Guide de Rhodes : Population et langues

Population

La population de la Grèce s'élève à 11,1 millions d'habitants, dont 4 millions pour la seule agglomération d'Athènes. A cette population vivant en Grèce, il convient d'ajouter environ 7 millions de Grecs vivant à l'étranger, dont plus de 3 millions en Europe. Dans les îles du Dodécanèse, la population est 191 000 habitants, dont 120 000 pour la seule île de Rhodes.

La population grecque est assez jeune, même si le taux de natalité est en forte baisse depuis de nombreuses années (1,5 enfant par femme). L'exode rural vers Athènes a profondément marqué la démographie de la Grèce à partir des années 1960, mais on assiste à un certain renversement de la tendance depuis la crise avec un essor de nombreux grands centres régionaux : de plus en plus de jeunes (et de moins jeunes) rentrent sur les îles pour participer aux entreprises familiales (souvent liées au tourisme) et fuir la crise ressentie plus lourdement à Athènes. Cependant, 60 % des Grecs vivent toujours dans les villes avec seulement 15 % de la population dans les îles.

La population immigrée vient principalement de l'Europe de l'Est (Albanie, Kosovo...), de la Turquie, mais aussi des pays arabes et asiatiques. Pourtant peu nombreuse, elle suscite parfois des réflexes xénophobes. A noter que les réfugiés qui débarquent sur les côtes du Dodécanèse depuis la Turquie pour fuir les conflits du Moyen-Orient ne cherchent pas à s'installer en Grèce : il ne s'agit que d'une étape de transition avant d'immigrer vers les pays plus riches d'Europe du Nord.

Les minorités ethniques en Grèce

Bienvenue dans la mosaïque ethnique des Balkans ! Comme ses voisins, la Grèce a connu depuis l'Antiquité de nombreux brassages de populations. Dire que les Grecs d'aujourd'hui sont les descendants directs de Thucydide et Homère serait oublier les invasions romaines, slaves, franque, vénitienne et ottomane. Toutes les minorités font partie de l' " helleniki ethniki koinonia " : la nation grecque moderne.

Turcs. C'est la seule minorité ethnique reconnue officiellement, une exception dans le code de la nationalité grecque. En vertu du Traité de Lausanne de 1923, tous les citoyens grecs musulmans de Thrace occidentale font partie de la " minorité turque ", et bénéficient à ce titre d'un statut particulier : enseignement bilingue, nomination des muftis par l'Etat... Le hic, c'est que ce statut inclut tous les musulmans de la région, quelles que soient leurs langues et origines : Pomaques, Roms, Méglénites, Avdétis, Grecs noirs... En tout, la région compterait 150 000 musulmans dont environ deux-tiers de Turcs à proprement parler. Si les différentes communautés entretiennent de bons rapports, le sort des Turcs de Grèce est régulièrement à l'origine de bisbilles entre Athènes et Ankara.

Albanais. Outre l'importante communauté d'immigrés albanais arrivée à partir des années 1990 (près d'un million de personnes avant la crise de 2009), la Grèce compte une très ancienne population albanaise sur son territoire. Au sein de cette minorité, on distingue les Avranites, albanais orthodoxes largement hellénisés et difficiles à comptabiliser tant ils se sont fondus dans la population grecque, et les Tsamides, albanais musulmans et albanophones. Considérés comme des alliés des communistes durant la guerre civile de 1946-1949, la plupart des Tsamides ont été chassés de Grèce par les nationalistes. Ils seraient encore 6 000 à vivre dans l'Epire, le long de la frontière albanaise. Là encore, cette minorité est l'enjeu de relations diplomatiques souvent houleuses avec Tirana, d'autant qu'il existe une minorité grecque de l'autre côté de la frontière.

Roms. Ils seraient 140 000 à travers la Grèce, majoritairement de religion orthodoxe. Les Roms musulmans vivant en Thrace sont considérés par les autorités comme faisant partie de la minorité turque. Selon l'Union européenne, c'est en Grèce que les Roms font l'objet des plus graves discriminations (chômage, manque d'accès aux services publiques, interpellations arbitraires, etc.).

Aroumains. Appelés " Valaques " par les Grecs, ils seraient environ 150 000 répartis au nord du pays, et 300 000 à travers les Balkans. Leur origine est mal connue : ils sont considérés en Grèce comme des Grecs romanisés et en Roumanie comme des Roumains ? C'est principalement par leur langue dérivée du latin qu'ils se distinguent du reste de la population. Mais le nombre de locuteurs ne serait plus que de quelques milliers aujourd'hui en Grèce. Parmi les Valaques, en majorité orthodoxes, on distingue quelque 2 000 Méglénites, qui sont eux de tradition musulmane et considérés comme " turcs ".

Slaves. Après le rattachement de Thessalonique à la Grèce en 1912, les autorités ont procédé à une hellénisation de la population en chassant la plupart des Slaves de la région. Quelques petites communautés subsistent néanmoins. C'est le cas des Pomaques, des Bulgares musulmans estimés à 15 000 principalement en Macédoine et en Thrace orientale où ils sont considérés comme " turcs ". On compte en outre environ 10 000 Bulgares orthodoxes et 15 000 Slaves de Macédoine, eux aussi orthodoxes. Faute d'enseignement, leurs langues et dialectes seraient en perte de vitesse.

Romaniotes. Alors que Thessalonique abrita l'une des plus importantes communautés juives au monde jusque dans les années 1940, on compte désormais moins de 10 000 Juifs dans toute la Grèce. Juifs hellénisés dont l'origine remonte à l'Antiquité, les Romaniotes sont présents principalement à Thessalonique, Athènes et dans l'Epire. L'écrivain suisse Albert Cohen est né à Corfou de père romaniote.

Avdétis. Il s'agit des descendants de Juifs de Thessalonique convertis à l'islam à partir du XVIIIe siècle. Assimilés aux Turcs, ils continueraient de pratiquer certains rites juifs. Leur nombre est estimé à environ un millier, répartis entre Ioannina, Thessalonique et Alexandroupolis.

Grecs noirs. Avec moins de 1 000 individus, c'est la minorité la plus méconnue de Grèce. Répartis entre six villages au sud de Xanthi (Thrace orientale), ces Grecs noirs ou Afro-Turcs connaissent eux-mêmes assez mal leurs origines. De récentes recherches ont toutefois prouvé qu'il s'agissait de descendants de serfs et esclaves soudanais amenés d'Egypte par les sultans ottomans au XVIIIe siècle. Très bien intégrés à la population pomaque et rom, ils pratiquent l'islam, parlent grec et turc et sont assimilés par l'Etat à la minorité turque.

Langue

Le grec est une langue vieille de plus de 3 000 ans et qui a évolué comme toutes les langues. Mais le grec moderne est resté étonnamment proche du grec ancien. Cette langue a façonné la pensée des plus grands philosophes et auteurs de la civilisation occidentale. La logique intrinsèque de la langue grecque semble être ce qui a permis sa conservation. Comme beaucoup d'habitants de pays dont la langue est peu enseignée, les Grecs maîtrisent au moins une, voire deux langues étrangères. Chez les jeunes, il est presque considéré comme honteux de ne pas parler l'anglais, qui arrive en tête du palmarès des langues étrangères parlées. Mais la maîtrise de l'anglais n'est pas réservée aux plus jeunes : une grande partie de la population plus âgée parle aussi cette langue ou un français souvent parfait.

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