur ombre qui recouvrira une partie du parc. Parmi les autres projets de longue haleine, citons la tour de 30 Hudson Yards qui devrait déployer ses 386,60 mètres de hauteur en 2019, ou encore celle du 9 DeKalb Avenue, à Downtown Brooklyn, dont la fin de la construction est prévue pour 2020 et devrait atteindre 324,90 mètres. Des projets titanesques qui provoquent le désarroi de nombreux New-Yorkais qui craignent que ces nouvelles tours de verre plus hautes que l'Empire State Building, le Chrysler Building ou le Rockefeller Center ne défigurent l'emblématique skyline de Manhattan.

Que rapporter de son voyage ?

New York est une ville riche et versatile, elle est une tentation de tous les instants. Il faut donc prévoir un budget shopping conséquent. On peut rapporter toutes sortes de choses, selon ses goûts : bouquins si on lit en anglais car la ville recèle quelques belles librairies et bien sûr des vêtements et chaussures. Que le dollar soit fort ou faible, cela vaudra toujours le coup de s'acheter converses, jeans ou chaussures. Il n'est par exemple pas impossible de trouver des Levi's à 30 US$ ou encore des polos Ralph lauren à 25 US$. Les marques typiquement américaines tels Marc Jacobs ou American Apparel sont souvent bien plus fournies à New York. Des maillots ou casquettes des équipes sportives locales (Yankees, Rangers, Knicks, Nets, etc.) peuvent aussi faire des cadeaux sympas. L'équipement électronique est également bien plus abordable aux États-Unis, de l'ordinateur portable à l'appareil photo. A la boutique Mac de Fifth Avenue (Uptown), il est possible de se procurer un ordinateur avec clavier européen en le commandant quelques jours à l'avance, sans supplément sur le prix de l'ordinateur. Enfin, n'oublions pas l'indispensable t-shirt I Love NY, ou la tasse estampillée du célèbre logo de la ville...

Quelques idées d'objets quasi introuvables en France à rapporter :

Des converses personnalisées à designer au magasin de la marque à Soho.

Des T-Shirts très hipster de la marque Brooklyn Industries.

Un sweat Sex and the City, Friends ou True Blood, à la boutique NBC, au Rockefeller Plaza.

Des chewing-gums goût tarte au citron, citrouille, fromage, hot-dog ou glace à la vanille à trouver dans les drugstores Duane Reade ou Walgreens.

Des pop-tarts, ces biscuits fourrés à chauffer au grille-pain, très appréciés des jeunes Américains.

Les Beef Jerky, ces morceaux de boeufs séchés que l'on trouve dans les delis.

Du beurre de cacahuètes ou du miel made in NY, à Whole Foods ou au marché d'Union Square.

Des préparations toutes faites de pancake, que l'on trouve dans n'importe quel supermarché.

Cinéma
Entre New York et Hollywood

L'histoire du cinéma américain débute à New York, en 1909, quand Edison y fonde la première compagnie cinématographique, la Motion Picture Patents Company. A partir de 1915, les studios émigrent en Californie, à Hollywood, une petite ville placée sous le signe du soleil. Idéal pour tourner toute l'année, en intérieur comme en extérieur (l'éclairage artificiel n'était pas encore très au point). In Old California, de David Griffith, est le premier film réalisé à Hollywood. C'est l'époque du film muet et de la première génération d'acteurs nommés Charlie Chaplin, Buster Keaton, Douglas Fairbanks, Greta Garbo, etc. Après la Première Guerre mondiale, c'est l'époque des premiers grands succès et des premiers gros budgets ; Hollywood devient vite la capitale du cinéma. De 1930 à 1950, la demande du public se fait de plus en plus pressante. Les chiffres rapportent que, pour la seule année 1938, le nombre d'entrées dans les salles représente 65 % de la population américaine. Mais la télévision, inventée dans les années 1950, va bientôt mettre du sable dans les rouages bien huilés de l'industrie cinématographique, d'autant que les coûts de production atteignent des sommets. L'âge d'or hollywoodien commence à s'essouffler. Pendant ce temps-là, à New York, John Cassavetes, l'un des pionniers du cinéma indépendant, sort Shadows en 1958. Ce film à petit budget, en marge des grosses productions, jouit d'une certaine renommée en Europe, et on entend pour la première fois parler d'une nouvelle vague new-yorkaise.

Les grands noms des années 1970

Pour rivaliser avec la télévision et redorer le blason d'un cinéma que certains qualifient de moribond, il fallait inventer des techniques nouvelles et trouver des idées neuves : c'est ainsi qu'apparaissent l'écran géant et la projection en Cinérama ou Cinémascope et en stéréo. Orange mécanique, du New-Yorkais Stanley Kubrick (1971), sera le premier film avec son Dolby. Le glamour, conférant aux films un certain réalisme dont le public était friand, est très en vogue à cette époque-là. West Side Story en 1961, et New York, New York en 1977 sont deux films musicaux marquants de cette période qui immortalisent à jamais le New York des années 1960-70. Dans le même temps, de nouveaux thèmes font leur apparition sur le grand écran. Le Parrain (1972) de Francis Ford Coppola, Mean Streets (1973) et Taxi Driver (1976), réalisés par Martin Scorsese, sont autant de films mythiques qui dépeignent New York sous un nouveau jour, en abordant les thèmes de la violence, de la sexualité et de la politique. Des visages jusqu'alors inconnus, ceux de Robert de Niro et d'Al Pacino, ne tarderont pas à devenir emblématiques du cinéma de ces années-là.

De 1980 à aujourd'hui

En 1979 sort Manhattan, de Woody Allen, qui remporte un succès immédiat. Le film, entièrement tourné en noir et blanc, est vu comme une lettre d'amour du réalisateur à sa ville. Woody Allen, dont le regard ironique pointe souvent la société BCBG new-yorkaise, a réalisé pas moins d'une quarantaine de films. Les plus populaires des films qu'il a tournés à New York sont sans doute l'oscarisé Annie Hall (1977), Hannah et ses soeurs (1986), Radio Days (1987), ou encore Tout le monde dit I love you (1996).

Les films de Spike Lee dépeignent, souvent avec humour, la vie à Brooklyn et les problématiques rencontrées par la communauté afro-américaine. C'est le cas de She's Gotta Have It (1896) et Do the Right Thing (1989), qui ont remporté un vif succès aux Etats-Unis. Son dernier film, BlacKkKlansman, est sorti en 2018.

Le réalisateur new-yorkais James Gray aime lui-aussi prendre sa ville comme décor pour ses films : Little Odessa (1994), The Yards (2000), La nuit nous appartient (We Own The Night, 2007), Two Lovers (2008). Son avant-dernier opus, The Immigrant (2013), plonge Marion Cotillard dans les bas-fonds du New York des vagues d'immigration du début du XXe siècle.

