Guide de Rhodes : Arts et culture

Architecture

Riche de son histoire et de sa géographie, la Grèce a hérité de diverses influences architecturales sur le continent. Rhodes et le Dodécanèse ne font pas exception. Le style classique des temples nous émerveille depuis l'Antiquité, les églises byzantines n'ont rien perdu de leur charme oriental, les forteresses des Chevaliers, les sites orthodoxes, les édifices ottomans et le rationalisme italien ont finement marqué les îles du Dodécanèse. Les civilisations qui se sont succédé ont chacune marqué de leur empreinte la cité médiévale de Rhodes à tel point qu'elle est aujourd'hui classée au patrimoine culturel mondial par l'Unesco. Mais en visitant les autres iles du Dodécanèse, vous vous apercevrez que chacune d'entre-elles possèdent de véritables trésors d'architecture qui font de ces îles des lieux uniques.

L'architecture antique. A travers les siècles, l'art antique s'est développé dans un style sobre et élaboré à la fois, dans des sites souvent exceptionnels. C'est le cas des acropoles, centres religieux et politiques des cités antiques, comme on le voit encore aujourd'hui à Lindos, sur l'île de Rhodes. Parmi les ensembles religieux, les sanctuaires antiques sont souvent organisés autour d'un temple principal, dédié à une divinité mythologique. Le temple incarne le haut lieu spirituel du sanctuaire et seuls les prêtres et certains fidèles y ont accès. Devant le temple, se dresse l'autel sur lequel on offre le sacrifice. La décoration des colonnes surmontées des chapiteaux définit le style du temple : l'ordre dorique (simple) au VIIe siècle av. J.-C., l'ordre ionique (orné) au VIe siècle av. J.-C., et l'ordre corinthien (richement orné) au Ve siècle av. J.-C. Un bon exemple à visiter dans les îles du Dodécanèse est l'ensemble de l'Asclepieion, sur l'île de Kos.

L'architecture byzantine. Elle est essentiellement caractérisée par des oeuvres et des édifices religieux orthodoxes (églises, monastères, basiliques, fresques, icônes...). Les églises byzantines répondent toujours aux mêmes formes architecturales : plan en croix grecque avec une coupole centrale. Elles représentent l'univers, lui-même une création divine. Ces microcosmes sont ornés de fresques, de mosaïques et d'icônes. Vous pourrez visiter des églises byzantines un peu partout dans le Dodécanèse.

L'architecture médiévale. L'influence des Génois, des Vénitiens et des Chevaliers de Saint-Jean a marqué la construction de fortifications (citadelles, château, vieilles villes...) dès le début du Moyen Age. Quasiment toutes les îles principales du Dodécanèse ont eu droit à leur château et leurs fortifications médiévales. A noter particulièrement ici, la vieille ville de Rhodes classée au patrimoine de l'Unesco et présentant l'ensemble médiéval le mieux préservé de la Méditerranée. Vous pourrez y voir l'imposant fort, les différentes auberges des Chevaliers, les ruelles et les anciennes demeures seigneuriales habitées autrefois par les descendants des seigneurs franco-vénitiens depuis le XIIIe siècle. Les remparts, les ruelles pavées étroites, les places et les fontaines constituent un ensemble remarquable.

L'architecture ottomane. La domination ottomane a duré suffisamment longtemps pour laisser des traces mais finalement de manière relativement subtile. On trouve encore des mosquées dans les vieilles villes de Kos ou de Rhodes, ou sur l'île de Kastellorizo, mais ces lieux de culte musulman restent très minoritaires. Aussi, dans l'architecture locale, on retrouve des éléments d'architecture ottomane comme les structures en bois de la rue Sokratous à Rhodes-ville par exemple.

L'architecture néoclassique. Le tournant du XXe siècle est une époque de relative richesse, grâce au calme retrouvé dans la région. Le style néoclassique est alors en vogue en Europe, notamment dans la capitale du nouvel Etat grec où le roi Othon Ier fait venir un architecte allemand, Ernst Ziller, pour marquer l'urbanisme d'Athènes. Signe d'opulence et de réussite sociale, l'architecture néoclassique est reprise un peu partout, jusqu'à Istanbul et dans le Dodécanèse. Demeures patriciennes aux frontons sages, mosaïques folles et façades colorées fleurissent dans les îles de Symi, Halki ou encore Kastellorizo.

