Niché entre le Guangdong prospère et le Guizhou sauvage, le Guangxi est désormais bien connu des touristes, bien que peu s'aventurent finalement hors de la route Guilin-Yangshuo. Quel dommage ! La province révèle bien des surprises qu'il serait vraiment regrettable de manquer.

Son relief montagneux a longtemps isolé le Guangxi, encore méconnu même des Chinois il y a quelques dizaines d'années. Située aux confins du pays, à la frontière avec le Viêt Nam, la province était associée aux peuples non Han, et donc barbares. Depuis les années 1950, le gouvernement chinois s'est attelé au recensement de ces minorités ethniques : les Zhuang, Yao, Dong et autres Yi du Guangxi ont alors enfin eu droit de cité. Du fait de leur part importante dans sa population, la province fut même nommée en 1958 comme l'une des cinq régions autonomes de Chine. Depuis, des musées se sont ouverts et certains villages sont préservés dans le but d'attirer les touristes. Si la démarche est par endroits criante de mercantilisme, elle permet néanmoins le développement de ces zones reculées et profite en général à leurs populations.

L'axe Guilin-Yangshuo, envahi par les cars de touristes une bonne partie de l'année, est devenu un incontournable des tour-opérateurs. Aujourd'hui, les villes du Guangxi s'industrialisent, les hôtels poussent comme des champignons, au détriment parfois des superbes paysages environnants. Mais pour le voyageur averti, le Guangxi reste encore une terre sauvage, où le dépaysement est garanti au fur et à mesure que l'on s'approche du Viêt Nam. Villages de minorités et fabuleux paysages karstiques offrent alors de belles opportunités aux randonneurs. Les ethnologues en herbe se régaleront aussi devant les fresques de Huashan, qui décrivent les légendes et l'histoire du peuple Zhuang. Vous l'aurez compris, le Guangxi ne manque ni de charme, ni de surprises si tant est qu'on lui accorde un peu de temps en sortant des sentiers battus.

 

Histoire

Son relief accidenté et son enclavement ont longtemps tenu le Guangxi isolé du reste de la Chine et de l'extérieur. La région fut partiellement conquise par une armée han du temps de la dynastie des Qin (221-206 av. J-C), poussant les indigènes Zhuang, jusque-là installés dans les terres du sud, à se déporter vers l'ouest. D'autres minorités, comme les Yao et les Miao, furent chassées par les Han de leurs terres natales du Jiangxi et du Hunan et trouvèrent refuge au nord du Guangxi. C'est ainsi que la province devint des siècles durant le théâtre d'affrontements continus entre les minorités ethniques et les armées han.

Sous la dynastie Qing, le Guangxi fut douloureusement marqué par la révolte des Taiping (1851-1864). Hong Xiuquan, Hakka originaire du Guangxi et converti au christianisme, devint le chef des troupes rebelles, composées à l'origine principalement de laissés-pour-compte. Persuadé d'être le frère de Jésus-Christ, il prodiguait une pensée égalitariste, mélangeant des préceptes du christianisme, du confucianisme et du taoïsme. Très vite le mouvement s'étendit du Guangxi à d'autres provinces du Sud de la Chine et fit même de Nankin sa capitale. Les autorités mandchoues de l'époque peinèrent à mater la rébellion, qui comptait plusieurs centaines de milliers de sympathisants. Avec l'aide des Occidentaux, elles parvinrent finalement à éradiquer l'un des soulèvements révolutionnaires les plus meurtriers de l'histoire de Chine.

La Seconde Guerre mondiale n'a pas non plus épargné le Guangxi, que les combats avec l'ennemi japonais marquèrent au fer rouge. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que la province commença à sortir de son mutisme et à s'ouvrir au monde extérieur : un accès à la mer lui fut cédé par le Guangdong en 1965 et la construction de routes et de communications dynamisa l'économie locale. Si elle reste encore aujourd'hui parmi les provinces les plus pauvres de Chine, son exceptionnel développement touristique lui permet de ne pas trop se laisser distancer par son prospère voisin cantonais.

 

Une région cosmopolite

Le Guangxi se compose d'une mosaïque de peuples, dont les Zhuang restent la minorité ethnique la plus importante, celle qui donne son nom à l'appellation administrative de la province : région autonome zhuang du Guangxi. Parmi les autres ethnies, on recense entre autres, des Dong, des Yi, des Gelao, des Molao et des Miao (ou Hmong), chacune d'entre elles étant plus ou moins assimilée à la culture han.

Largement sinisés, les Zhuang représentent environ 32 % de la population du Guangxi. Ils vivent pour la majorité dans cette province, mais on en trouve aussi dans le Yunnan, le Guangdong, le Hunan et le Guizhou. Beaucoup d'entre eux habitent à proximité de la rivière Zuo, qui prend sa source au Vietnam et se jette dans le fleuve Yu près de Nanning. Le site de Huashan, avec ses falaises recouvertes de peintures rupestres datant du premier millénaire avant notre ère, permet de se plonger dans l'histoire des valeureux ancêtres de cette minorité.

Les Zhuang sont connus pour être d'habiles artisans, notamment dans la confection d'instruments de musique comme les tambours de bronze, un savoir-faire vieux de plus de 2 000 ans. La musique et le chant sont indissociables de la culture de cette minorité. Il n'est d'ailleurs pas rare d'entendre des chants traditionnels Zhuang si vous passez dans certains villages. Les chanteurs sont souvent accompagnés de musiciens et de leurs flûtes, leurs tambours et leurs cymbales. Les Zhuang sont avant tout animistes, bien qu'ils aient été également influencés par le taoïsme et le bouddhisme. Ils vénèrent les fleurs, les éléments, les montagnes et les rochers.

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