Guide de NEW YORK : Mode de vie

Vie sociale
Education

L'école n'est obligatoire qu'à six ans aux Etats-Unis, pour l'entrée en 1st grade. Avant cela, les parents peuvent placer leur enfant en crèche (nursery), puis en maternelle (pre-kindergarten), ou alors laisser à une nounou le soin d'éduquer leur enfant. La durée des études au junior high school (collège français) est de 3 ans et au high school (lycée) de 4 ans. Les cours sont dispensés par niveaux dans chacune des disciplines enseignées et réparties pendant les cinq jours de la semaine selon le même emploi du temps. L'année est divisée en deux terms : on ne passe au niveau supérieur que dans les matières dans lesquelles on a eu la moyenne (65 sur 100). Des cours d'été (summer school), facultatifs et gratuits, permettent aux élèves de rattraper leur retard dans la ou les matières à problèmes. Pour obtenir leur graduation (bac américain), les élèves doivent compter un certain nombre de crédits dans chaque discipline. Chaque bachelier figure dans le year book, un trombinoscope de tous les élèves ayant réussi leur examen la même année. Le succès se fête par la prom (le bal des diplômés), élégante cérémonie au cours de laquelle les lauréats reçoivent leur diplôme en gown and cap (toge et chapeau). Comme dans les films ! Viennent ensuite le college ou l'university, pour deux, quatre ou six années d'études supplémentaires.

Comme en France, le système est divisé entre les écoles publiques et privées. Les écoles publiques, selon leur situation géographique sont d'une qualité très disparate. C'est un des problèmes que n'a pas su régler l'ancien maire Michael Bloomberg. Certains établissements publics de l'Upper East Side, de l'Upper West Side ou encore de TriBeCa sont parfois aussi bons que des écoles privées. L'Etat de New York est celui où il y a le plus d'enfants dans le privé entre la primaire et le lycée. Ils sont plus de 20 %. Les prix de scolarité de ces établissements privés sont très élevés, entre 7 000 US$ et 25 000 US$ par an. Les universités new-yorkaises, prestigieuses, sont extrêmement chères et peuvent dépasser les 40 000 US$ par an, selon les spécialisations. Les deux plus célèbres sont Columbia University et New York University. Pour les élèves venant des quartiers difficiles ou de familles aux revenus limités, un système très efficace de bourse existe.

L'offre éducative pour les parents venant de l'Hexagone qui souhaitent que leur enfant continue à parler le français est de plus en plus large. A New York, on évalue à 17 000, le nombre d'enfants de 5 à 17 ans parlant français à la maison. D'où l'ouverture ces dernières années de plusieurs programmes bilingues français-anglais dans les écoles publiques américaines. Il en existe aujourd'hui dix, quatre à Manhattan et six à Brooklyn. Ces écoles, à l'enseignement de qualité, sont à l'origine de la formation de quartiers français. En effet, comme en France, les enfants vivant à proximité de l'établissement scolaire sont prioritaires. On trouve ainsi une forte communauté française à Carroll Gardens, autour de l'école PS 58, la première école à avoir accueilli un programme bilingue français-anglais à New York, en 2008. Les programmes bilingues dans les écoles publiques new-yorkaises sont pour l'instant limités au primaire et au collège, mais un lycée public bilingue a ouvert ses portes à la rentrée 2017, le Boerum Hill School for International Studies (BHSIS), permettant de suivre un cursus complet franco-anglais du 9e au 12e degré (l'équivalent de le 3e à la terminale) : une première aux US ! Le programme étant tout nouveau et ne disposant que de places limitées, la majorité des parents français continuent de placer leurs enfants dans un des lycées français privés de la ville, aux prix exorbitants (entre 10 000 et 20 000 US$ l'année mais avec un système de bourse pour les familles qui ont peu de moyens).

Excellence

Il existe à New York un culte de l'excellence poussé à l'extrême qui se retrouve à tous les niveaux de l'échelle sociale et dans tous les domaines. Quelle que soit votre activité, il faut être numéro 1 dans ce que vous faites. Que ce soit le gérant de snacks qui clame sur son enseigne être celui à New York qui met le plus de pepperoni dans ses parts de pizza, ou l'avocat d'affaires spécialiste des fusions acquisitions, tout le monde se doit de posséder un savoir-faire unique qui lui permettra de faire son trou dans une ville aussi compétitive que New York, qui réunit tant de monde et d'ambitions. Cet état d'esprit imprègne tellement les habitants de la ville que, professionnellement parlant, si vous n'adoptez pas le discours de la confiance et de la compétence absolue, vous aurez du mal à être pris au sérieux. Même dans le métro, un musicien posté sur une bonne place (la station Times Square par exemple) se verrait vite concurrencé et remplacé par un autre plus performant s'il ne se montrait pas à la hauteur. Bref, dans le monde du travail à New York, il faut montrer les dents et assurer ensuite.