L'architecture fasciste. L'arrivée des Italiens en 1912 marque un moment crucial dans l'architecture du Dodécanèse. Déjà parce que les archéologues italiens réhabilitent et rénovent les quartiers antiques et médiévaux des îles. C'est notamment grâce à l'école d'archéologie italienne que l'on peut admirer la beauté de la vieille ville de Rhodes aujourd'hui.Mais, au-delà de leur passion pour l'ancien, les Italiens ont laissé leur empreinte dans l'architecture moderne de la région avec la construction de bâtiments Art déco puis rationaliste, dans la période fasciste. Parmi les meilleurs exemples visibles aujourd'hui : la ville de Lakki à Leros, ou certains bâtiments officiels de la nouvelle ville de Rhodes, le long des quais de Mandraki.

Artisanat
Que rapporter de son voyage ?

Dans les nombreuses échoppes du quartier de la vieille ville de Rhodes, comme dans les magasins de souvenirs des autres îles, les propositions ne manquent pas. Malheureusement, elles sont toutes Made in China... Si vous vous intéressez aux objets d'arts, regardez plutôt dans les boutiques des grands musées qui recèlent les plus belles reproductions de bijoux, icônes et autres statues. La création contemporaine propose aussi plein de belles choses donc n'hésitez pas à faire marcher l'économie locale en achetant bijoux et vêtements de créateurs grecs. Vous pouvez aussi rapporter des produits locaux délicieux : huile d'olive, miel, pistaches, fromages, épices ou ouzo. Enfin, le plus simple des cadeaux reste, le komboloï : ce joli chapelet, religieux à l'origine, que les Grecs égrènent pour s'occuper dans la rue, au café ou au bureau. On en trouve partout, à tous les prix.

Cinéma

Les débuts (1910-1940). Les débuts du cinéma grec remontent aux années 1910 avec des réalisateurs comme Kostas Bahatoris ou Orestis Laskos. La production reste très restreinte jusqu'aux années 1930, période à laquelle le cinéma grec entre en crise avec l'arrivée du cinéma parlant. La Seconde Guerre mondiale n'arrange pas les choses et il faut donc attendre les années 1950 pour voir un renouveau du cinéma grec. L'heure est aux mélodrames, qui mêlent tradition antique et réalisme moderne.

L'âge d'or (1950-1960). C'est Michel Cacoyannis qui opère une véritable révolution dans le cinéma grec et lui ouvre les portes de la gloire. Avec Stella, femme libre, en 1955, le réalisateur renouvelle les codes et révèle l'actrice Mélina Mercouri. Celle-ci a connu une renommée mondiale grâce au film de Jules Dassin, Jamais le dimanche, hommage comique au Stella de Cacoyannis et sorti en 1960. Les années qui suivent sont réellement l'apogée du cinéma grec. En 1964, Cacoyannis, encore lui, fait jouer Anthony Quinn et l'actrice tragique Irène Papas dans la mythique adaptation à l'écran du roman de Kazantzakis, Zorba le Grec.

Dès les années 1960, la production cinématographique grecque s'emballe. Le cinéma national est soutenu, qu'il s'agisse du cinéma grand public ou du cinéma d'auteur. Certaines productions se tournent de plus en plus vers des films commerciaux. La star de l'époque est l'actrice Alíki Vouyoukláki qui tourne dans des films à succès comme Ma fille la socialiste en 1966. Mais le cinéma d'auteur reste florissant avec des réalisateurs comme Cacoyannis évidemment, mais aussi Jules Dassin, Koundoros, Alexandrakis...

Le Nouveau Cinéma Grec (1970-1980). La dictature des Colonels marque un point d'arrêt particulièrement brutal pour le cinéma grec. La censure et l'avènement de la télévision ruinent la création cinématographique qui entre dans une phase de déclin. Cacoyannis ou Koundoros préfèrent s'expatrier mais le cinéma d'auteur qui reste sur place cherche à contourner les obstacles. C'est ainsi que Theo Angelopoulos peut émerger comme grand réalisateur de son temps. En proposant une approche symboliste et abstraite, il déjoue la censure. C'est le tournant du Nouveau Cinéma Grec, avec notamment le film La Reconstitution, sorti en 1970.

