Nulle part mieux qu’au Portugal on a ce sentiment de " finis terrae ". Pays souvent convoité, il est le seul Etat Européen qui ait conservé sa souveraineté sur un territoire dont les limites actuelles n'ont pas changé depuis le XIIIe siècle. En résulte une nation originale et unie, possédant une forte identité.
A l'extrême sud-ouest de l'Europe continentale, cette contrée tient non seulement ses promesses de dépaysement mais prend aussi un malin plaisir à offrir de nombreux autres atouts insoupçonnables dès lors que l'on dispose de temps et de curiosité.
Bien sûr, Lisbonne, au sud, à ne rater sous aucun prétexte car probablement l’une des plus envoûtantes capitales d’Europe ainsi que Porto, au nord, la rivale avec aussi beaucoup de caractère. Longer les fleuves et observer les ponts qui les enjambent, se balader dans les ruelles de médinas typiques, arpenter les murailles d'un imposant castelo, sentir les parfums des luxuriantes forêts de pins ou d'eucalyptus ou bien voir briller l'océan. Mais après s'être rendu dans les deux grandes cités incontournables et sur l'exubérante côte de l'Algarve, on ne pourra pas dire connaître complètement le Portugal.
Au bout de l'Europe, ce territoire mythique est à la fois vert et pluvieux et sec et brûlé. En dehors d'un patrimoine historique et artistique riche, il présente aussi bien des plaines et vallées fertiles (Minho, Douro et leurs vastes vignes) que des régions encore rustiques (l'Alentejo et ses champs parsemés de chênes-liège ou l’austère mais authentique Trás-os-Montes) que des grands espaces vierges et des montagnes verdoyantes. Finalement, le Portugal ne se " visite " pas, au sens strict du mot : il se livre petit à petit, au détour des promenades et des rencontres.
Aujourd'hui à l’heure de l’Euro de Foot 2004, même si le pays est en pleine mutation adoptant dans certains coins le rythme de la modernité, ses habitants demeurent paisibles tout en conservant un sens de l’hospitalité et de l’accueil comme nul autre peuple. On vous aura prévenus !
Huit villes portugaises vont accueillir les matchs de l’Euro 2004 : Aveiro, Braga, Coimbra, Faro-Loulé, Guimaraes, Leiria, Lisbonne et Porto.



Le Portugal conserve de nombreux vestiges qui au cours des temps ont fait la grande histoire de ce petit pays. Des époques les plus lointaines, les empreintes de dinosaures, près de Fátima, les monuments mégalithiques, un peu partout sur le territoire, dont les plus beaux exemplaires sont localisés en Alentejo et Algarve. De l’occupation des Celtes, Suèves, Wisigoths, Grecs et Romains ; la ville de Conimbriga, près de Coimbra, le temple de Diane à Evora, les églises d’Idanha-a-Velha et de Beja entre autres conservent de nombreuses caractéristiques de ces siècles d’occupation. De la présence des musulmans qui dura plus de quatre siècles, rares sont les vestiges qui ont pu être sauvegardés… La folie destructrice des Conquérants en est responsable. Mais c’est dans la vie quotidienne, l’artisanat, les recettes culinaires et les légendes que le souvenir des Maures se perpétue encore. Plusieurs sites témoignent encore aussi de la présence juive en terres lusitaniennes. A partir du XIe siècle, de nombreux monuments furent édifiés ; des petites chapelles aux grandes cathédrales, des châteaux aux monastères, tous racontent non seulement l’histoire de l’architecture et de l’art portugais mais aussi la vie de ce peuple. Les monuments et sites classés au Patrimoine mondial par l’Unesco comme le monastère des Jerónimos et la tour de Belém à Lisbonne, les monastères de Batalha ou d'Alcobaça, les palais de Queluz ou Mafra, le couvent du Christ à Tomar, les centres historiques d’Evora, de Porto et de Guimarães, Sintra et les gravures rupestres du Vale Côa pourront être le point de départ d’itinéraires, de visites d’un quartier aux maisons recouvertes d'azulejos, d’une ville blanchie à la chaux ou d’une région bucolique.