New York fait son cinéma

Outre les dinosaures new-yorkais du cinéma que sont Spike Lee, Woody Allen et Martin Scorsese, une nouvelle vague de jeunes réalisateurs talentueux est en train de percer. Lena Dunham, réalisatrice du très récompensé film Tiny Furniture est la nouvelle étoile du cinéma indépendant américain. Sa série Girls, qui se déroule dans le Brooklyn branché, rencontre un grand succès critique et public aux Etats-Unis. Autre symbole du renouveau du cinéma indépendant à New York, Zach Braff. L'acteur, connu pour son rôle principal dans la série Scrubs, a rencontré un succès planétaire avec Garden State. Moins connu en France, Daryl Wein, étudiant en cinéma il y a encore 4 ans à NYU, s'est fait une place au soleil avec l'excellent film Breaking Upwards, qui n'a hélas jamais eu le droit à une sortie dans l'Hexagone. Ces trois réalisateurs ont la particularité de capter à merveille l'air du temps à New York. Ils filment et interprètent ces jeunes un peu perdus, légèrement excentriques et gauches dans leurs relations, incapables de se situer dans le monde, pas plus que dans leur quartier new-yorkais. La ville n'est plus plus filmée comme un musée mais comme un no man's land où les rencontres sont nombreuses mais les amitiés assez rares. Alors que les films français et certains longs métrages américains renvoient une image carte postale de la ville, une nouvelle génération de réalisateurs s'attachent à filmer leur New York, avec ses loyers exorbitants, ses dates pas toujours réussis, sa solitude, ses petits boulots, etc. Frances Ha, de Noah Baumbach, succès critique en 2013, en est un bon exemple.

New York menace Hollywood

Jamais autant de films n'ont été tournés à New York. Ce phénomène, la ville le doit en particulier à l'ancien maire Michael Bloomberg et à Andrew Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York. Conscients des nombreuses créations d'emplois dans l'industrie du cinéma, les deux hommes ont mis en place des crédits d'impôts très alléchants pour les productions qui décident de tourner dans la Grosse Pomme. Les studios Steiner, situés dans le quartier de Red Hook à Brooklyn ont notamment accueilli les tournages de Men in Black 3, Les noces rebelles, ou encore Burn After Reading. Si la plupart des blockbusters sont encore tournés à Los Angeles (ou Toronto), le cinéma indépendant a posé ses valises à New York. La plupart des distributeurs et réalisateurs de films indie sont installés à New York et plus particulièrement à Brooklyn. C'est d'ailleurs dans le quartier de Dumbo que se tient le plus grand marché du cinéma indépendant, l'IFP Week, qui se déroule tous les ans au mois de septembre.

Séries et dessins animés new-yorkais

Le mode de vie des New-Yorkais et le rayonnement de Big Apple ont de tout temps fasciné les Américains et le monde entier. De nombreuses séries télévisées diffusées dans le monde ont New York comme toile de fond.

Dans bien des cas, New York incarne une Babylone, une Gotham City où le crime organisé et la délinquance font partie du quotidien. C'est une vision qui s'exprime sur le grand écran depuis bien longtemps et que l'on retrouve à la télévision depuis les années 1990. Beaucoup de séries policières vont dans ce sens (Les Experts Manhattan, NYPD Blues). Vous tomberez peut-être sur le tournage d'un épisode de New York, Unité Spéciale (Law and Order : SVU aux Etats-Unis), série policière diffusée depuis 1999, qui se déroule principalement dans le sud de Manhattan, vers le Financial District ou dans les quartiers cossus de l'Upper East et l'Upper West Side. Le gigantisme et l'urbanisme de New York se prêtent également aux séries de science-fiction (X-Men, Batman, Superman, La Planète des singes, Gotham).

Les séries qui mettent en avant une bande d'amis vivant en colocation et partageant leurs joies et interrogations (Friends, How I Met Your Mother, Two Broke Girls, Unbreakable Kimmy Schmidt), celles qui suivent les aventures de personnages excentriques déclinant avec brio et justesse l'humour juif new-yorkais (Seinfeld), ou bien les péripéties de trentenaires branchées en quête de l'âme soeur (Sex and the City, Girls, Master of None) sont certes un tantinet nombrilistes, mais sont néanmoins un succès mondial. Parmi les récentes séries se déroulant à New York, notons Brooklyn Nine-Nine, une comédie qui suit le quotidien amusant d'un commissariat de police, Golden Globe de la meilleure comédie en 2014, et Mozart in the Jungle, une série d'Amazon sur les coulisses du monde, parfois impitoyable, de la musique classique à New York. Contrairement à Friends par exemple, ces deux séries ont de nombreuses prises de vues en extérieur filmées dans les rues de New York.

Parmi les séries qui sont tournées encore régulièrement dans la Grosse Pomme et bloquent des rues, citons Broad City, série sur des jeunes trentenaires new-yorkaises qui a pris la relève après l'arrêt de Girls, qui a été filmé pendant six ans à Williamsburg. Le tournage se partage entre Brooklyn et Astoria, où habitent les deux principaux personnages, et East Village et Soho où sont tournées les scènes dans les bars ou restaurants. Dans un autre genre, la très bonne série sur la médecine du début du XXe siècle à New York, The Knick, réalisée par le cinéaste Steven Soderbergh, a été tournée dans les studios de Greenpoint. Les prises de vues en extérieur se sont également faites dans les rues de ce quartier tout au nord de Brooklyn alors que la série est censée se dérouler dans le Lower East Side. Mais ce quartier de Manhattan ayant beaucoup changé de par l'ouverture de très nombreux restaurants et bars, les producteurs lui ont préféré Greenpoint, ses rues résidentielles calmes, ses escaliers devant les immeubles de briques rouges. Afin de faciliter le travail des producteurs, la ville a autorisé les décorateurs de la série à changer les lampadaires des rues pendant plusieurs semaines et ont demandé aux habitants du quartier de retirer leur air conditionné des fenêtres lorsque la température le permettait. Produite par Amazon, la série The Marvelous Mrs. Masel, sortie en 2017 et déjà détentrice de deux Golden Globes et de cinq Emmy Awards, se déroule dans le New York des années 1950 et suit les aventures d'une jeune femme au foyer issue d'une famille juive de l'Upper West Side qui tente de faire carrière dans le stand-up.

Les séries et dessins animés qui se passent à New York sont extrêmement nombreux, en voici une liste non-exhaustive : Arnold et Willy, Batman, Dream on, Fame, Friends, Girls, Gossip Girl, Kojak, How I met your mother, King of Queens, La Belle et la Bête, La Planète des singes, Law and Order, Les 4 Fantastiques, Les Experts Manhattan, Les Sopranos, Mad about you, Mad City, Mad Men, Madame est servie, Mike Hammer, Mr Robot, New York Section Criminelle, NYPD Blues, Ricky ou la Belle Vie, Seinfeld, Sex and the City, 30 Rock, Spawn, Spiderman, Starsky et Hutch, Superman, The Cosby Show, X-Men, Broad City, Unbreakable Kimmy Schmidt, Limitless, The Marvelous Mrs. Masel, Boardwalk Empire, The Affair, Difficult People, Gotham...

New York à travers quelques films

Si tant de touristes du monde entier rêvent de New York, c'est aussi grâce au cinéma qui a toujours su rendre la ville belle, fascinante, dangereuse, et avant tout animée ! Tour d'horizon des films les plus emblématiques sur New York.

King Kong (1933). Les scènes sur l'Empire State Building et à la patinoire de Central Park font aujourd'hui partie du patrimoine du cinéma. A voir également, le spectaculaire remake de 2005 signé Peter Jackson.

West Side Story (1961). Cette adaptation de la comédie musicale du même nom est un document extraordinaire pour découvrir le New York de la fin des années 1950 et ses gangs rivaux. A ne pas manquer, la scène d'introduction du film, un magnifique plan séquence aérien au-dessus de Manhattan.

Diamants sur Canapé (Breakfast at Tiffany's, 1961), de Blake Edwards. Cette délicieuse comédie romantique filme les beaux yeux d'Audrey Hepburn dans le New York glamour des années 1960, celui de son auteur, l'excentrique Truman Capote. De très beaux plans à Central Park sont à découvrir.

