Guide de Bavière : Arts et culture

<p>Costume traditionnel</p>

Costume traditionnel

La Bavière, avec un héritage culturel puissant, un sens des traditions et de la perfection très particulier, et qui plus est des subventions avantageuses, est une grande région de culture. La musique classique y est particulièrement à l'honneur, les orchestres excellents et les festivals nombreux. Toute la culture y est représentée de manière vivace, des arts les plus traditionnels à l'art contemporain, des arts plastiques aux arts visuels.

Architecture
<p>Détail d'une maison bavaroise</p>

Détail d'une maison bavaroise

Le roman est un des plus anciens styles architecturaux que l'on puisse trouver en Bavière. La période de l'art roman a couvert plus de deux siècles, des premières années du XIe siècle à 1250 environ. Il s'agit d'un art symbolique qui orne en particulier les édifices religieux. Il s'intéresse avant toute chose à l'expression du sacré. Ses origines sont extrêmement variées en Bavière : il provient du carolingien, de l'antique ou encore de l'Orient chrétien. Dans le Land, de nombreux bâtiments ont hérité de ce style. Mais des rénovations successives, des embellissements, des changements de mode l'ont peu à peu fait disparaître. Il demeure encore majoritaire dans la Schottenkirche de Ratisbonne.

Le gothique est né au XIIIe siècle en Bavière et son succès a été énorme. Il s'est répandu jusqu'à la Renaissance. Le gothique est plus fin que l'art roman, plus massif. D'autres éléments caractéristiques de ce courant artistique sont les colonnes et les piliers, les vitraux. En règle générale, les grandes cathédrales bavaroises ont été édifiées selon ses critères et son style ; c'est le cas de la Frauenkirche de Nuremberg ou de la cathédrale Saint-Pierre de Ratisbonne.

Le style Renaissance s'est imposé de 1550 jusque vers 1650. C'est d'abord à Florence, au XVe siècle, que ce retour aux sources antiques qui caractérise le style Renaissance s'est développé. Il s'agissait de recouvrer un système cohérent d'architecture et de décoration à partir de la représentation de nouvelles scènes mythologiques et allégoriques. L'église Saint-Michel de Munich ou le château de Neuburg an der Donau en sont deux très belles manifestations.

Le baroque et le rococo sont arrivés en Bavière dès 1650. Ces deux styles sont également nés en Italie. Il symbolise à la perfection le courant de la Contre-Réforme. Il est caractérisé par ses contrastes lumineux, ses effets de mouvement et ses variations de forme.

Le rococo a connu un véritable engouement au XVIIIe siècle en Bavière et s'illustre notamment dans les fresques et les stucs. Les grands noms de ce courant sont François Cuvillies (1695-1768), Balthasar Neumann (1687-1753), les frères Johann Baptist (1680-1758) et Dominikus Zimmermann d'une part et d'autre part les frères Asam, Cosmas Damian (1686-1739) et Egid Quirin (1692-1750). Il ne faut pas oublier non plus les quatre frères Dientzenhof. A croire que le rococo est une histoire de famille !

Le néoclassicisme. La fin du XVIIIe siècle et le XIXe ont surtout été marqués par le néoclassicisme inspiré de l'Antiquité et dont le but est d'atteindre le naturel, la clarté et l'équilibre comme c'est le cas à Walhalla, près de Ratisbonne. Friedrich von Gärtner (1791-1847) et Leo von Klenze (1784-1865) en sont les deux grands maîtres en Bavière.

Artisanat
<p>Munich, ours en peluche</p>

Munich, ours en peluche

Les idées de souvenirs ne manquent pas lorsqu'on voyage en Bavière. Entre les chopes de bière de toutes les tailles et de toutes les couleurs, le délicieux pain d'épices de Nuremberg, les bijoux sertis de pierres à Rothenburg ob der Tauber ou les objets à l'effigie des châteaux de Louis II, la liste est longue ! Grâce à un artisanat très développé, les possibilités sont diverses et variées. L'artisanat est un secteur relativement important de l'économie bavaroise puisqu'employant près de 13 % des actifs du Land. En outre, il contribuerait pour 9 % du PIB local.