On sera souvent surpris de rencontrer un peuple d'une gentillesse et d'une politesse incroyable, ainsi ne soyez pas étonné que l'on vous aborde quand vous discutez en français au-dessus d'une carte ou lorsque vous semblez chercher quelque chose… au Portugal, il y aura toujours quelqu'un de sympathique et prévenant pour vous aiguiller dans vos recherches et vous indiquer des bons plans… Vous le sentirez très vite, d'une manière générale nos compatriotes ont très bonne côte, hors exceptions très localisées ou saisonnières, le bon accueil demeure une constante dans ce beau pays…



Un des traits de la complicité entre le Portugal et la France vient sans doute de la même adoration pour les plaisirs de la table. Sans être aussi sophistiquée que la cuisine française, la cuisine portugaise qui comprend encore des plats rustiques de tradition est à la fois généreuse et toute pleine d’imagination sans avoir perdu les saveurs de ses recettes d'antan et surtout elle peut se targuer d'encore utiliser des produits très frais et naturels. Un livre ne suffirait pas à raconter toutes les bonnes choses que vous goûterez ici ! C'est bien sûr, la morue (bacalhau) et ses 365 recettes, le poisson et les fruits de mers, les charcuteries, l'agneau ou le cochon de lait rôti, les grillades… et des étonnantes préparations calorifiques et parfumées (soupes, ragoûts, pot-au-feu, cassoulet, riz élaborés…). Ici, le pain et le fromage sont excellents, les vins sont variés, toujours intéressants et pas encore trop chers. Pour le sucré, entre les pâtisseries conventuelles et les innombrables petits gâteaux secs ou crémeux, le choix est carrément impressionnant ! Sans parler des fruits tropicaux et des jus de fruits frais. Ici, plus qu'ailleurs la gourmandise nous perdra !



Le Portugal bénéficie d’un climat maritime tempéré, les températures minimales varient de 7,5° C à 13° C et les maximales oscillent de 17° C à 31° C. Dans l'ensemble et hormis quelques exceptions dans les terres, les hivers ne sont jamais trop froids (températures moyennes entre 5° C et 12° C) et les étés sont modérément chauds (températures moyennes entre 21° C et 25° C) ! Les mois les plus secs sont juillet et août et la pluviosité n’est jamais excessivement intense puisque l’on relève des moyennes de 700 mm par an au nord du Tage et de 500 mm par an au sud du Tage. L'Algarve bénéficie d'un climat doux très clément tout au long de l'année, quant aux soirées d'été sur l'ensemble du littoral portugais elles sont pratiquement toujours agréablement rafraîchies par l'air de l'océan Atlantique.



Le Portugal possède un réseau hôtelier moderne et confortable : les taxes, le service et le petit-déjeuner sont souvent compris dans les tarifs. Depuis quelques années, de nouvelles formes d’hébergement mettant à profit les demeures seigneuriales (pousadas), les gîtes ruraux et le logement chez l'habitant se développent. Le réseau routier s’est beaucoup amélioré ces dernières années ; à côté des routes nationales (EN) on trouve de grands axes routiers (IP, IC, AE) qui relient le Nord au Sud. La plupart des sites importants sont des plus accessibles par bus ou train.



Avec ses 832 kilomètres de côtes océaniques (Costa Verde, Costa de Prata, Costa de Lisboa, Costa Azul, Alentejo Litoral, Costa Vicentina, Barlavento, Sotavento) le Portugal regorge de plages et criques de tout genre, l'eau est souvent fraîche mais de bonne qualité. Mais qu’on ne s’y trompe pas, les plages du Portugal sont à la mesure de la diversité du pays : plages "californiennes" avec pistes de vélos et de rollers dans les environs de Porto, plages aux ambiances brésiliennes près de Lisbonne, spots de Windsurf, bodyboard et surf sur le littoral de Sintra ou dans la baie de Cascais, mer à l’infini dans un écrin de verdure à Portinho da Arrábida, criques isolées et côte sauvage dans la région de l’Alentejo Baixo, mer turquoise et chaude sur la côte de l'Algarve… Vous l’aurez bien compris, les plages se déclinent à l’infini dans ce territoire, pour le plus grand bonheur des vacanciers !