The French Connection (1971), de William Friedkin. Un chef-d'oeuvre sur la lutte contre le trafic de drogue à New York. Une scène du film est aujourd'hui célèbre : la course-poursuite haletante sous la ligne de métro aérienne D à Bensonhurst, à Brooklyn.

Le Parrain (1972), de Francis Ford Coppola. Considéré comme l'un des meilleurs films de l'histoire du cinéma, ce long-métrage sur la mafia new-yorkaise a été principalement tourné à New York.

Serpico (1973), de Sidney Lumet. L'histoire vraie d'un flic qui lutte de l'intérieur contre la corruption généralisée dans la police new-yorkaise. Loin de montrer un beau visage de la ville, le long-métrage est un formidable témoignage de l'insécurité qui regnait à New York à la fin des années 1960.

Taxi Driver (1976), de Martin Scorsese. Ce film ne se limite pas à l'interprétation exceptionnelle du chauffeur de taxi fou par Robert de Niro. C'est aussi un très bon aperçu du New York grunge et dangereux des années 1970 où Times Square est un lieu infréquentable, pas du tout touristique.

New York, New York (1977), de Martin Scorsese. Un hymne à l'amour du réalisateur à sa ville natale. Scorsese, originaire du Queens, magnifie New York sous une musique désormais associée éternellement à la ville : New York, New York de Franck Sinatra.

La Fièvre du samedi soir (1978), de John Badham. L'histoire d'un jeune séducteur new-yorkais d'origine italienne dans le Brooklyn disco de la fin des années 1970. Le film est adapté d'un article de presse de New York Mag publié en 1975, dont son auteur a fini par avouer vingt ans plus tard qu'il s'agissait d'une pure fiction et non d'un reportage.

Manhattan (1979), de Woody Allen. Jamais un réalisateur n'a aussi bien filmé (ni autant) la Grosse Pomme que dans ce film au somptueux noir et blanc. Un plan est resté célèbre, celui de Diane Keaton et Woody Allen, filmés de dos, au petit matin devant le pont de Brooklyn. On aurait pu aussi citer du même auteur Meurtre mystérieux à Manhattan, Annie Hall, ou encore Melinda et Melinda, qui se passent aussi à New York.

Ghostbusters (1984), d'Ivan Reitman. Bill Murray chasse les fantômes à Central Park ou encore à la New York Public Library dans ce film délirant.

Once Upon a Time in America (1984). Le dernier film de Sergio Leone retrace l'histoire de jeunes voyous du ghetto juif - situé dans le Lower East Side - qui deviennent les rois du crime organisé.

Wall Street (1987), d'Oliver Stone. Manhattan, sous le regard d'un trader avide de pouvoir et d'argent. Les vues sur New York depuis les bureaux de Michael Douglas sont à couper le souffle. Tout autant que les scènes dans certains bars du Financiel District, qui existent encore aujourd'hui, tel le 21 Club.

Do the Right Thing (1989). Spike Lee se révèle avec ce film aujourd'hui culte, entièrement filmé dans le quartier de BedStuy à Brooklyn. Le long-métrage revient sur les conflits raciaux qui touchaient la ville à la fin des années 1980.

La 25e heure (2002), de Spike Lee. Un drame qui retranscript à merveille le New York post-11 septembre. Une lettre d'amour de Spike Lee à sa ville, touchée mais toujours vivante.

Cloverfield (2008). Rarement la destruction de la ville aura été aussi belle que dans Cloverfield. Le long-métrage montre un New York en ruine sous toutes ses coutures, du haut d'un building aux voies du métro, pour finir à Central Park.

Inside Llewyn Davis (2013). Les frères Cohen situent l'intrigue de leur dernier film dans le décor bohême du Greenwich Village des années 1960, sur les pas d'un chanteur folk raté.

A most violent year (2014), de J.C. Chandor. Dans le New York violent des années 1980, le jeune patron d'une société en pleine expansion faisant face aux intimidations et vols de ses concurrents doit jouer les funambules pour ne pas basculer dans la criminalité et poursuivre son idéal d'honnêteté. Magnifiques scènes dans les friches industrielles de New York.

Brooklyn Village (2016), d'Ira Sachs. Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville, ce long-métrage illustre parfaitement la gentrification qui touche Brooklyn et l'embourgeoisement de certains quartiers. Un film très loin du cinéma plus fictionnel de Woody Allen mais symbolique du New York d'aujourd'hui.

Ocean's 8 (2018), de Gary Ross. Dérivé de la trilogie qui a vu le jour en 2001 avec Ocean's Eleven, ce spin-off féminin suit un groupe de personnages interprétés (entre autres) par Sandra Bullock, Cate Blanchett et Sarah Paulson, dans leur tentative de dérober un collier de diamants à 150 millions de dollars lors du gala du Metropolitan Museum of Art.

Assister à un tournage ou à l'enregistrement d'un talk show

Chaque jour, des dizaines de tournages ont lieu à New York, aussi bien en studio qu'en pleine rue. Si vous êtes verni, vous tomberez peut-être sur l'un d'entre eux par hasard pendant votre séjour, mais sachez qu'il existe quelques astuces pour mettre toutes les chances de votre côté. La première est de repérer, lorsque vous vous baladez, les affichettes colorées (elles sont le plus souvent roses, vertes ou orange) de la NYPD qui sont collées par dizaines sur les poteaux. Il s'agit d'une interdiction de se garer pour cause de tournage, l'affiche porte donc la mention NO PARKING ainsi que le jour, l'heure et le nom du projet. L'autre solution est d'aller faire un tour sur www.onlocationvacations.com, site qui répertorie les tournages prévus à New York chaque jour, en indiquant le lieu mais sans toutefois préciser l'heure.

Pour assister à l'enregistrement d'un talk show, vous n'aurez que l'embarras du choix : le Late Show with Stephen Colbert, le Late Night with Seth Meyers, le Tonight Show Starring Jimmy Fallon et même le cultissime Saturday Night Live sont enregistrés à New York, la plupart du temps dans des théâtres sur Broadway. Les enregistrements ont généralement lieu en semaine et la bonne nouvelle, c'est que vous pouvez y assister gratuitement, en vous rendant sur le site Internet du talk show qui vous intéresse et en réservant vos tickets. Nous vous recommandons de vous y prendre au moins un mois à l'avance. Le jour du tournage, n'hésitez surtout pas à arriver en avance pour avoir de bonnes places. Vous verrez, c'est un vrai show à l'américaine, et même si vous ne comprenez pas tout (ce qui sera le cas si vous n'êtes pas bilingue), c'est une expérience très amusante.

Littérature
<p>New-York Public Library.</p>

New-York Public Library.

L'importante place de New York dans la littérature américaine ne date pas de Jack Kerouac. L'un des premiers auteurs à écrire sur sa ville est Washington Irving. Sa description du New York du début des années 1800 et de la bourgeoisie amuse les Etats-Unis et l'Europe où sa nouvelle Rip Van Winkle trouve un large public. Un des personnages du livre, Diedrich Knickerbocker, une descendante d'une famille d'immigrés hollandais, est à l'origine du nom de l'équipe de basket de la ville, les New York Knicks. A la suite de la parution du livre, tous les New-Yorkais aux origines hollandaises ont été surnommés Knickerbocker, puis par extension tous les New-Yorkais de naissance.