Don't stop, won't stop !

Le rythme de vie local est effréné à New York ! On vit et l'on s'active 24h/24. Une ville électrique, individualiste où tout le monde court partout et pour tout. Beaucoup de ceux qui s'y installent pour travailler débarquent avec de l'ambition et l'envie de réussir. Les Américains travaillent beaucoup, les New-Yorkais encore plus. Avec deux à trois semaines de congés payés par an, des heures extensibles, et beaucoup de New-Yorkais qui cumulent deux boulots, on est loin des 35 heures qui, vues de là-bas, paraissent comme une aberration non seulement économique, mais aussi de vie. Comment peut-on avoir aussi peu d'ambition et vouloir aussi peu travailler et se réaliser ? Les New-Yorkais débutent souvent la journée vers 9h-10h et quitte rarement le travail avant 18h30. Et quels que soient leurs horaires de travail, les New-Yorkais aiment sortir le soir en semaine. Avec leurs collègues de bureaux ou entre amis dans un bar à cocktail ou devant un match de sport. Quant aux habitants des quartiers riches, ils sont nombreux à se rendre dans une salle de musculation. Il n'est pas rare de voir au travers de la baie vitrée d'un bassement (sous-sol d'un bâtiment accessible de la rue par un escalier en fer) un homme pousser de la fonte ou une femme courir sur un tapis roulant à 1h du matin alors qu'on rentre se coucher, exténué par une journée de visite, repu par un bon repas et un verre dans un bar... Les New-Yorkais les moins fortunés préfèreront eux le yoga, moins cher que l'abonnement dans les salles de gym à New York.

Liberté

Vus de notre Hexagone, les States incarnent le lieu de la liberté par excellence. Les Etats-Unis ne se définissent-ils pas eux-mêmes comme " The Land of the Free " ? L'emblème de New York n'est-il pas Lady Liberty ? Une notion de plus à nuancer. Pays libre, oui, mais dont la société est loin d'être permissive. Dans la culture anglo-saxonne, on ne badine pas avec la loi.

A New York plus qu'ailleurs, tout est soumis à des règles très strictes, à commencer par la réglementation draconienne sur le tabac ou l'alcool. L'âge minimum pour en acheter ou en consommer est de 21 ans révolus. Amis lecteurs de 20 ans, vous n'entrerez pas dans les bars, même accompagnés d'un adulte responsable. Dans l'Etat de New York, si on est majeur à 18 ans et donc suffisamment responsable pour voter, on ne l'est cependant pas assez pour se désaltérer d'une bière un jour de canicule... Depuis février 2011, fumer est interdit presque partout, même sur les plages et lieux publics (Central Park, Times Square, etc.) ! Quant au droit de manifester, s'il existe, la municipalité a cependant les moyens de contourner la loi lorsque les revendications vont à son encontre ou à contresens du courant : on ne compte plus les cas où l'ancien maire Rudolph Giuliani s'est fait semoncer pour non-respect de ce droit fondamental de la Constitution américaine qu'est la liberté d'expression. Les Etats-Unis sont néanmoins un pays où l'on se sent libre. La communauté Amish, en Pennsylvanie, en est le reflet le plus révélateur : séparés du monde, les Amish mènent une existence selon leurs propres traditions, leurs propres règles, parlent leur propre langue et ont leurs propres écoles, sans que rien ni personne ne vienne interférer dans leur communauté ni entraver leur champ d'action ou leur bonheur de vivre la vie comme ils l'entendent. Bien avant tout autre pays non arabe, des écoles musulmanes ont ouvert à New York, avec enseignement en deux langues et apprentissage religieux. Malgré le 11 septembre et la tension entre les Etats-Unis et le monde arabe, ces écoles n'ont jamais été menacées. Le voile n'est pas interdit et il serait impensable pour un Américain de voter une quelconque loi qui serait restrictive envers des signes religieux. La notion de laïcité est absurde pour un Américain. Ainsi, servir au restaurant avec un voile ou une kippa ne sera jamais un problème aux Etats-Unis. Afficher son appartenance à une religion ou à une communauté n'est pas mal vu. On parle souvent du melting-pot new-yorkais, mais contrairement à ce que l'on peut penser, les communautés ne se mélangent que peu et préfèrent cohabiter. C'est pourquoi, dans certains quartiers, on ne parle que l'hébreu, que l'espagnol, ou que le mandarin, et toutes les publicités, et parfois mêmes les panneaux de signalisation, sont dans ces langues-là et non en anglais, sans que cela ne dérange. Là où la France recherche l'intégration à tout prix et condamne toute forme de communautarisme, les Etats-Unis préfèrent la cohabitation, conscients que le pays sera toujours une terre d'immigrés et qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un drapeau américain à sa fenêtre pour se sentir Américain. Si quelques tensions existent parfois - par exemple entre les juifs hassidiques de Brooklyn et les populations blanches ou hispaniques voisines - de manière générale, ce modèle d'intégration par la cohabitation fonctionne parfaitement à New York.