Cette mélopée nostalgique dénommée fado est l’expression même de la saudade, cet état d’âme populaire chargé d’une mélancolie aigre-douce si difficilement traduisible. Le fado de Lisbonne est différent de celui de Coimbra. A Lisbonne, les thèmes abordés parlent du quotidien, tandis qu’à Coimbra, le fado, chanté uniquement par des hommes, aborde des thèmes politiques. Les mélomanes pourront être séduits par ce style musical de caractère ainsi que par toutes les musiques ensoleillées acheminées des anciennes colonies (Brésil, Cap-Vert, Angola, Guinée-Bissau, Mozambique…) par des artistes de renommée internationale se produisant régulièrement dans tout le pays.


 

Située sur la lagune à l’embouchure de la Vouga et prolongée par la Ria d’Aveiro (47 km). Au XVIe siècle, Aveiro était un lieu de commerce important. Une catastrophe naturelle vint enrayer cette expansion : une tempête inouïe qui créa un barrage de sable, qui enlisa le port. Au XIXe siècle, Aveiro connut une nouvelle croissance, grâce à l’exploitation de rizières et de marais salants. Aujourd'hui troisième pôle industriel du pays, la ville universitaire et dynamique en mutation constante (avec différents travaux de rénovation et modernisation) conserve un centre pittoresque et très agréable à vivre. A une heure de Porto, la ville des canaux résolument tournée vers l'avenir et centre de la zone touristique de Rota da Luz (route de la lumière) constitue un bon point de départ pour explorer la réserve naturelle de São Jacinto, ou la Costa Nova, ou encore la fabrique de porcelaine Vista Alegre à Ilhavo. Les meilleures plages sont celles de Costa Nova ou Praia da Barra à 13 km à l’est d’Aveiro ou bien la sauvage Praia de São Jacinto.

Points d’intérêt
Bien entendu, les mauvaises langues ne manqueront pas de dire qu’Aveiro ne mérite pas son surnom de Venise portugaise. Certes, mais une brève promenade le long des canaux ne manque pas de charme. Quelques moliceiros avec leur voile en forme de mouette et leurs proues en croissant de lune (barques à fond plat qui étaient utilisées pour draguer limon et algues) effleurent encore ici et là de leur gracieuse silhouette.
Amateurs d'exploration citadine, allez donc le long du canal de São Roque en plein après-midi. C’est le quartier le plus ancien de la ville (et le plus traditionnel). Les moliceiros encore utilisés reviennent chargés de sel, déchargé il est transporté sur la tête, dans de grands paniers, jusqu’aux maisons traditionnelles de bois qui longent le canal. On peut aussi traverser ce canal, puis emprunter le pont qui surplombe l’IP5 pour aller faire un tour du côté des salines.
Passer aussi devant la gare, dont les murs intérieurs et extérieurs sont recouverts d’azulejos illustrant les traditions, costumes (voir les tricanas, femmes du peuple) et monuments d’Aveiro et la région.
Musée régional. Avenida de Santa Joana Princesa Ouvert de 10h à 17h30. Fermé lundi et jours fériés. Il est installé dans l’ancien couvent de Jésus, qui date du XVe siècle. Son centre de gravitation est le tombeau de Santa Joana (fille du roi Alphonse V) qui se retira au couvent contre la volonté du souverain : elle devint la sainte protectrice de la cité. Le tombeau est de marbre, porté par 4 anges agenouillés et sereins.
Centro de Congresos de Aveiro. Rua Cais Fonte Nova. Un peu plus loin on se dit que vraiment à Aveiro la vision globale du développement de la ville est réfléchie, quelle intéressante reconversion pour cette ancienne fabrique de céramique en briques rouges et sa grande cheminée ! Devenue palais des Congrès, elle abrite un excellent restaurant gastronomique de cuisine régionale.