La littérature noire

C'est à New York plus que dans n'importe quelle autre ville des Etats-Unis que la littérature noire a pu s'épanouir. Dès le début des années 1900, de nombreux écrivains américains s'installent à Harlem et ainsi naît dans les années 1920 le courant Harlem Renaissance, un mouvement littéraire qui s'est battu pour les droits civiques des noirs. Parmi ces auteurs les plus célèbres, Jessie Redmon Fauset, Wallace Thurman ou encore Walter White.

L'intelligentsia new-yorkaise

Le milieu du XXe siècle voit l'émergence de nombreux écrivains new-yorkais. Aux côtés de peintres et musiciens, ils forment un groupe d'intellectuels aux idées marxistes. La plupart est liée au journal politique local : le Partisan Review. A l'opposé, les années 1950 voient également l'éclosion d'une des plus célèbres auteures américaines Any Rand, connue pour son activisme aux côtés des républicains. Arrivée à New York à 20 ans, elle devient célèbre avec The Fountainhead (La source vive), un essai romantique dont l'action se déroule à New York. Avec la publication de son roman Atlas Shrugged, Any Rand devient une des stars de la littérature américaine. Son influence est aujourd'hui politique puisqu'elle est régulièrement citée par des hommes politiques républicains.

Et la Beat génération était née...

C'est dans les années 1950 que de nombreux auteurs partageant un rejet de la société conservatrice, une haine du puritanisme américain, et une volonté de casser les codes de la littérature, se retrouvent à New York. Ainsi naît la Beat Generation. L'expression "Beat Generation" vient de son auteur le plus emblématique, Jack kerouac, qui décrivit ainsi un mouvement underground et anti-conformiste. Son roman On the Road (Sur la route), aux côtés de Howl d'Allen Ginsberg sont les deux plus célèbres livres de ce mouvement. Les deux auteurs, comme tant d'autres de la Beat Generation, se sont rencontrés à la Columbia University. Leur amitié s'est ensuite poursuivie à Times Square, le quartier des drogues et du sexe libre à l'époque. Et c'est bien sûr dans le quatier bohème de Greenwich Village que tous les auteurs de la Beat Generation vont s'installer à la fin des années 1950. Souvent, Kerouac et Ginsberg se retrouvaient à Washington Square pour discuter. C'est aussi dans Greenwich Village qu'ils font la connaissance de leurs amis artistes parmi lesquels Jackson Pollock et Marcel Duchamp. Au-delà de la littérature, la Beat Generation a rendu célèbre un style de vie bohémien, qui déboucha plus tard sur le mouvement hippie de San Francisco.

Littérature Post 9-11

Les auteurs contemporains tels Paul Auster, Norman Mailer, Thomas Pynchon vivent aujourd'hui ou vivaient à Brooklyn, dans le quartier de Park Slope. Les nombreux auteurs américains installés à New York ont été frappés par le 11 septembre 2001 et l'on parle aujourd'hui d'une littérature américaine post 9-11. On peut citer entre autres Claire Messud avec The Emperor's Children, l'histoire d'un groupe d'amis new-yorkais qui se retrouvent après les attaques, Brooklyn Follies de Paul Auster pour sa description du New York en reconstruction, The Good Life de Jay McInerney dont une partie du livre se passe pendant les attentats. Ce mouvement littéraire, analysé par Richard Gray dans l'excellent After the Fall, est encore aujourd'hui dominant parmi les auteurs résidant à New York. Un des plus célèbres romans de ces dernières années, Bleeding Edge de Thomas Pynchon, publié en 2013, est une histoire policière se déroulant pendant les attaques du 11-Septembre. Autre roman majeur de ces dernières années, Le Chardonneret de Donna Tartt, prix Pulitzer 2014, un thriller noir sur la solitude qui débute par un attentat dans un musée new-yorkais.

New York, plus beau décor des romans américains

De tout temps, New York a inspiré les auteurs pour sa décadence, sa violence, sa beauté, sa laideur, sa folie. Né en Virginie mais New-Yorkais de coeur, Tom Wolfe, qui est décédé en 2018, a consacré bien des récits à New York et à ses habitants, le plus connu étant son roman Le bûcher des vanités. Publié en 1987, ce best-seller mondial raconte de manière satirique les angoisses et les vices des traders de Wall Street. Dans un style tout à fait différent, citons aussi la prolifique auteure Joyce Carol Oates, née en 1938 dans l'Etat de New York, à qui l'on doit une centaine d'ouvrages. On retient notamment Masque de sang, une plongée troublante dans la scène underground New-Yorkaise mais aussi dans la haute société de la Grosse Pomme. La ville occupe une place toute particulière dans la Trilogie New-Yorkaise de Paul Auster, publiée en 1985 et 1986, série de romans où les destins se croisent dans un New York étrange, insaisissable. Puis il y a Philip Roth, le géant de la littérature né dans le New Jersey et décédé en 2018, qui dépeint dans ses romans les travers de l'Amérique et sa vision de New York à travers son alter-ego Nathan Zuckerman, personnage principal dans neuf de ses romans, de L'Écrivain des ombres (1979) à Exit le Fantôme (2007). Citons enfin l'auteur contemporain originaire de Louisiane Garth Risk Hallberg, ancien étudiant de NYU, dont le premier roman fut un phénomène mondial. Pré-acheté 2 millions de dollars par la maison d'édition Knopf, ce qui en fait le premier roman le plus cher au monde, City on Fire a été très largement comparé au Bûcher des vanités de Tom Wolfe. Cette fresque urbaine se déroule dans le New York des années 1970 et suit une enquête policière autour d'un meurtre à Central Park le soir du nouvel an. Sous la plume enlevée et nerveuse de l'auteur, New York explose aux yeux du lecteur pour tout ce qu'elle avait de plus fou, anarchique, violent et terriblement excitant à cette époque.

Médias locaux
Presse

La presse s'achète partout. Non seulement chez les marchands de journaux et dans les kiosques (repérables en particulier le samedi, quand montent les piles du New York Times dominical comme s'il allait y avoir un siège), mais aussi dans les supermarchés, dans les drugstores, dans les Starbucks... Grâce à la publicité et à des paginations impressionnantes, la presse quotidienne américaine est exemplairement bon marché. A cette presse, s'ajoute celle des vingt et quelques communautés qui éditent leur journal quotidien dans leur propre langue. Comme en France, la presse gratuite a connu un essor dans les années 2000. Deux quotidiens sont distribués dans les grandes stations de métro chaque matin : Am New York et Metro. Autres gratuits qui vous renseigneront sur les événements culturels de la semaine et les séances de cinéma : Village Voice et Time Out.

Radio

La radio n'a pas une place très importante dans l'univers des médias à New York. Il y a bien sûr NPR, (appelé WNYC à New York, 93.9) la seule station gouvernementale, et également plusieurs stations locales : WNYU (89.1), la radio de l'université de New York avec musique et débats, WABC (770 AM), que l'on peut comparer à Europe 1, New York Weather (87.5) pour la météo, et ESPN NY (98.7) pour suivre en direct les matches des différentes équipes de la ville.

Pour la musique il y a l'embarras du choix WBLS (107.5) pour le R&B, WBEE (92.5) pour la country, Z100 (100.3) pour les hits du moment, WQHT (87.1) pour le hip-hop.