Protection sociale

Le 28 juin 2012, Barack Obama est entré dans l'histoire de la protection sociale aux Etats-Unis, après les présidents Truman et Roosevelt. Ce jour-là, la Cour suprême a en effet validé sa réforme de la santé à cinq voix contre quatre. Le projet a vocation à assurer au plus grand nombre une couverture sociale minimale, qui leur évitera de risquer la faillite lors d'une éventuelle maladie. Quant aux assurances privées, elles ne pourront plus lâcher leurs clients pour des raisons financières ou médicales. Source de débats permanents entre républicains et démocrates, la couverture sociale est du ressort du gouvernement fédéral. Très différente de celle que l'on connaît en France, la sécurité sociale existe néanmoins aux Etats-Unis. Jusqu'au succès d'Obama, elle ne concernait cependant que des catégories de population bien précises : Medicare, pour les personnes de plus de 65 ans et les handicapés ; Medicaid, pour la population la moins aisée. Les autres Américains devaient souscrire à des plans privés d'assurance médicale à des prix exorbitants.

Obamacare est en application depuis le 1er janvier 2014. En 2017, Plus de 20 millions d'Américains souscrivaient à l'assurance, et 80 % en étaient satisfaits. Les personnes âgés de 19 à 34 ans et qui n'avaient jusqu'alors aucune assurance ont souscrit en masse. Sans surprise, la loi rencontre un plus grand succès dans les Etats démocrates que dans les Etats républicains. Des millions d'Américains restent encore sans assurance et il faudra encore attendre des années avant que la majorité d'entre eux soit assurée. Les contrats d'assurance mis à disposition par la réforme de la santé sont encore trop chers pour la lower middle-class, et de nombreux Américains préfèrent payer une amende (une centaine de dollars pour les plus démunis en cas de non-souscription à une assurance santé) plutôt que de débourser 200 US$ par mois pour s'assurer. Il est à noter que le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, s'est fait élire en promettant notamment de mettre fin à l'Obamacare, décrié par les républicains. Depuis son élection, il est néanmoins revenu sur ses propos, affirmant qu'il ne jetterait peut-être pas à la poubelle le système de santé façonné par l'administration Obama mais qu'il pourrait l'amender, conscient que construire un nouveau système de santé pour la deuxième fois en dix ans pourrait s'avérer périlleux. Finalement, la réforme de l'Obamacare a été rejetée par le Sénat et demeure l'un des premiers échecs notables de l'administration Trump.

Mais en faisant voter en décembre 2017 une baisse d'impôts notable et l'annulation de l'amende en cas de non souscription à une assurance santé, Trump tient sa revanche en menaçant le bon fonctionnement du fragile Obamacare. En 2018, 11,8 millions d'Américains ont souscrit à Obamacare, soit 400 000 personnes de moins que l'année précédente. Une baisse significative mais moins importante que les chiffres annoncés, au vu des efforts fournis par l'administration Trump pour rendre plus compliqué l'accès à Obamacare. Parmi les mesures prises allant dans ce sens, citons une réduction de la période d'inscription, qui est passée de 45 à 90 jours, et un site web défaillant qui est resté inaccessible tous les dimanches, officiellement pour des raisons de maintenance.