Où sortir ?
Le soir, surtout en fin de semaine, la ville universitaire d'Aveiro sait parfaitement devenir festive. Les étudiants se restaurent aussi au Bar de l’Université, à côté du bâtiment Linguas Modernas : bon accueil assuré et, avec un peu de chance, on pourra même entendre la tuna (petit orchestre) de la fac répéter ! Ce bar, pas très attirant, prend alors tout son charme !
Enfin l’Autocarro Bar, ancien bus qui ne quitte jamais son parking, demeure un lieu à la mode avec terrasse pour boire quelques copos jusqu'à 2h à 3h du matin sur fond de musique anglo-saxonne.



Fondée par les Celtes en 300 avant J.-C., c'est aussi la "Rome portugaise", ex-Bracara-Augusta. L’Empire romain y a installé un centre administratif et la Renaissance italienne a marqué de son influence bien des monuments. Le baroque portugais y est souvent à son paroxysme. Cette ville universitaire relativement bien modernisée, mais un rien un peu fade, concilie importance séculaire et religieuse du passé et prospérité commerciale et industrielle du présent.

Points d’intérêt
Un nombre impressionnant d’églises attendent le promeneur ; de marcheur, on risque fort de devenir pèlerin. Plutôt que d’en consulter la liste interminable, mieux vaut se laisser tenter au hasard d’un portail rencontré. Le centre historique, la vieille ville de Braga, est propice à d’agréables balades.
Cependant, n’oubliez pas de visiter la Sé (la cathédrale : ouverte de 8h30 à 19h, entrée payante au musée 2 euros). Elle s’est bâtie entre le XIe et le XVIIIe siècle ; autant dire que de la base romane il ne reste presque rien. Les trompettes du Jugement Dernier doivent certainement ressembler aux grandes orgues de la cathédrale !
Musée d’art religieux. Dans l’enceinte de la cathédrale, se visite avec un guide. La Capela da Glória est tout à fait remarquable : les fresques mudéjares aux murs proposent une déclinaison de motifs abstraits sans réel rapport entre eux, ni de couleurs ni de construction, mais qui tressent une esthétique bien éloignée du baroque.
Musée Noguiera da Silva. Avenida Central. Ouvert de 10h à 12h et de 14h à 17h, fermé samedi matin, dimanche, lundi et jours fériés. Peinture portugaise et étrangère (flamande), meubles, porcelaine de Chine, faïence, sculptures, étoffes, azulejos et objets variés en argent et ivoire.

Dans les environs
Bom Jesus
A 6 km à l'est de Braga par la N103 (ou en bus n° 2 depuis avenida da Libertade), le sanctuaire de Bom Jesus do Monte, lieu de pèlerinage, devrait être considéré comme l’une des merveilles du monde, à la fois maîtrise parfaite de la symétrie et manifestation la plus rigoureuse de la profusion du baroque portugais. On accède à l’église par un escalier célèbre, la Via Sacra, dont les rampes blanches se croisent, contredisant l’alignement parfait des statues qui ornent chaque étape.
Route des Vinhos Verdes
Depuis Braga on peut partir vers trois itinéraires (trois villes de charme, du Cávado au Lima et de la côte à la montagne) à la découverte du Minho, cette province du nord, verte à cause de son climat, de ses sentiers et de ses paysages, avec arbres et plantes bordant les rivières et vignes sur treilles. Une région dont le célèbre vin et ses limites de production correspondant pratiquement aux limites de province. Le raisin est cueilli mûr, à la mi-septembre, il donne le vinho verde blanc et le vinho verde rouge.