Télévision

Il existe une chaîne locale à New York, NY1. On y trouve des bulletins d'informations réguliers centrés sur l'actualité locale, la météo, des programmes sur l'art de vivre new-yorkais, et de nombreux émissions sur les restaurants et bars de la ville. Sachez que, comme France 3, les grandes chaînes américaines ont toutes un décrochage local, notamment pour les informations. CBS, ABC, FOX, TBS proposent notamment un JT sur l'actualité new-yorkaise à 23h. Faits-divers glauques garantis !

Sites Internet
NY
NYC
Musique
<p>Saxophoniste à Central Park.</p>

Saxophoniste à Central Park.

A l'image de la ville, la musique qu'on écoute à New York est résolument éclectique et cosmopolite. La grosse pomme ne compte-t-elle pas parmi les meilleures programmations de comédies musicales au monde ? Quand Broadway fait son show, le reste du monde suit. Les festivals se suivent à la vitesse de la lumière, en été à Central Park, en hiver, dans des locaux plus ou moins underground. Sans aucun doute, la ville est un paradis pour mélomanes...

Musique classique et contemporaine

La ville a attiré bon nombre de grands compositeurs et interprètes. Citons par exemple Anton Dvorak (qui y composa sa 9e Symphonie dite " du Nouveau Monde "), Charles Ives, Aaron Copland, George Gershwin, Leonard Bernstein, Maria Callas, Elliott Carter ou encore John Cage. Les salles de concert comptent parmi les meilleures au monde : le Metropolitan Opera, le Lincoln Center, le Carnegie Hall ou la Brooklyn Academy of Music ont vu défiler les artistes majeurs du XXe siècle. Et l'orchestre philharmonique de New York, dirigé par le new-yorkais Alan Gilbert, reste une référence absolue.

Jazz

Le jazz est né à la Nouvelle-Orléans avant d'essaimer vers le nord, à Chicago d'abord, puis à New York. A partir de 1930, New York devient le centre d'une réaction contre le swing. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la contestation gronde chez bon nombre d'artistes, qui revendiquent le jazz comme la musique des Noirs (on parle de revival, ou retour au style New Orleans) et souhaitent le réhabiliter en tant qu'art afin qu'il cesse d'être considéré comme simple divertissement. Par conséquent, on assiste à l'élaboration d'un jazz beaucoup plus savant, tant par la mélodie et l'harmonie que par le rythme, où l'improvisation musicale prédomine sur le thème lui-même, avec grande liberté du jeu et déplacement des accents rythmiques : le rythme fait désormais partie intégrante de la partition et ne sert plus seulement d'accompagnement. Cette réaction donne naissance au be-bop, dont les grands virtuoses seront Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Kenny Clarke, Thelonious Monk... A la même période, apparaît à New York un autre style : le latin jazz, phénomène qui coïncide avec l'arrivée de nouveaux rythmes d'origine portoricains, brésiliens et cubains (Antonio Carlos Jobim, Joao Gilberto, Stan Getz).

Une nouvelle réaction se dessine vers 1949, amorcée par des musiciens blancs (disciples de Charlie Parker) de la côte ouest du pays, qui jugent le be-bop musicalement trop expressionniste. C'est pourquoi on l'appelle Cool Jazz ou West Coast. Le mouvement gagne bien vite l'ensemble des musiciens jazz et durera jusqu'en 1955 (Lester Young, Lennie Tristano, Lee Konitz, Chet Baker, Gerry Mulligan, Stan Getz). De 1954 à 1960 s'opère le retour au jazz noir. Par réaction au mouvement précédent, des musiciens noirs new-yorkais, jugeant le Cool trop artificiel et trop mou, privilégient des sonorités plus dures, un rythme plus violent. Désirant retrouver dans leur musique le jazz des origines ainsi que le blues et le gospel, ils inventent le hard bop, aussi appelé East Coast (Jazz Messengers, Charles Mingus, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Horse Silver, Miles Davis).

Vers 1957 apparaît un mouvement plus violent encore que le East Coast : le fun-funky (Jazz Messengers). Du mouvement noir des années 1960 naît une expression musicale très spontanée, le free-jazz, qui se libère de plus en plus des données traditionnelles et se débarrasse de toute contrainte musicale. Le free connaîtra des heures de gloire jusqu'au milieu des années 1970 et au-delà (John Coltrane, Ornette Coleman). Mélange de gospel et de blues, la soul music trouvera ses sources dans le désir qu'avaient les Noirs d'un retour aux origines. Elle sera très en vogue dans les années 1970 (Otis Redding, Tina Turner, Marvin Gaye, Stevie Wonder). Ces années-là sont également marquées par l'apparition du rythm and blues (R&B), fondé sur les harmonies du blues - la forme la plus ancienne du jazz - et donnant priorité au rythme (Louis Jordan, Ray Charles, James Brown, Ike et Tina Turner), et du rock and roll, apparenté au R&B, influencé par la country music et rythmé boogie-woogie (Chuck Berry, Little Richard, Fats Domino). De nos jours, la tendance est au jazz-rock, expression musicale à double influence, mélangeant la violence et l'instrumentation électrique du rock et du funk, et la subtilité harmonique et sonore du jazz (Leader Weather Report, Chick Corea, Herbie Hancock, John Mc Laughlin, Miles Davis), et à la fusion, expression très proche du jazz-rock, mais plus diversifiée par ses mélanges de musiques et de rythmes.

Folk - Rock

Avant la naissance du rock, il y a la folk music, mouvement qui se développe à Greenwich Village dans les années 1960, dans les appartements puis dans des clubs du quartier qui accueillent les grands noms de l'époque : Bob Dylan, Leonard Cohen ou encore Joan Baez se produisent au Purple Onion, au Gaslight Cafe et au Kettle of Fish, tous situés à quelques encablures les uns des autres.

Puis, incorporant certains éléments de la folk et du blues, est né le rock. C'est sur la scène alternative de New York que naissent dans les années 1960 des groupes de rock aussi mythiques que le Velvet Underground, gravitant autour de la Factory de Warhol et dont le leader charismatique, Lou Reed, s'est éteint en octobre 2013. Le premier album du groupe, The Velvet Underground & Nico, sorti en 1966, est enregistré à l'occasion d'Exploding Plastic Inevitable, une série d'événements multimédias organisés par Warhol, et arbore sur sa pochette la banane jaune du pop-artiste.

Si le rock'n'roll est né dans le Sud des Etats-Unis, c'est à New York qu'il s'est électrifié. En 1970, Jimi Hendrix installe ses Electric Lady Studios à Greenwich Village. Il y enregistre notamment une partie des chansons qui figurent sur l'album Loose Ends, sorti en 1974 de manière posthume.

Quelques années plus tard, débarquent les Ramones, pères fondateurs du mouvement punk-rock, aux cheveux longs, blousons de cuirs et jeans déchirés. Un style qui s'imposa naturellement à toute une génération, venue assister en masse aux concerts de leur groupe fétiche au CBGB, lieu de naissance autoproclamé des groupes underground. C'est en partie parce que les clubs et les salles de concerts y foisonnent que New York occupe une telle place dans l'histoire du rock. Un nombre impressionnant de groupes se font connaître sur ces scènes, parmi eux citons les New York Dolls, Patti Smith, Television, Blondie, Kiss ou encore Bad Brains, groupe qui tient son nom d'une chanson des Ramones et qui se reformera le temps de trois concerts en 2006, à l'occasion de la fermeture de la salle CBGB's.

Suite à cet âge d'or de l'underground new-yorkais, le disco, dans les années 1970, et le hip-hop, à partir des années 1980, s'imposent comme les nouveaux courants musicaux les plus populaires, mais la révolution rock reste permanente à New York. De nouveaux lieux éclosent sans cesse et les artistes les plus en vogue sont des habitués des soirées rock.