Mœurs et faits de société
Une ville d'immigrants par essence

Ellis Island n'est pas si loin, juste à deux encablures de l'espace et du temps. Si les formalités ont été considérablement assouplies, si l'on n'accoste plus guère sur les rives de Manhattan avec pour tout bagage un maigre balluchon, les motivations des nouveaux arrivants restent sensiblement les mêmes : fuite de quelque persécution et/ou recherche d'un monde meilleur. L'équation New York/melting-pot n'est pas nouvelle : New York incarne en effet une mégapole où se côtoient plus de huit millions d'habitants, où cohabitent toutes les ethnies possibles, et où l'on parle une bonne vingtaine de langues.

Quand on observe les mouvements de foule aux heures de pointe, on s'aperçoit bien vite que le visage des rues change selon les quartiers parcourus. Prenons comme exemple la ligne R du métro allant vers Queens : les premiers à alléger les wagons hyperbondés seront les Coréens, là où les enseignes s'affichent dans leur langue maternelle et où sont vendues de multiples denrées aux saveurs orientales. Les Latinos feront de même à Roosevelt et à Corona, quartiers dont les rues retentissent de notes de salsa, de merengue ou de bachata, et où l'espagnol a remplacé l'anglais, dans les foyers, les restaurants, les vitrines, les cinémas, bref, partout. Quelques arrêts supplémentaires, et ce sera au tour des russophones de rejoindre leur communauté : là, l'alphabet latin cède la place aux caractères cyrilliques et les vitrines de prêt-à-porter s'adaptent aux goûts de la clientèle environnante. Quant aux Haïtiens et aux Afro-Américains, c'est à Jamaica qu'ils descendront, prompts à passer chercher des beef paties ou des acras de morue pour le dîner, après des " adieu, à demain " formulés de temps à autre en créole. Est-ce à dire qu'on ne se mélange pas ? Disons qu'on se mélange assez peu. Toujours est-il que ces communautés étrangères ont pour point commun un déracinement qui ne se vit, certes, pas sans mal, mais qui est adouci par la possibilité de retrouver les siens, tout en caressant le rêve de s'intégrer dans ce pays.

Entre communautarisme et intégration

Qu'ils s'appellent Chinatown, Little Odessa, Astoria, Little Italy, El Barrio ou Williamsburg, les quartiers new-yorkais sont l'image vivante de ce grand brassage de population. Chacun occupe la place qu'il s'est choisie, avec ses propres repères. New York sait préserver l'identité de ses ethnies, tant par la multiplication des lieux de culte (synagogues, églises, mosquées, temples, etc.) que par la possibilité qu'elle laisse à chacun de conserver sa langue - donc son identité - tout en lui offrant la possibilité de s'intégrer et de réussir. Plus de dix communautés émettent des programmes sur les chaînes de télévision et éditent leur journal quotidien dans leur langue. Le but : comprendre ce qui se passe dans le monde. Un atout majeur pour une intégration réussie. Les distributeurs bancaires ou circulaires sont, pour la plupart, tri ou quadrilingues. Ces machines s'adaptent aux langages des diverses communautés. En matière de respect des différences, New York est number one, ce qui permet une assimilation sans perte d'identité. Les choses ne s'arrêtent pas là. Rien n'est négligé, rien n'est laissé au hasard, tout est pensé et structuré en matière d'intégration comme en témoigne l'institution systématique des cours d'apprentissage d'une langue commune, l'anglais, condition élémentaire et indispensable pour une parfaite immersion. Collèges (Junior High Schools) et lycées (High Schools) organisent des cours spéciaux d'anglais appelés English Second Language (ESL) dont bénéficient pendant deux ans les nouveaux étudiants, et qui s'ajoutent aux autres disciplines du cursus normal partagées avec les lycéens américains. Quant aux Public Libraries (bibliothèques municipales), elles offrent gratuitement plusieurs heures hebdomadaires de cours d'ESL aux adultes récemment arrivés. New York tient ses promesses par son organisation en matière d'intégration et d'assimilation. S'agit-il pour autant d'un vrai melting-pot, autrement dit, dans la grande marmite, les ingrédients mijotent-ils tous en même temps à la manière d'un pot-au-feu, ou chaque ingrédient bouillonne-t-il individuellement dans son propre récipient ?