Incontournable, Theo Angelopoulos est le maître incontesté de cette nouvelle vague qui déferle dans les années 1970 et se poursuit jusque dans les années 1980. Il a survolé le cinéma grec jusqu'à sa mort en 2012, récompensé en 1998 de la Palme d'or au Festival de Cannes son film pour L'Eternité et un jour, a sorti en 2004 son avant-dernier long métrage, Eleni, premier volet d'une trilogie restée inachevée.

La crise et le renouveau (depuis 1990). Dès le milieu des années 1980, des difficultés économiques freinent la production cinématographique et le cinéma grec entre en crise. Les années 1990 ne produisent rien de marquant. Mais bientôt, une nouvelle génération de réalisateurs prend le relais à la fin des années 2000. L'un des films les plus populaires de l'histoire récente du cinéma grec est Politiki Cusina (2003). Distribué à l'étranger sous le nom de A Touch of Spice, le réalisateur Tassos Boulmetis y déroule une grande fresque historico-romantique qui traite de l'expulsion des Grecs de Constantinople.

Mais le plus intéressant est ailleurs et les années 2000 et 2010 voient l'émergence d'un cinéma d'auteur riche et conscient des enjeux de la société grecque. En 2001, un véritable ovni apparaît dans les salles du monde entier signé Panos Koutras : L'Attaque de la moussaka géante. Ou l'histoire d'un extraterrestre-moussaka qui sème la panique dans les rues d'Athènes... Depuis, d'autres noms intéressants émergent dans le monde du cinéma grec contemporain qui lutte pour sa survie dans un contexte de crise économique. En dépit du manque de moyens, il connaît un renouveau défiant la crise et son absurdité. On peut noter le travail de Dennis Illiadis (La Dernière maison sur la gauche en 2009) ou encore d'Athina Rachel Tsangari qui a présenté son dernier long-métrage, Chevalier (2015), au Festival de Locarno et a gagné le prix du meilleur film au festival BFI de Londres la même année. Le chef de file de cette nouvelle vague, Yorgos Lanthimos, a reçu le Prix du Jury à Cannes en 2015 pour son film The Lobster et le Prix du meilleur scénario pour son dernier film Mise à mort du cerf sacré, présenté à Cannes en 2017.

Le Colosse de Rhodes : un film... italien

C'est une pure fiction franco-italo-espagnole réalisée par Sergio Leone en 1961. Darios, héros militaire grec, rend visite à son oncle à Rhodes en 280 avant J.-C. L'île vient d'achever la construction de son immense colosse pour protéger son port et envisage une alliance avec la Phénicie contre la Grèce. Darios s'éprend de la jolie Diala, fille de l'architecte de la statue (évidemment) alors qu'il a rejoint un groupe de rebelles. Finalement, un tremblement de terre renverse le colosse et... le pouvoir.

Littérature

Littérature antique. Fondateurs de la philosophie occidentale, les célèbres Socrate, Platon et Aristote, marquent aujourd'hui encore les oeuvres contemporaines. Leurs pensées ont influencé de nombreux domaines : religion, politique, sciences, art, littérature. Ils incarnaient la philosophie comme art de la pensée, à la source de toute création artistique. Parmi eux, les dramaturges antiques tiennent une place particulière. Le théâtre grec serait né à la faveur de cérémonies religieuses en l'honneur de Dionysos au Ve siècle av. J.-C. Au départ, il avait une fonction de catharsis dans la vie sociale. Par la suite, Eschyle, Sophocle et Euripide ont mis en exergue ce qui devient plus tard la tragédie grecque avec des pièces aussi célèbres que Antigone, oedipe roi ou Andromaque. Le théâtre grec a aussi su se diversifier grâce à des auteurs comme Aristophane, considéré par beaucoup comme le père de la comédie.