Penchée, sinueuse, médiévale, aristocratique, estudiantine, traditionnelle, divinement architecturale et romantique, et se jouant des perspectives. Silencieuse (silence trompeur) en été, quand les étudiants à capes noires s’en sont allés. Bruyante le reste de l’année. Coimbra : un nom qui rime avec les plus anciennes places fortes du savoir en Europe. Pendant plus de 600 ans (jusqu'en 1911), l'université de Coimbra est la seule du pays ! Salazar, l’ancien dictateur du Portugal y fut même professeur, et l’Université nouvelle, face à la vieille ville, de l’autre côté du Rio Mondego, fut construite à sa demande.
Coimbra est une ville où l’on marche de sa ville basse à sa ville haute (les facultés). Oui, Coimbra sait séduire mais avec une certaine retenue et pas autant d'exubérance qu'on pourrait le croire, pour la découvrir vraiment il faudra la vivre au quotidien et pourquoi pas redevenir étudiant (Erasmus, es-tu là ?). Coimbra, sensible à la poésie et aux arts, c’est aussi le fado, plus rapide, plus intellectuel et plus sentimental que celui joué à Lisbonne et la plupart du temps interprété par des hommes accompagnés de la viola (sorte de mandoline) et de la guitarra portuguesa (guitare à 12 cordes). Fraîchement remise des festivités de capitale culturelle nationale en 2003, elle accueille aujourd’hui l'Euro 2004 de football.

Points d’intérêt

Musée Machado de Castro. Largo Dr José Rodrigues. Ouvert de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h30. Fermé les lundis et jours fériés (en après-midi). Gratuit le dimanche et jour férié (en matinée). Accessible grâce à la ligne de bus n° 1. Encore un musée admirablement installé, avec élégance et clarté, dans l’ancien palais épiscopal édifié sur un cryptoportique romain. La célèbre petite sculpture du Chevalier médiéval (XIVe siècle) est bien mise en évidence.
La (vieille) cathédrale. Largo da Sé Velha. Visite 10h à 13h et de 14h à 18h. Fermé vendredi (après-midi), dimanche et jours fériés. Erigée au XIIe siècle par les maîtres Bernard et Robert, c’est sans doute l’une des plus belles cathédrales de style roman du Portugal et la plus ancienne.
L’Eglise de Santa Cruz. Praça 8 de Maio. Ouvert de 9h à 12h et de 14h à 17h45, le dimanche de 16h à 18h. On ne peut pas ne pas vraiment être attiré par l’incroyable porche Renaissance de Santa Cruz qui vient s’ajouter (et masquer) au portail initial, par ailleurs fort élégant. Ce rajout du XVIIIe siècle, une vraie débauche flamboyante, s’il satisfait peu les puristes, confère à l’ensemble une identité bien singulière. La voûte intérieure, à clés, est vaste et de belle proportion : les nervures s’entrecroisent avec élégance et forment comme 4 gigantesques pétales de fleur.
Maison-musée Bissaya Barreto. Rua da Infantaria. Ouvert du mardi au dimanche de 15h à 18h. Fermé lundi et fériés (et dimanche en hiver). Sur le passage des lignes de bus n° 1 et 5. Cette maison d’un professeur philanthrope a été transformée en une fondation qui veille sur les collections de ce saint homme que le gentil jeune guide vénère comme Dieu le Père.
Université. Paço das Escolas, Largo da Porta Ferrea. Ouvert de 9h à 19h20 du 5 avril au 31 octobre, de 9h30 à 17h le reste de l'année. Entrée globale 4 euros. Accessible par bus n° 1. Créée en 1290, à Lisbonne par le roi Denis, l’université fut transférée à Coimbra en 1308, revint à Lisbonne en 1354, repartit égayer Coimbra de ses rubans accrochés aux capes (jaunes pour la médecine, rouges pour le droit, violets pour la pharmacie, bleus pour les lettres) en 1537…