Une ville d'entrepreneurs

Dans le monde du travail, la flexibilité sociale est réelle et fondée sur une reconnaissance de l'individu davantage basée sur le talent personnel que sur des diplômes accumulés sur un curriculum vitae. Il n'y a aucune ingérence de l'Etat dans les affaires privées, ce qui se vérifie principalement dans tout ce qui touche au business. Pour caricaturer, croyez-vous qu'une banque française suivrait dans ses projets et ses besoins de financement, un jeune de 20 ans, étranger, n'ayant pas le bac, arborant cheveux longs et jeans troués ? Cela arrive rarement, voire jamais en France. C'est monnaie courante à New York où la vision du risque n'est pas la même et où seuls les résultats font foi. Une entreprise se monte en quelques jours seulement. Il y a peu d'entraves administratives, tout va très vite, tout se défait et se refait en un rien de temps. Mais la liberté absolue ne va pas sans abus. Pour faire de l'argent, on a tous les droits, même de travailler 90 heures hebdomadaires avec quatre jobs différents, même d'employer quelqu'un tous les jours de la semaine pour 7,25 US$ de l'heure. Cela marche au swim or sink (marche ou crève, littéralement " nage ou coule "). C'est aussi au nom de cette liberté que la législation dans tel ou tel secteur fait si souvent défaut. Un récent litige opposait l'Europe et les Etats-Unis au sujet de la protection des données personnelles des individus : en effet, dans ce pays, n'importe quelle entreprise peut à tout moment mettre le nez dans votre passé universitaire, judiciaire, médical ou financier. Où sont les limites ?

La drague à la new-yorkaise

Très différents de l'Europe, les moeurs et les codes de séduction demandent un véritable apprentissage. Si un Européen va suivre son instinct ou sa "méthode" habituelle pour conquérir sa belle, l'Américain, le New-Yorkais en particulier, va suivre une démarche bien rodée. Ici, l'on fixe un date. C'est-à-dire que l'on invite sa belle à prendre un verre ou à dîner, dans un premier temps. L'adresse a généralement été choisie par l'homme de la situation pour montrer qu'il sait prendre des initiatives. Pendant ce premier rendez-vous, qui peut ressembler à un entretien d'embauche pour un Européen non averti, il ne se passera rien, vous apprendrez à vous connaître et d'une certaine façon à... cocher les cases des critères de votre partenaire potentiel. S'il y a un bon feeling ou si le partenaire répond en plusieurs points à vos attentes (si vous aimez le jazz et qu'il déteste, pourquoi poursuivre ?), il y aura deuxième date, probablement un dîner. Un baiser d'adieu est envisageable mais pas obligatoire. Ce n'est qu'au troisième date que l'homme (ou la femme) peut se montrer entreprenant. Ces codes, connus de tous, sont la plupart du temps à respecter. A moins de savoir pertinemment que cette relation n'a pas d'avenir au-delà de cette soirée... Une démarche bien policée, on en convient, et qui peut réellement dérouter... L'efficacité à la new-yorkaise en toutes circonstances... A noter : on peut avoir plusieurs premiers dates en parallèle, puisque ceux-ci n'engagent à rien dans un premier temps... Et oui, il y a du vrai dans la série Friends !

Le droit à la différence

Le droit à la différence existe vraiment aux Etats-Unis, à plus forte raison à New York, qui abrite un nombre considérable de communautés avec leurs particularités raciales, sociales, culturelles et religieuses. Ce respect des autres se révèle dans des domaines collectifs comme la diversité des lieux de culte, l'affichage bilingue des stations de métro (Chinatown), la traduction systématique en deux ou trois langues des circulaires scolaires destinées aux parents, des fiches de recensement de la population, des informations concernant les transports en commun, ou des distributeurs bancaires s'adaptant aux minorités environnantes. De même, on retrouve cette tolérance vis-à-vis de l'homosexualité, réalité quasi permanente vécue sans honte ni retenue (un quart de la population new-yorkaise est gay ou lesbien, estime-t-on) : outre leurs bars, leurs restaurants, leurs clubs ou autres lieux de rencontre, ils ont leur bureau de tourisme, leur créneau horaire sur une chaîne télévisée et leur station de radio. Plus individuellement, dans le prêt-à-porter, quelles que soient ses mensurations, chacun peut trouver une coupe de vêtements adaptée à sa taille ou sa corpulence : les femmes s'habillent en Petites, Misses ou Women ; les hommes en Small, Regular ou Tall, bref, chacun est reconnu tel que la nature l'a fait. Dans la vie quotidienne, exempte de regards réprobateurs, tout est permis, tout est admis, de l'excès pondéral à l'extravagance vestimentaire... Une situation qui reflète peut-être aussi un redoutable anonymat : du droit à la différence au droit à l'indifférence, il n'y a qu'un pas.