La scène indé a toujours su garder sa vitalité à New York et aujourd'hui c'est Brooklyn, longtemps méprisé, qui a pris la relève. De nouveaux groupes se sont formés, de Sonic Youth à Antony and the Johnson, Interpol, Clap Your Hands Say Yeah, The Raptures, LCD Soundsystem, TV on the Radio. Mais c'est surtout The Strokes qui incarne le renouveau post-punk des années 2000. Le premier album du groupe, Is This It (2001) a atterri à la huitième place du classement Best Debut Albums of All Time du magazine Rolling Stones.

Hip-hop

C'est à New York, dans le South Bronx plus précisément, que naît ce mouvement culturel et artistique, au début des années 1970. Originaire des ghettos noirs de la ville, il se répand rapidement dans le monde, au point de devenir culture urbaine à part entière, mélant danse, musique, dessins (graffitis). Et c'est tout naturellement à New York que sont nés nombre de grands noms du hip-hop. Parmi eux, RZA, né à Brownsville, un quartier très défavorisé de Brooklyn. Son groupe, le Wu-Tang Clan, s'est formé en 1992 à Staten Island et a eu une influence considérable sur la scène rap mondiale. Considéré par le magazine Rolling Stones comme le meilleur groupe de rap de tous les temps, le Wu-Tang Clan a aussi lancé de très nombreux rappeurs alors méconnus. Autre natif célèbre de Brooklyn, Biggie (ou The Notorious B.I.G.), un rappeur qui connut la gloire dans les années 1990 grâce à son flow très lourd et ses paroles violentes et provocatrices. Il fut le meilleur représentant de la côté Est, lors du conflit avec les rappeurs de la côte Ouest. Son dernier album, sorti 16 jours après son assassinat (toujours non-élucidé), rencontra un immense succès commercial et critique pour un disque de hip-hop et changea à jamais le rap. Biggie fut notamment l'un des premiers rappeurs à entretenir son côté bling-bling et à écrire des paroles autobiographiques. Enfin, comment ne pas citer, Jay Z, l'un des rois de New York, et aujourd'hui rappeur le plus célèbre de la planète, mari de Beyoncé et ami d'Obama et des plus puissants de ce monde. Né dans le quartier pauvre de Bedstuy, Jay Z a été sauvé par le rap. Dealer de cocaïne dès son adolescence, blessé par balles à trois reprises, Jay Z s'est plongé dans le mouvement hip-hop le jour où sa mère lui a acheté une beatbox. Le chanteur s'est construit tout seul, en créant son propre label afin de s'auto-produire à ses débuts. Entrepreneur de génie, Jay Z est de moins en moins derrière un micro et s'occupe de business toujours plus nombreux : marques de vêtements à son nom, gérant de boîtes de nuit, agent sportif, producteur... Il n'a néanmoins jamais oublié d'où il venait et a consacré en 2009 une chanson dédiée à New York et à son enfance, Empire State of Mind, devenue aujourd'hui un hymne de la ville, au même titre que New York, New York de Franck Sinatra.

Electro

Depuis la fin des années 2000, New York ne jure plus que par l'électro-pop. Chaque année, un groupe, originaire le plus souvent de Brooklyn, se fait connaître sur la scène nationale et internationale. On peut notamment citer MGMT, Dirty Projectors, Gang Gang Dance, Grizzly Bear, Yeasayer. Des boîtes de nuit illégales passant les meilleures groupes électro-pop de la ville ont ouvert par dizaines à Brooklyn au début des années 2000. Des soirées dantesques et baroques organisées par le collectif Danger Party ont marqué les beaux jours de l'électro. Symboles d'une certaine liberté dans un Brooklyn qui n'avait pas encore subi la gentrification et l'embourgeoisement. Si la plupart des salles de concerts illégales historiques ont été fermées par la police pour vente d'alcool sans autorisation, il en ouvre de nouvelles tous les mois, toujours plus à l'est de Brooklyn dans les quartiers de Bushwick, Bedstuy et à Ridgewood dans le Queens. L'électro devenu un style musique mainstream, New York tient encore une place importante dans la ville grâce au festival Electric Zoo lancé en 2009 et réunissant les meilleurs DJs de la planète. On assiste même depuis le début des années 2010 à un retour en force de la scène électro underground, plus précisément du côté de Brooklyn.

Quelques lieux mythiques du jazz à New York

52nd Street : désigne à New York cette portion de la 52nd Street comprise entre les 5th et 8th Avenues, où de nombreux grands musiciens ont débuté dans de petits cabarets entre les années 1930 et 1960. Les New-Yorkais de longue date se souviendront que 52nd Street a d'ailleurs longtemps été surnommée Swing Street et Jazz Street.

Harlem : capitale du jazz, après La Nouvelle-Orléans et Chicago. Si la plupart des clubs de jazz historiques ont fermé leurs portes ces dix dernières années, le bar très authentique Bill's Place propose encore une atmosphère chaleureuse et musiciens extraordinaires.

Apollo Theatre : à l'origine (1914), salle d'opéra réservée exclusivement aux Blancs, l'Apollo connut ses heures de gloire en 1935, année où il s'ouvrit à tous. Y ont fait leurs débuts de jeunes talents, désormais légendaires, Bessie Smith, Duke Ellington, Charlie Parker et des centaines d'artistes de renom.

Blue Note : le club de jazz new-yorkais par excellence. Les artistes qui s'y produisent sont considérés comme les meilleurs au monde.

Dix chansons sur New York à écouter dans les rues de la Grosse Pomme

New York est une ville bruyante. Alors, si vous visitez la Grosse Pomme seul, vous allez apprécier marcher dans les rues de New York, sans but précis, et avec de la bonne musique dans les oreilles.

Nous avons sélectionné pour vous 10 chansons sur New York :

New York, New York, de Frank Sinatra. La plus célèbre chanson sur la ville qui ne dort jamais. Un titre plein d'espoir.

Empire State of Mind, de Jay-Z et Alicia Keys. La chanson emblématique de la ville que l'on entend avant tous les matches des Brooklyn Nets.

New York I Love You, But You're Bringing Me Down, des LCD Soundsystem. Voilà une chanson mélancolique sur le New York fou des années 1980. En prime, une petit pique contre l'ancien maire de New York, Michael Bloomberg.

Ludlow Street, de Julian Casablancas. Une chanson du leader des Strokes mettant à l'honneur le Lower East Side.

Welcome to New York, de Taylor Swift. La plus récente des chansons-hommage sur New York par la star de la country américaine.

No Sleep, Till Brooklyn, des Beastie Boys. Un titre devenu une phrase du vocabulaire courant, et que l'on trouve sur de nombreux T-Shirts. Incontestablement, une chanson qui donne la pêche.

New York State of Mind, de Billy Joel. Un titre écrit suite au déménagement du chanteur de Los Angeles à New York.

Bleecker Street, de Paul Simon. Une ode aux grandes années de Greenwich Village, celles d'Andy Warhol et de la musique folk.

Spanish Harlem, de Ben E. King. Une chanson sur une belle inconnue de Harlem qui deviendra un tube grâce à une reprise d'Aretha Franklin.

New York City, de John Lennon. Pas la plus connue de ses chansons post-Beatles, mais un très beau titre sur son arrivée dans la Grosse Pomme avec Yoko Ono.