Les principaux auteurs et philosophes grecs sont :

Aristophane (vers 445 - 380 av. J.-C.)

Poète satirique athénien fort apprécié de son temps, il critique avec un humour caustique l'actualité sociale et politique. De son oeuvre de 44 pièces, appartenant à la comédie ancienne, 11 pièces seulement nous sont parvenues. De tendance conservatrice, il attaque les démocrates en guerre contre Sparte dans Les Acharniens, raille les philosophes tels que Socrate ou Euripide dans Les nuées et Les Grenouilles ou encore traite de problèmes sociaux dans L'Assemblée des femmes.

Aristote (384 - 322 av. J.-C.)

Philosophe né à Stagire, en Macédoine, il a été le précepteur d'Alexandre le Grand à partir de 342 mais plus encore, l'élève brillant de Platon. Très vite, pourtant, il crée sa propre école à Athènes, rivale de l'académie de Platon : le Lycée ou Peripatos, sorte de péristyle où l'on apprend en discutant et en se promenant. Aristote s'intéressera à la physique, à la métaphysique, aux sciences naturelles, à la littérature.

Démocrite (vers 460 - 370 av. J.-C.)

Philosophe né à Abdère, il hérite de la tradition philosophique d'Ionie. Aucun texte original ne nous étant parvenu, c'est Aristote et Diogène Laërce qui nous ont fait connaître sa philosophie. Fondateur de son école, sa pensée définit la nature comme une infinité d'atomes, particules invisibles, indestructibles et complémentaires entre elles, dont le mouvement dans le vide est à l'origine des êtres, des mondes et de l'univers. Pour lui, le bonheur est à rechercher dans la modération des désirs.

Eschyle (vers 525 - 456 av. J.-C.)

Né à Eleusis, il est considéré comme le fondateur de la tragédie grecque. De ses 90 oeuvres nous n'en connaissons que 7, dont Les Perses et Prométhée enchaîné. Il a donné au drame ses lois rigoureuses en faisant une plus grande place aux dialogues et à l'action aux dépens du coryphée. Il a introduit le masque et a innové en matière de mise en scène.

Euripide (480 - 406 av. J.-C.)

C'est dans une ville d'Athènes déclinante, où les classes sociales, les traditions et les institutions deviennent vacillantes, qu'Euripide compose ses 92 pièces, dont 18 seulement nous sont parvenues. C'est une oeuvre qui rompt avec la célébration traditionnelle du passé et qui innove en s'interrogeant sur les passions des hommes de son temps. La modernité de son oeuvre lui a valu une gloire posthume.

Héraclite (vers 540 - 480 av. J.-C.)

Philosophe, né à Ephèse. Il nous reste des fragments de son ouvrage De l'Univers qui aborde autant la physique ou la politique que la théologie. Il y définit le feu comme l'élément primitif de la matière. Le monde, perpétuellement en mouvement et en devenir, trouve son origine et son harmonie dans le conflit des contraires.

Platon (vers 428 - 348 av. J.-C.)

On l'imagine dispensant son enseignement dans les jardins d'Académos, là où il avait créé son académie, le doigt levé, comme nous le montre Raphaël dans L'Ecole d'Athènes. La connaissance pour lui n'est concevable que si l'on dirige l'âme vers la contemplation du Bien et du Vrai. Toute son oeuvre s'applique à transmettre cet idéal : L'Apologie de Socrate, Le Banquet (sur l'amour), La République (sur l'organisation de l'Etat), Les Lois (sur celles de la cité).

Socrate (vers 470 - 399 av. J.-C.)

Philosophe athénien, hostile à tout enseignement dogmatique, il n'a jamais écrit aucun traité de philosophie. Sa pensée est surtout connue par Les Dialogues de Platon, Les Nuées d'Aristophane et Les Mémorables de Xénophon. Sa méthode repose sur des interrogations qui doivent amener ses interlocuteurs à dépasser leurs propres contradictions. En résumé, il s'efforce de perfectionner la devise : Connais-toi toi-même. Accusé d'impiété envers la religion d'Etat et de corruption de la jeunesse, il est condamné à boire la ciguë (plante toxique des chemins et des décombres) après avoir refusé de s'enfuir par respect des lois de la cité.