Cinéma

Au regard de ce qu'il fut dans les années 1920 sous l'égide de l'Universum Film Aktiengesellschaft (UFA), le cinéma allemand n'a plus aujourd'hui la même aura. Issus d'un courant que l'on a qualifié d'expressionniste, Nosferatu le vampire (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau, Docteur Mabuse (1922) et Metropolis (1925) de Fritz Lang, ou encore Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene illustrent de manière éclatante la richesse du cinéma allemand des années 1920. La veine expressionniste se tarissant, elle sera remplacée par un courant réaliste, caractérisé notamment par les films de Georg Wilhelm Pabst (Loulou, 1929) et de Joseph von Sternberg (L'Ange bleu, 1930). L'avènement d'Hitler en 1933 provoque l'exil de l'élite culturelle. Le cinéma n'est pas épargné, et seuls les films qui, d'une manière ou d'une autre, font l'apologie du régime ont droit de cité. Les deux exemples les plus significatifs en sont Le Juif Süss (1940) de Veit Harlan et Les Dieux du Stade (1938) de Leni Riefenstahl, ce dernier ayant été tourné au moment des Jeux olympiques de Berlin.
Après la Seconde Guerre mondiale, il faudra attendre le milieu des années 1960 et les réalisations de Volker Schlöndorff et de Werner Herzog (souvent des adaptations de textes littéraires célèbres), pour que le cinéma germanique atteigne de nouveau une renommée internationale. Le premier a réalisé des films d'une grande finesse psychologique, comme Les Désarrois de l'élève Törless (1966), adapté d'un roman de Robert Musil, L'Honneur perdu de Katharina Blum (1975) ou encore Le Tambour (1979). Quant au second, il donna la pleine mesure de son talent dans trois films majestueux, Aguirre, ou la colère de Dieu (1972), Nosferatu, fantôme de la nuit (1978) et Fitzcarraldo (1982), où l'on remarque le brillant Klaus Kinski, son acteur fétiche. Dans une veine plus sociale et militante, plus provocante également, Werner Rainer Fassbinder (1945-1982) livra quelques chefs-d'oeuvre, parmi lesquels Le Marchand des quatre saisons (1971), Tous les autres s'appellent Ali (1973) et Le Mariage de Maria Braun (1978), sans oublier la dizaine d'épisodes télévisés, inspirés du célèbre roman d'Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz. Aujourd'hui, des réalisateurs comme Doris Dörnie ou Edgar Reitz représentent la nouvelle génération du cinéma allemand. Wim Wenders, à qui l'on doit notamment Paris, Texas (1984), Les Ailes du désir (1987) et The Million Dollar Hotel (2000), reste une référence incontournable. Bien qu'installé désormais à Hollywood, il demeure la figure de proue d'un cinéma où recherche formelle, mémoire et figures de l'imaginaire ne cessent de se croiser. L'Allemagne réserve peu de moyens financiers pour son cinéma et de nombreux réalisateurs allemands sont contraints de s'expatrier. De plus, bon nombre de réalisations allemandes sont financées par la France et les Etats-Unis. Cela n'empêche pas l'émergence de talents, dont Percy Adlon avec Bagdad Café (1987), tourné aux Etats-Unis. Mais la plupart n'ont pas les moyens de développer leur travail. Certains se tournent alors vers la télévision, comme Edgar Reitz, avec Heimat (1981-1984). Autre grand succès allemand fut le film de Tom Tykwer, qui se déroule à Berlin, Cours, Lola, cours ! (1998). En 2003, la réalisatrice Margarethe Von Trotta s'est fait remarquer au festival de Venise pour son film Rosentross, qui raconte la tragédie des femmes juives confrontées à la déportation de leurs maris en camp de concentration, à l'époque du régime nazi. Wolfgang Becker s'est également illustré en 2003, avec son Good Bye Lenin !, qui a reçu de nombreux prix, dont celui du meilleur film à Berlin. Les autres noms dont nous devrions entendre parler à l'avenir sont Fred Kelemen, Andreas Kleinert, ou Andreas Dresen...

Le filon ne devrait toutefois pas s'éteindre avec d'excellentes infrastructures : ainsi, Munich-Geiselgasteig est-il réputé pour l'activisme de ses studios qui ne connaissent pas la crise, suppléé par une école supérieure de très bonne tenue à Munich même, la Hochschule für Fernsehen und Film. Dennis Gansel notamment, après avoir étudié à la Munich Film School, sera le réalisateur du surprenant La Vague (Die Welle) en 2008.

Littérature

Contrairement à ce que l'on pourrait croire d'une région d'un caractère plutôt rural, la Bavière est tout sauf arriérée en ce qui concerne sa vie intellectuelle, y compris la littérature. Et elle ne date pas d'hier. Sa riche scène littéraire remonte jusqu'au 8e siècle ! Et ce n'est donc pas pour rien qu'une grande partie des plus importants et puissants écrivains allemands du 19e et 20e siècle est de la Bavière. Citons les auteurs de livres d'enfants comme Michael Ende (1929-1995) ou Ottfried Preußler (1923-2013), ou bien les écrivains Frank Wedekind (1864-1918), Lion Feuchtwanger (1884-1958) ou Patrick Süßkind (*1949). Il est d'ailleurs ancré dans la constitution bavaroise de promouvoir et de soutenir l'art et la science, donc également la littérature.

Médias locaux
<p>Kiosque à journaux.</p>

Kiosque à journaux.

La Bavière peut se targuer d'être une région à la pointe en ce domaine. Quoi d'étonnant à ce que le grand rendez-vous international Medientage München ne soit aucunement boudé par les professionnels ? En outre, le studio Munich-Geiselgasteig ne désemplit pas de commandes pour des tournages en tous genres. Peut-on aussi s'étonner que de grands réalisateurs tels Roland Emmerich, Bernd Eichinger, Wim Wenders ou Doris Dörrie soient sortis de la Hochschule für Fernsehen und Film de Munich ? Le Land accueille aussi nombre de chaînes radio ou télé, comme Bayerischer Rundfunk, ProSieben, Sat.1 et RTL II, mais aussi le premier bouquet numérique en importance de tout le pays avec Kabel Deutschland.