Peinture et arts graphiques
<p>Peinture murale sur 125th Avenue et Adam Clayton Powell Jr Blvd (Harlem).</p>

Peinture murale sur 125th Avenue et Adam Clayton Powell Jr Blvd (Harlem).

Le climat intellectuel américain a été longtemps défavorable à la peinture. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, elle se limitait à l'exécution de portraits, et ce n'est que vers la première moitié du XIXe siècle qu'est apparu le paysage, sous forme de scènes romantiques ou de vastes panoramas. Les peintres de l'époque se nommaient James Whistler - le premier grand peintre américain - Mary Cassatt, John Singer Sargent. Au début du XXe siècle, la peinture américaine était dominée par des tendances réalistes et des soucis d'ordre social : c'est ainsi qu'apparut une école nationale réaliste à dimension nettement documentaire (le peintre le plus connu appartenant à ce courant fut George Bellows). L'art contemporain occidental fait ses débuts en Amérique à partir de la grande exposition Armory Show qui a lieu à New York en 1913. Dès lors, deux styles vont se développer parallèlement : une peinture orientée vers le témoignage social et une peinture abstraite issue des tendances cubistes.

Précisionnisme

Le mouvement précisionniste fait son apparition au début des années 1920. Présentant certaines caractéristiques du cubisme et du futurisme, il a généralement pour thèmes l'urbanisation et l'industrialisation du paysage américain. Il est porté par des artistes tels que Charles Demuth, avec sa fascination pour les silos à grains, Elsie Driggs, dont on se rappelle le tableau Pittsburgh avec son aciérie menaçante, Charles Sheeler, le New-Yorkais Preston Dickinson mais aussi Georgia O'Keeffe. Le mari de cette dernière, Alfred Stieglitz, photographe, galeriste et marchant d'art, a joué un rôle primordial dans la diffusion du précisionnisme en exposant ces artistes dans sa galerie d'avant-garde 291, située dans Midtown.

Preston Dickinson. Né à New York en 1889 de parents issus de la classe ouvrière, Preston Dickinson est l'un des pionniers du mouvement précisionniste. Il étudie à l'Art Students League of New York puis à l'école des Beaux-Arts de Paris. De retour aux Etats-Unis, il est l'un des premiers à représenter l'industrialisation du paysage américain. De santé fragile, il meurt jeune mais au cours sa vie, il réalise près de 200 oeuvres dont Factory, en 1920 et Winter, Harlem River en 1916, tous deux représentatifs du mouvement précisionniste avec leurs sujets industriels.

American Scene

Dans les années 1930, une école, appelée American Scene, réunissait certains artistes (Grant Wood, Edward Hopper...) dont le commun désir était de redécouvrir une réalité familière et provinciale propre à leur pays, en réaction à des courants expressionnistes véhiculés par des artistes venus d'Europe centrale comme Max Weber, Gorky, John Marin... Pendant cette période, la peinture américaine moderne, dont les représentants étaient réunis autour de l'école du Pacifique, créée par Clifford, Still, Motherwell, etc., fut fortement teintée d'orientalisme.

Edward Hopper. Le célèbre peintre naturaliste est né à Nyack dans l'Etat de New York et est décédé à Manhattan, où il a vécu une grande partie de sa vie. C'est en 1908, à 26 ans que le peintre s'installe dans la Grosse Pomme comme illustrateur publicitaire. Blasé par cette vie de bureau et par ces dessins qu'on lui commande, Edward Hopper ne peint que très rarement. Ce qui ne l'empêchera pas d'être remarqué par plusieurs galeristes new-yorkais. La consécration arrive en 1925 avec Maison au bord de la voie ferrée. Huit années plus tard et après plusieurs autres tableaux vendus à prix d'or, Edward Hopper est invité par le MoMA a faire une retrospective de son oeuvre et devient mondialement célèbre. On trouve aujourd'hui nombre de ses oeuvres au musée d'art moderne new-yorkais.

École de New York

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Amérique allait accueillir de nombreux artistes étrangers (dont les Français Max Ernst, Yves Tanguy, André Masson, Fernand Léger, Salvador Dali, Marc Chagall) chassés par le nazisme : c'est ainsi que le pays devint le foyer international des arts. L'avant-garde occidentale fut très bien accueillie, le surréalisme connut un nouvel essor, bref, les adeptes de la tendance européenne furent nombreux. La réaction ne se fit point attendre : las du poids de l'influence européenne et de son envergure (mais prompts à la renouveler et la subvertir), quelques peintres américains (expressionnistes abstraits, comme Jackson Pollock, sa femme Lee Krasner, Willem De Kooning, Mark Tobey et Franz Kline) fondèrent l'école de New York, qui donna à la ville une importance internationale en matière artistique. Le centre de la peinture passe alors de Paris à New York. Dans les années 1960, cette école a tenté de ressusciter le dadaïsme : ce néodadaïsme (Rauschenberg, Jasper Johns, Louise Nevelson...) allait engendrer une peinture inspirée de la bande dessinée, des héros de cinéma ou des personnages de science-fiction.

Jackson Pollock, originaire du Wyoming, déménage à New York à 18 ans pour rejoindre son frère. Inspiré par les tableaux de Picasso qu'il peut admirer au MoMA et par ses rencontres avec plusieurs peintres dont David Alfaro Siqueiros, Jackson Pollock apprend la technique dit du drip, un art abstrait qui consiste à jeter, de manière réfléchie, de la peinture sur un canevas. Cette technique si particulière, qu'il maîtrise à merveille, lui permet de se faire un nom à New York puis dans le reste des Etats-Unis. L'artiste, alcoolique, décède à New York dans un accident de voiture alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool. On peut voir aujourd'hui ces oeuvres au MoMA, au Whitney Museum et au Met.

Pop art

Originaire d'Angleterre, le pop art s'est propagé aux Etats-Unis, et particulièrement à New York, à la fin des années 1950. Dans cet art, qui intégrait aux oeuvres des débris d'objets de la vie quotidienne et des images tirées de la publicité ou des magazines, se sont distingués Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg...

Andy Warhol. Lorsque les New-Yorkais de naissance, souvent un peu âgés, vous disent que New York " ce n'est plus ce que c'était ", ils font généralement référence aux folles années 1960-1990 de la Grosse Pomme. A cet époque (et peut-être toujours aujourd'hui), New York était la capitale de l'anti-conformisme, et de l'art contemporain. Et parmi tous les artistes installés à New York durant cette période, Andy Warhol fut l'un de ceux qui eut une influence capitale sur le monde de l'art. En 1962, l'artiste se construit son studio, au 231 East 47th street. Appelé The Factory, le studio était le lieu de rendez-vous de tous les plus grands artistes de l'époque. On peut citer notamment Salvador Dali, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, mais aussi les musiciens Lou Reed (décédé le 27 octobre 2013), Bob Dylan, David Bowie, Mick Jagger, ou les écrivains Allen Grinsberg et Truman Capote. Tous se retrouvaient à la Factory pour des soirées déjantées où les costumes extravagants tout autant que les amphétamines étaient de rigueur. De très nombreuses oeuvres d'art sont sorties de The Factory. Et pas seulement les tableaux pop art d'Andy Warhol. La très populaire chanson Walk on the Wild Side de Lou Reed raconte l'histoire des stars croisées par le chanteur dans le studio. Les rencontres entre Andy Warhol, les Velvet Underground et les Rolling Stones sont aussi à l'origine de plusieurs couvertures d'albums aujourd'hui célèbres. The Factory était aussi un pied de nez à l'Amérique puritaine. Les drag queens et les homosexuels y étaient les bienvenus. Des mariages gays - non-officiel bien sûr - y ont d'ailleurs été célébrés. The Factory a fermé en 1984, trois ans avant la mort d'Andy Warhol. Aujourd'hui encore, l'artiste se vend très bien. Le 13 novembre 2013 son oeuvre monumentale Silver Car Cash (Double Disaster) a été vendue à plus de 105 millions de dollars aux enchères à New York, un record pour une oeuvre d'Andy Warhol.