Sophocle (entre 496 et 494 - 406 av. J.-C.)

oedipe roi, Antigone, Electre sont les pièces les plus célèbres de ce poète tragédien né à Colone. Sur plus d'une centaine de pièces créées, 7 nous sont connues. Contrairement à Eschyle chez qui les dieux jouent un rôle primordial dans les affaires humaines, l'oeuvre de Sophocle semble influencée par le spectacle d'une Athènes démocratique à l'apogée de son système social et politique.

La marque de l'héritage homérique. En littérature, Homère, auteur de L'Iliade et de L'Odyssée, a marqué le passage d'une littérature orale à une littérature écrite. Considérées comme des textes de base, ces deux oeuvres évoquent principalement les thèmes de l'épopée, du voyage et de l'altérité. Ils rappellent les rapports entre les Anciens et les morts, basés essentiellement sur le souvenir du défunt et les offrandes. On sait peu de chose sur la vie de ce maître des poètes grecs, si ce n'est qu'il a vécu dans la première moitié du VIIIe siècle, à Smyrne notamment. La tradition le dit aveugle.

Littérature moderne. L'histoire de la littérature grecque moderne est étroitement dépendante de la question de la langue. Au IIIe siècle av. J.-C., quelques linguistes décident de figer le grec littéraire dans une sorte de crispation archaïsante. C'est la catharévoussa qui s'oppose totalement au grec vivant qui, lui, évoluent au fil des siècles et qu'on appelle la langue démotique. Cette dernière triomphera dans la littérature à partir du XIXe siècle. mais cette opposition linguistique a largement paralysé l'expression littéraire grecque. Forme du nationalisme, la littérature grecque a par ailleurs pâti d'un manque d'identification nationale face à de multiples occupants (Vénitiens, Génois, Croisés, Ottomans). La poésie orale grecque est la première forme littéraire moderne à se structurer. On note ici le rôle du poète du XVIIe siècle, Vitsentzos Cornaros, qui, dans son Erotokritos reprend la tradition des chants populaires crétois et rejette une langue figée et savante. Ces chants populaires locaux ont une importance primordiale dans l'émergence d'une littérature grecque moderne et permettent l'utilisation de la langue démotique, vivante et parlée, comme langage poétique et littéraire. Le clivage entre libéraux et réactionnaires perdure jusqu'au XIXe siècle. Le poète Dionysios Solomos (1798-1857) s'inscrit dans la lignée du chant populaire et réalise la synthèse poétique qui permet la victoire du démoticisme. La littérature grecque moderne est née. Une figure domine cette nouvelle génération qui va s'illustrer jusque vers 1920. C'est le poète Costis Palamas (1859-1943), dont l'oeuvre est le reflet du lyrisme nationaliste en vogue dans le nouvel Etat grec. La génération de 1880 puise allègrement dans le folklore populaire, comme A. Papadiamantis (1851-1911), maître en la matière.

Littérature contemporaine. Comme pour mieux faire écho à ses ancêtres, la Grèce a hébergé deux prix Nobel de littérature en 1963 et 1979, respectivement Georges Seféris et Odysseus Elytis. Qu'elle soit d'inspiration religieuse, philosophique ou politique, la littérature grecque a toujours rayonné sur l'Europe et sur le monde et reste une source de fierté pour ses habitants. Citons également Nikos Kazantzakis qui doit sa renommée à son oeuvre la plus célèbre - Alexis Zorba (1946) -, adaptée au cinéma sous le nom de Zorba le Grec, avec Anthony Quinn dans le rôle-titre. Constantin Cavafy (1863-1933) continue de donner à la poésie grecque ses lettres de noblesse. Enfin Stratis Tsirkas (1911-1980) est considéré comme l'un des meilleurs romanciers contemporains. Sa trilogie Cités à la dérive (1960-1965) a remporté, en France, le prix du meilleur livre étranger. Des écrivains encore plus contemporains comme Vassilis Alexakis, Takis Théodoropoulos, Alexis Stamatis, Ersi Sotiropoulos ou Petros Markaris ont une production littéraire également remarquable. Avec son dernier livre, La Clarinette (publié en 2015), Vassilis Alexakis reste un écrivain apprécié en Europe.