Presse

Un des plus grands quotidiens allemands, par son sérieux et sa réputation, est bavarois : le Süddeutsche Zeitung. Quelques noms de journaux traitant à la fois les événements nationaux, internationaux et régionaux, sont disponibles en fonction de la destination choisie dans le Land : Abendzeitung et Muenchener Merkur à Munich ; Augsburger Allgemeine Zeitung à Augsbourg ; Mittelbayerische Zeitung à Ratisbonne ; Fränkischer Tag à Bamberg ; Nordbayerischer Kurier à Bayreuth ; Nürnberger Nachrichten et Nürnberger Zeitung à Nuremberg.

Presse francophone. Dans les villes et les endroits fréquentés par les touristes, il n'est pas difficile de se procurer les grands quotidiens français d'informations politiques et générales comme Le Monde, qui est, sans aucun doute, le journal le plus répandu. Il suffit de se rendre dans une gare, dans une grande maison de la presse ou dans les galeries de certains centres commerciaux pour se les procurer.

Radio

Rock. Il y en a pour tous les goûts, du rock, en passant par la variété, les chants traditionnels... Pour la musique classique, BR-Klassik est idéale. Elle diffuse également des airs d'opéra et des interviews avec des musiciens, des chanteurs d'opéra et des chefs d'orchestre à l'antenne.

Jazz. Comme leur nom l'indique, Jazzwelle et Relax FM (94.2) sauront plaire aux amateurs de jazz.

Variétés. A Munich, la station la plus connue est Radio Arabella (105.2) qui diffuse différents styles.

Radio francophone. Il est également possible de trouver Europe 1 sur la fréquence 183 kHz (grandes ondes). Ce sera la seule radio française sur place car il arrive de trouver des stations francophones mais elles diffusent des programmes suisses.

Télévision

La plupart des foyers possèdent une antenne parabolique qui leur donne accès à une grande quantité de chaînes. Citons d'abord la ZDF et l'ARD qui sont les deux grandes chaînes publiques allemandes. Côté chaînes privées, la liste est longue... Citons-en quelques-unes, les plus connues et les plus regardées : Sat.1, TV5, RTLII, ProSieben.

Musique
<p>Fête de la bière, parade</p>

Fête de la bière, parade

La Bavière est une terre de fêtes où se mêlent bien souvent culture, musique et bière ! La musique n'est pas réservée aux initiés. Le moindre petit village possède au moins un orchestre qui se retrouve la semaine pour répéter et qui anime les fêtes de villages, les grandes cérémonies ou les fêtes de la bière qui se déroulent en juillet et août. La musique détend les moeurs, crée des liens entre les personnes et c'est non seulement une histoire de famille mais aussi une tradition.

Les compositeurs phares de Bavière

Richard Wagner (1813-1883). Véritable révolutionnaire dans l'âme, ce compositeur, né à Leipzig dans une famille brisée par les guerres napoléoniennes, a pour première passion le théâtre, qu'il découvre grâce à son père adoptif. C'est seulement à l'âge de 15 ans qu'il commence à s'intéresser à la composition musicale, pratiquement sans aucune technique acquise, en écoutant Mozart et Beethoven. Il aborde la vie musicale active à 20 ans. Sa vie sera marquée par un sentiment révolutionnaire qui se traduira aussi bien sur le plan de sa vie sociale que dans son oeuvre. Dès son plus jeune âge, en 1830, il est déjà connu pour être un agitateur à Leipzig, après la révolution de Juillet en France, et, en 1849, il participe à la révolution qui éclate dans la ville de Dresde. Toutes ses créations refléteront cette tendance de son esprit : ce sont ses idées sur la vie qui seront développées dans les compositions de ce grand réformateur de la musique, que son inspiration va mener aux frontières de l'atonalité. Véritable poète de la musique, il conçoit l'opéra comme un spectacle total où se conjuguent tous les arts, et ses chefs-d'oeuvre que sont Le Vaisseau fantôme (1839), La Walkyrie (1855), Siegfried (1856), le cycle de L'Anneau des Nibelungen et Le Crépuscule des dieux (1868) et Parsifal (1882) font partie de la mythologie de l'histoire de la musique. Par ailleurs, Wagner a posé les bases de la direction d'orchestre telle qu'elle est encore pratiquée aujourd'hui.

Richard Strauss (1864-1949) est un compositeur et chef d'orchestre né à Munich en 1864, mort en 1949 à Garmisch-Partenkirchen. Il a abordé à peu près tous les genres classiques  : musique instrumentale pour orchestre, instrument soliste (dont le concerto) ou oeuvres pour formation de chambre, poème symphonique, opéra, lied, ballet. Son oeuvre la plus connue est le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra (1896), dont le prologue est célèbre à travers le monde entier.

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