Où sortir ?
Le nombre d'étudiants résidant en semaine à Coimbra étant ce qu'il est (environ 20 000), la cité en plus d'une programmation culturelle, théâtrale et musicale choisie ainsi que des animations estivales fournies possède quelques bons bars et lieu de sortie.
Café Santa Cruz. Praça 8 de Maio. Les confessionnaux clos se sont transformés en petits bureaux, la voûte s’est pourvue d’un ventilo, et le portail d’une vitrine : le reste est intact… Mon tout est la chapelle latérale de l’église Santa Cruz devenue un vrai café comme le Portugal sait les vivre ! Vieilles chaises en cuir clouté, guéridons hexagonaux en marbre, baignant dans la teinte sombre du bois.
Bar Quebra-Costas. Rua Quebra-Costas. Bar plus à la mode, à la mode portugaise, dans le dépouillement high-tech. Une calandre de voiture à l’entrée. Murs nus, éclairage assez doux, musique plutôt electro, mais ambiance très chaleureuse. Venir assez tard.
Aqui Há Rato. Largo da Sé Velha, 20. Ouvert de minuit à 4h du matin. C'est toujours l'un des bars disco à la mode du moment, toujours gavé. Musique variée : rock alternatif, tubes portugais voire musique commerciale. Oui, oui, pas mal de souris et de gros matous !
Pitch Club. Largo da Sé Velha, 4-8. Un espace fédérateur programmant des spectacles, des fêtes thématiques, du théâtre ou du fado. En prime un peu de restauration et la non-obligation de consommer pour un montant minimum comme c'est le cas en général dans les clubs et bars nocturnes.



Faro est la capitale et la plus grande ville de l’Algarve. Son aéroport international accueille le gros des troupes des vacanciers nordistes qui la fuient ensuite rapidement pour s'éparpiller sur la côte et ses formules de séjour à la semaine ou au mois. Séparée de la mer par une douce lagune, elle est peu fréquentée par les touristes alors qu'elle pourrait constituer un bon point d'attache pour se rendre sur les plages des longues îles qui l'entourent et découvrir le Parc Naturel de la Ria Formosa et son environnement fabuleux.
Non loin de la marina, la ballade de nuit à la faible lueur du réverbère dans son indolente vieille ville (Cidade Velha) aux rues pavées assoupies, nous plonge justement dans ce passé historique mouvementé… Au loin le paysage de la lagune endormie et de ses canaux flotte dans notre imaginaire… Faro nous a séduite sans vraiment le vouloir…
Loulé est une petite ville animée par une forte tradition artisanale héritée de la période maure. Le samedi matin, jusqu’à 13h, ne pas manquer son énorme marché qui attire tous les commerçants de l’Algarve. On y vend poterie, cuir, chaussures, céramique, fruits, fleurs… Un marché comme on les aime, où l’on peut faire de bonnes affaires.

Points d’intérêt
Une grande partie de l'Histoire de la ville est concentrée dans la petite Cidade Velha entourée de sa muraille médiévale. Et puis, là une galerie d'art, là un vieil atelier de faïence (Rua da Porta Nova, 6) aux azulejos stylés…
Sé. Sur une belle place avec des orangers, la cathédrale qui a été refaite après le tremblement de terre présente de très beaux azulejos du XVIIe siècle. Le seul vestige gothique qui a subsisté est le clocher.
Muséu Archéológico e Lapidar Infante D. Henrique. Praça Alfonso III. Entrée : 2 euros. Ouvert du mardi au vendredi de 9h30 à 17h30, lundi et samedi de 14h à 17h30. Installé dans l’ancien couvent Nossa Senhora de Assunção dans la vieille ville, il présente une collection archéologique répartie dans les galeries du cloître.
L’Eglise do Carmo – Largo do Carmo. Ouvert de 10h à 13h et de 15h à 18h (17h hors saison). Cette église baroque cache une étonnante chapelle dont les murs intérieurs sont recouverts de crânes et d’os humains, c’est la Capella dos Ossos.
Les plages de Faro. Elles sont situées sur des îles formant de longues bandes de sable doré à gros grain au-delà de la lagune, l'Ilha de Barreta (ou Ilha Deserta) est un paradis sauvage de 11 km de long sans aucune construction, elle n'est accessible qu'en bateau, l'Ilha de Faro est plutôt agréable et bien pourvue en bars et restaurants, on y accède en prenant la direction de l'aéroport en voiture ou en bus (n° 14 et 16), pour se baigner deux autres belles et longues îles sont accessibles en ferry depuis Olhão : l'Ilha da Culatra et l'Ilha da Armona. L'Océan peut fouetter autant que sur la côte Ouest…

Où sortir ?