Médias locaux
Musique

L'origine mythique de la musique est véhiculée par les divinités et les héros grecs qui utilisent un support musical. Le premier instrument dont on a réellement une trace est la lyre à sept cordes, pratiquée dès 1400 av. J.-C. A l'époque des philosophes, l'instrument de musique est reconnu comme ayant une véritable fonction dans la vie sociale et religieuse. C'est d'ailleurs à cette période que les rapports entre les sons sont découverts pour prendre une dimension mathématique puis éducative.

L'époque classique permet la double expansion du travail vocal et instrumental, notamment à travers les concours musicaux dont l'importance est cruciale dans la cité. La plupart des philosophes sont aussi et avant tout des musiciens. On sait également que les représentations de pièces de théâtre, en particulier des tragédies, sont enrichies de chants, de morceaux de musique et de danses.

Sous d'autres formes aujourd'hui, la danse et la musique continuent de jouer un rôle important dans la vie des Grecs. Les danses folkloriques sont le reflet des spécificités régionales, mais partagent des fondements communs. Par exemple, à l'instar du syrtos, de nombreuses danses sont exécutées en rond. En effet, à l'origine, en formant un cercle, les danseurs entendaient se protéger des influences néfastes. Ces danses se font parfois sur des airs de bouzouki, une sorte de mandoline très répandue en Grèce.

La musique populaire a pris son essor après la guerre avec le rébétiko, puis au début des années 1960, grâce à deux compositeurs de renom : Manos Hatzidakis qui a composé Les Enfants du Pirée, et Mikis Theodorakis qui a signé la musique de Zorba le Grec. Le rébétiko se jouait à l'origine dans des tavernes fréquentées par des hommes citadins et déracinés, amateurs d'alcool et de cigarettes. Le spleen s'exprimait sous forme d'une danse aux gestes lents et lourds qui se terminait par de violents jets d'assiettes au sol. Le répertoire repose ainsi sur des thèmes mélancoliques tels que l'amour déçu, la pauvreté, la prison, la drogue... Aujourd'hui il est rare d'assister à de telles représentations sauf si elles sont reconstituées pour les besoins touristiques... Les musiques grecques actuelles se sont éloignées de ce style mais des chanteuses comme Mélina Mercouri et Maria Callas ont donné une dimension internationale à ces airs grecs.

Peinture et arts graphiques

L'art byzantin entre peinture religieuse et icônes. Dans la religion orthodoxe, l'icône est vénérée comme une image sacrée. Elle est plus qu'une simple représentation, elle est censée incarner un saint ou une divinité. Dans les églises et les foyers, l'icône est sollicitée pour ses miracles et ses pouvoirs de guérison. Les Grecs ne plaisantent pas avec ce culte, attention donc aux maladresses. Après la période des peintures religieuses datant de l'époque byzantine, les influences se sont multipliées, notamment italiennes.

Peinture moderne entre nationalisme et influences extérieures. A partir du XIXe siècle, les artistes grecs, très attachés à leur culture et à leur héritage, se sont exprimés à travers leur histoire. La guerre d'indépendance a notamment marqué les esprits et suscité des vocations : Theodoros Vryzakis et Dyonissios Tsokos ont illustré cette période avec talent, entre portraits et scènes de batailles, très idéalisés.

Les peintres grecs célèbres des XIXe et XXe siècles furent fortement influencés par les écoles de Munich, comme Nikiforos Lytras, Constantinos Volanakis, Nikolaos Gysis, et Georgios Iakovides. C'est ensuite l'influence de Paris que l'on sent apparaître, notamment au travers des oeuvres de Périclès Pantazis qui s'essaie à l'impressionnisme. Petit à petit, des mouvements post-impressionnistes émergent en Grèce : fauvisme et expressionnisme, entre autres. Ainsi Constantinos Maleas (1879-1928), proche du fauvisme, est considéré comme l'un des précurseurs de l'art moderne grec, avec ses paysages du pays dont il présente des interprétations très personnelles.
Outre ces évolutions tournées vers l'Occident, les influences byzantines et orientales persistent et se rapprochent de l'art populaire. Theophilos Hadjimichail se fait connaître comme peintre naïf dans les années 1930.