Sans-abri

Les sans-abri (homeless en anglais) new-yorkais ne vous échapperont pas. A Manhattan, il y en a entre 50 000 et 80 000. Personne ne connaît le nombre exact. Ils viennent de tous les milieux, des ghettos du Bronx, de la guerre du Vietnam, du lointain Dakota, d'une faillite familiale ou professionnelle. Le licenciement est une pratique courante aux Etats-Unis, on peut perdre son job du jour au lendemain. Dans le meilleur des cas, on a trois mois de protection sociale et il faut attendre plusieurs mois avant de toucher son chômage. Les naufrages individuels vont vite, il suffit de la combinaison de mauvaises circonstances. Les homeless vivent sous des abris de carton l'hiver, sur des bancs, sous les ponts, dans les sous-sols de Grand Central Station, dans le Bowery ou à l'Armée du Salut l'été. Certains se sont organisés, vendant leur propre presse, par exemple Street News. Achetez ce journal (1 US$) ; ça ne réglera pas le problème de la misère en Amérique, mais ça permettra à beaucoup de tenir le coup. Des homeless qui se sont transformés en mendiants professionnels vous solliciteront régulièrement, surtout dans le métro. Donner, ou pas, est une question d'éthique personnelle. On est confronté au même problème au Caire ou en Inde... Sous ses airs de capitale du monde occidental, New York cache des bas-fonds dignes d'une mégalopole du tiers-monde.

Puritanisme et censure

Vous le constaterez rapidement, à la télé américaine, vous n'entendrez jamais le moindre fuck, ni n'apercevrez le moindre sein à l'écran. L'image et le son sont toujours brouillés dans ces cas-là. Dans le même esprit, vous aurez sans doute remarqué que les vitrines de prêt-à-porter sont périodiquement tapissées avec du papier kraft. La raison ? " Cachez ce sein que je ne saurais voir ! ", autrement dit, une loi de 1997 qui interdit d'exhiber, le temps qu'on les rhabille, les mannequins dévêtus. Le puritanisme américain a la vie dure et rien n'échappe au politically correct. A cette politique de censure relative au sexe se sont greffées des mesures d'assainissement et d'épuration de la ville. Résultat : une métamorphose plus ou moins appréciée de Big Apple. Premier touché : Times Square, devenu méconnaissable et très policé aux yeux des personnes qui ont connu ces lieux de débauche mais pleins de vie des années 1980. Ou même le Meatpacking District devenu quartier bling-bling et presque huppé en dix ans, alors que la jeunesse des années 1990 n'osait pas s'y rendre autrement qu'en taxi, et seulement si on la déposait devant le bar ou la boîte " secrète du moment ".

Religion

Record mondial, on recense à New York 6 000 lieux de culte : dans les synagogues, églises, temples, mosquées, se réunissent, chaque semaine, les fidèles juifs, catholiques, protestants, musulmans, hindous, bouddhistes... La tolérance religieuse existe à New York. En témoigne ce projet de construction d'une mosquée et d'un complexe culturel islamique à deux pas de Ground Zero qui, bien qu'ayant provoqué de forts remous dans l'opinion publique, avait autorisé par la ville et était très largement accepté par la population de New York. Plus qu'une mosquée à proprement dit, le bâtiment devait abriter un centre culturel islamique, avec un musée et une salle de prière. Le promoteur immobilier a finalement renoncé à ce projet, pas assez rentable, et prévoit d'y construire des appartements luxueux.

Si les lieux de culte ne manquent pas à New York, les pratiquants sont eux beaucoup moins nombreux que dans le reste des Etats-Unis. Rien à voir avec les grandes villes de la Bible Belt - Nashville, Charlotte, New Orleans, Savannah, Memphis ou encore Dallas - où la religion tient encore une place importante dans la vie communautaire, associative et politique. A l'inverse du centre des Etats-Unis, les côtes Est et Ouest abritent une population plus progressiste et moins religieuse. Le week-end, les églises à New York sont principalement fréquentées par les communautés afro-américaines et hispaniques, ce qui explique que la plus grosse concentration d'édifices est à Harlem, dans le Bronx et dans les quartiers hispaniques de Brooklyn et du Queens. A Manhattan ou à Williamsburg, il n'est pas rare de voir d'anciennes églises transformées en appartements de luxe ou en boutiques et qui sont parfois méconnaissables si l'on ne connaissait pas l'édifice original.

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