Graffitis, tags et street art

A New York, jusque dans les années 1970, pas un mur de la ville, pas un wagon ni une station de métro n'était vierge de graffitis ; le métro ressemblait à une sorte de toile d'expérimentation où chacun pouvait donner libre cours à son inspiration. Cela n'allait cependant pas sans une certaine anarchie : si certains graffitis étaient des oeuvres d'art, comme ceux de Dondi White (1961-1998), si certains tags reflétaient une indéniable recherche calligraphique, d'autres, en revanche n'étaient que des mots orduriers lamentablement bombés sur n'importe quel support. La ville ressemblait bientôt à un gigantesque gribouillage et les graffs devinrent, pour beaucoup, synonymes de révolte et de violence. Des graffs au vandalisme, il n'y avait qu'un pas. Aussi, une vaste campagne contre les graffitis nettoya la ville, mais, ce faisant, fit disparaître aussi les oeuvres d'art et, avec elles, des souvenirs des années antérieures. L'âge d'or des graffitis est aujourd'hui révolu : seuls quelques vestiges dans certains coins pas encore nettoyés subsistent.

A noter que certains artistes ont porté le graffiti au rang de véritable art, notamment dans les années 1980. C'est le cas du New-Yorkais d'origine haïtienne Jean-Michel Basquiat, héros de la peinture underground des années 1980, dont l'oeuvre et la carrière fulgurante ont acquis une reconnaissance internationale. Il fera partie de l'intelligentsia artistique qui fréquente la Factory de Warhol. C'est là qu'il se liera d'amitié avec un autre célèbre street artist, Keith Haring. Celui-ci connaîtra un grande notoriété grâce notamment à ses dessins et personnages colorés et cerclés de noir.

Jean-Michel Basquiat. Né à Brooklyn, Jean-Michel Basquiat aura marqué à vie la communauté artistique new-yorkaise malgré son décès prématuré à 28 ans dans le quartier de NoHo. Tout comme Keith Haring, Jean-Michel Basquiat a commencé, dès 16 ans, par peindre les murs de New York, alors qu'il avait quitté le système scolaire. A 19 ans, il forme le groupe de rock Gray, avec entre autres Vincent Gallo. Le groupe se produit dans de très nombreux bars du Lower East Side. L'artiste rencontre la célébrité à tout juste 20 ans, et commence à exposer dans plusieurs galeries de la ville. Jean-Michel Basquiat réalise plusieurs collaborations artistiques avec Andy Warhol, qu'il avait rencontré par hasard dans un restaurant new-yorkais. Marqué par la mort de celui-ci en février 1987, il s'isole et devient accro à l'héroïne. Il décède en 1988 d'une overdose, alors qu'il était au sommet de sa gloire.

Keith Haring. Né en Pennsylvanie, l'artiste a très vite déménagé à New York, à tout juste 19 ans, pour côtoyer la scène artistique de la ville. Le jeune Keith Haring s'inscrit à la School of Visual Arts, une école d'art encore ouverte aujourd'hui et qui a gagné en reconnaissance grâce au passage du peintre dans l'établissement. Avant d'être un grand artiste reconnu, Keith Haring a donné ses coups de pinceau pop-art sur les rames du métro new-yorkais. Sa rencontre avec Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol au début des années 1980 le propulse au rang des artistes en vogue. Inspiré par l'art du graffiti, l'artiste continue - malgré sa célébrité - à peindre les murs de sa ville d'adoption. Aujourd'hui encore, on peut apercevoir une de ses célèbres oeuvres, Crack is Wack, sur un terrain de jeu pour enfants sur la 127e rue et la 2e Avenue, à Harlem. Autre oeuvre qui peut être appréciée de tout le monde, une immense peinture murale dans le hall d'accueil du Woodhull Medical and Mental Health Center, un hôpital public de Brooklyn.

Malgré une campagne de répression très dissuasive, quelques artistes se risquent encore aujourd'hui à apposer leurs tags çà et là. C'est le cas du Français Invader, ou encore de Shepard Fairey, le graffeur à l'origine du poster de campagne d'Obama en rouge et bleu intitulé Hope. Aujourd'hui les graffeurs veulent vivre de leur art et il n'est plus rare de voir des tags exposés en galerie. Synonyme de mort du graffiti pour certains, de reconnaissance pour d'autres, l'arrivée du Street Art dans les galeries divise. Williamsburg et notamment Wythe Street reste encore un des seuls quartiers de New York où les graffitis ont repris leur droit sur les murs des bâtiments en briques rouges. Une balade dans East Village et dans quelques coins du Queens permet aussi d'admirer des graffitis d'artistes récents. Aussi, allez voir la plus grande galerie en plein air du monde : elle se trouve à Harlem et elle abrite les oeuvres d'un certain Franco, artiste qui expose depuis l'Hudson River jusqu'à Harlem River sur les rideaux métalliques de la 125th Street, laquelle rue porte le nom de Franco's Boulevard.

Certains graffeurs repeignent les murs de la ville en toute légalité. C'est le cas des artistes du Bushwick Collective qui décorent les murs de Flushing Avenue et Wyckoff Avenue. Tous les deux ou trois mois, les graffitis sont remplacés par de nouveaux. Des graffeurs étrangers sont régulièrement invités pour présenter leur travail.

En octobre 2013, le célèbre et mystérieux street artist britannique Banksy débarque à New York pour y réaliser toute une série de graffitis et d'installations lors d'un véritable marathon artistique de plusieurs semaines baptisé Better Out Than In (mieux dehors que dedans). Ses aventures new-yorkaises passionnent littéralement médias et opinion publique, grâce notamment à certains coups d'éclats, comme celui de ce stand éphémère : Banksy y fait vendre ses pochoirs de manière totalement anonyme pour 60 US$ pièce. Seulement trois clients seront intéressés. Sachant que la valeur marchande des ces oeuvres peut attendre le million d'euros, l'artiste a clairement voulu se moquer du marché de l'art et de la valeur démesurée de ses oeuvres.

Triste nouvelle pour les amateurs de graffiti : dans la nuit du 18 au 19 novembre 2013, les murs bariolés de l'immense usine désaffectée de 5Pointz (ou Five Pointz), à Long Island City dans le Queens, considérée comme la " Mecque du graffiti " à New York, ont été repeints en blanc. Un an plus tard, les bâtiments sont rasés. Le site était en sursis depuis des années, les propriétaires voulant démolir ce site pour y dresser deux tours dans ce quartier en plein boboïsation, des tours qui ont vu le jour aujourd'hui. 21 des street-artistes qui avaient réalisé ces graffitis ont porté plainte devant la justice pour la destruction de leurs oeuvres, et, début 2018, le jury leur donne raison et leur donne droit à 6,7 millions de dollars d'indemnités. Le procès suit toujours son cours, les propriétaires ayant fait appel de cette décision.

Pour en savoir plus sur l'histoire du graffiti à New York, consultez le site www.at149st.com

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