Art contemporain. Après la Seconde Guerre mondiale, certains artistes comme George Bouzianis (1885-1959) ont réussi à développer l'art moderne grec et ont permis l'éclosion d'un art contemporain original, à l'image de Yannis Tsarouchis (1910-1989) ou de Alekos Fassianos (né en 1935). Aujourd'hui, l'art contemporain grec est représenté par des peintres comme Nikos Baikas, mais également par des plasticiens (Georgos Hadjimichalis, Andréas Angelidakis...) et des photographes (Lizzie Calligas, Panos Kokkinias, Nikos Markou...) de renommée internationale.

Traditions
Collier de mariage.
Collier de mariage.
Mythologie

Aphrodite (ou Vénus dans la mythologie romaine) est la déesse de l'Amour et de la Beauté. Dans l'Iliade d'Homère, elle est la fille de Zeus et Dionè. Elle est aussi la femme d'Héphaïstos, le dieu du Feu. La légende la plus connue s'y rapportant renvoie à la guerre de Troie. Eris, déesse de la Discorde, furieuse de ne pas avoir été invitée au mariage du roi Pélée et de la nymphe de la mer Thétis, jette par dépit une pomme d'or dans la salle du banquet avec l'inscription " A la plus belle ! ". Zeus refuse de choisir entre Héra, Athéna et Aphrodite qui demandent à Pâris, prince de Troie, d'être le juge. Le malheureux choisit Aphrodite qui lui a promis, en échange, la plus belle femme du monde. Il réclame Hélène de Troie, femme du roi grec Ménélas, l'enlève et provoque... la guerre de Troie.

Apollon est le fils de Zeus et de Léto, tout comme sa soeur Artémis, né sur l'île infertile de Délos. Il est le dieu de la Lumière et de la Musique. Cette figure magnifique multiplie les amours avec des nymphes et des mortelles. Daphné, une des rares à ne pas lui céder, se transforme en laurier pour lui échapper. Il a eu de nombreux enfants, parmi lesquels Orphée.

Artemis (ou Diane), fille de Zeus et de Léto, est la soeur jumelle d'Apollon. Déesse de la Chasse et de l'Accouchement, elle empêche les Grecs de s'embarquer pour la guerre de Troie jusqu'à ce qu'ils lui aient sacrifié une jeune vierge, Iphigénie, sauvée juste avant le sacrifice.

Athéna (ou Minerve) est sortie adulte et en armes du front de Zeus. Déesse des cités grecques, de l'Industrie et des Arts, son temple principal est situé à Athènes. Mais elle est surtout la déesse de la Sagesse et de la Guerre. Athéna est le principal soutien du camp des Grecs pendant la guerre de Troie. Mais après la chute de Troie, quand les Grecs oublient de respecter le droit d'asile de son autel, elle ordonne à Poséidon de provoquer les tempêtes qui détruisent la plupart des bateaux grecs revenant de la guerre.

Déméter (ou Cérés) est la déesse de la Fertilité, déesse mère de la terre. On la connaît surtout par sa fille Perséphone, née de ses amours avec Zeus, qui est enlevée par Hadès dans le monde des Enfers. Sa mère erre dans le monde jour et nuit, rongée par l'angoisse et la tristesse...

Dionysos (ou Bachus), fils de Sémélé, morte pendant sa grossesse à cause de la jalousie d'Héra, est sauvé par son père Zeus qui s'empare de l'enfant, ouvre sa cuisse et l'y place jusqu'à ce qu'il puisse naître à terme, loin de la jalousie d'Héra. Lorsque le jour de la naissance arrive, Zeus rompt les points de suture et met au monde son fils. Dionysos est le dieu du Vin. Son culte est lié au vin, à la danse et conduit l'homme à s'écarter des principes.

Hadès (ou Pluton) est le dieu des Morts. Il est le fils des titans Cronos et Rhéa, le frère de Zeus et de Poséidon. Quand les trois frères se partagent l'univers après avoir renversé Cronos, Hadès reçoit le monde souterrain. Avec sa reine, Perséphone, qu'il a enlevée au monde d'en haut, il règne sur le royaume des morts. Ce monde souterrain est divisé en deux régions : l'Erèbe, où passent les morts juste après leur décès et le Tartare, la région la plus profonde, gardé par Cerbère, le chien à trois têtes et à queue de dragon.

Héphaïstos (ou Vulcain), fils de Zeus et d'Héra est le dieu du Feu, de la Métallurgie et de l'Art. Son atelier se situe à Limnos. Ses bras sont forts alors que ses jambes sont atrophiées. Il serait boiteux à cause de son père : un jour où Zeus et Héra se disputaient, il aurait soutenu sa mère. De colère, Zeus l'aurait attrapé par une jambe et l'aurait précipité de l'Olympe. A moins qu'il soit né boiteux et que, rongée par la honte, Héra ait elle même décidé de cacher sa naissance en le jetant de l'Olympe. Il se raconte que, pour se racheter face à Héphaïstos, Zeus aurait décidé de lui donner Aphrodite pour épouse.

Hermès (ou Mercure) est le messager des dieux, fils de Zeus et de Maia. On le reconnaît à ses sandales ailées, symboles de sa vélocité. Ce dieu multiple accompagne les âmes des morts vers le royaume d'Hadès et possède des pouvoirs magiques sur le sommeil et sur les rêves. Dieu du Commerce et des Professions itinérantes, il protége aussi les voyageurs et les commerçants. Il est aussi dieu des Athlètes, dieu de la Chance et de la Richesse.

Héra (ou Junon) est la reine des dieux, fille des titans Cronos et Rhéa, soeur et femme de Zeus. Déesse du Mariage et protectrice des femmes mariées, elle est la mère d'Arès, dieu de la Guerre, d'Héphaïstos, dieu du Feu, d'Hébé, déesse de la Jeunesse, et d'Ilithyie, déesse de la Naissance. Cette femme jalouse persécute les maîtresses de Zeus et leurs enfants. Vexée par le prince troyen Pâris qui lui a préféré Aphrodite, elle aide notamment les Grecs lors de la guerre de Troie.

Hestia (ou Vesta) est la déesse vierge du Foyer, la fille aînée des titans Cronos et Rhéa. On la cite très peu dans les mythes mais la plupart des villes avaient un foyer public où brûlait son feu sacré.

Poséidon (ou Neptune) est le dieu de la Mer, fils de Cronos et Rhéa, frère de Zeus et d'Hadès. Il est le père de plusieurs enfants célèbres pour leur cruauté comme le géant Orion et le Cyclope Polyphème. Poséidon joue un grand rôle dans les mythes et les légendes grecs. Il dispute notamment sans succès le contrôle d'Athènes à Athéna.

Zeus (ou Jupiter) est le dieu du Ciel et souverain des dieux de l'Olympe. Ses temples principaux sont à Dodone, en Epire, et à Olympie, où les Jeux olympiques sont célébrés en son honneur tous les 4 ans. Il est le plus jeune fils des titans Cronos et Rhéa, et le frère des divinités Poséidon, Hadès, Hestia, Déméter et Héra. Selon un des mythes sur sa naissance, Cronos, craignant d'être détrôné par ses enfants, les avalait à leur naissance. Zeus est sauvé par sa mère, Rhéa, qui le cache en Crète, où il est nourri au lait de la chèvre Amalthée et élevé par les nymphes. A l'âge adulte, il force Cronos à restituer ses autres enfants, qui vont se venger de leur père. Dès lors, Zeus règne sur le ciel et sur l'univers. Ses frères, Poséidon et Hadès, reçoivent la charge de la mer et du monde souterrain. La terre est dirigée par les trois frères. Dans les écrits d'Homère, Zeus est décrit comme le dieu de la Justice et du Pardon, père de nombreux dieux et de héros (nés de relations avec des mortelles). Il semble que les légendes les plus tardives essaient de montrer Zeus sous un jour plus plaisant. La plus célèbre des statues le représentant, sculptée par Phidias, en or et en ivoire, est érigée à Olympie.

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