Faro :
Derrière ses fortifications, la Cidade Velha est quasi déserte et inanimée en soirée, on guettera cependant un semblant de vie, derrière Sé, à la très agréable Taverna da Sé (Praça Afonso III, 26) qui s'avère être un lieu très plaisant pour boire un verre en terrasse.
Café Aliança. Praça Dr. Francisco Gomes, 7-11. C'est une halte obligée pour les fanas de cafés portugais, ceux qui n'ont pas changé depuis des décennies (à côté une petite épicerie demeure, elle aussi, immuable en vendant une virulente eau-de-vie de figue fabriquée à Faro).
Snack-bar Maktostas. Rua do Alportel, 29. Près du Largo do São Pedro, c'est notre bar préféré à Faro ! Juste un espace de détente assez jeune où l'on peut rencontrer, échanger, lire, jouer (cartes, jeux de société). L'été la terrasse est excellente d'autant plus que l'on peut y apprécier un peu d'air frais et déguster des tostas, ces fameux croque-monsieur (deux tailles) qui se remplissent de tomate, de fromage, de jambon et d'autres bonnes choses.
Dans des sphères différentes, tant au niveau situation qu'ambiance, le Colombus sous les arcades du Jardim Manuel Bívar (au n° 13) est une adresse fédératrice, sur fond de musique électro on se délectera de batidos ou de jus de fruits frais en grignotant petites salades ou sandwichs au pain de campagne.

Loulé :
L'Hotel Quinta do Lago donne des concerts de fado tous les jeudis.
Disco Club Anti Stress. Sitío de São Romão, 340 A, São Brás de Alportel. A une douzaine de kilomètres de Loulé, une clientèle jeune et métissée se la donne bien sur la piste d'un cadre funky, on ne risque pas de se stresser la tête à part peut-être si on abuse excessivement des cocktails tropicaux…

Non sans fierté, on ne manquera pas de vous le dire : Guimarães (Vimaranes) fut le berceau du royaume portugais ainsi que celui d’Alphonse Henriques qui, après avoir lancé la Reconquista contre les Maures, fut reconnu officiellement roi de son nouveau royaume de Portucale en 1143. Bien que les faubourgs de la ville soient une vaste zone industrielle, classé au Patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco son centre historique vivant demeure une mignonne enclave médiévale très bien conservée et surtout très attachante (la praça Santiago et le Largo da Oliveira sont deux petites merveilles). Dynamisée par un pôle universitaire orienté : recherche et nouvelles technologies, Guimarães est aussi une cité à l’ambiance véritablement très sympathique. Difficile de ne pas avoir un gros coup de foudre pour son cœur de ville animé par ses programmations culturelles et festivités d'été. En venant de Porto on croise des campagnes prospères avec des champs de maïs, des terres de vignes à hauteurs d'hommes produisant le vinho verde, des villages fait de maisons de gros blocs de granite, des églises toutes neuves côtoyant des anciennes de style et puis de petites usines et fabriques (comme il y en a de moins en moins dans nos régions françaises) installées dans de petites localités… Signe de bonne santé supplémentaire, Guimarães fait partie des villes accueillant l'Euro 2004 de football.

Points d’intérêt
Museu Alberto Sampaio. Rua Alfredo Guimarães. Ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30. Fermé le lundi et jours fériés. A côté de l’église da Oliveira. Le musée occupe le cloître de Nossa Senhora da Oliveira (XIIIe siècle).
Paço dos Duques de Bragança. Palais des ducs de Bragance. Rua Conde D. Henrique. Ouvert de 10h à 19h, hors saison de 9h30 à 17h. Entrée gratuite dimanche et jours fériés. Il est situé au nord de la ville, à la sortie de la cité historique (la vieille ville).
O Castelo Ouvert de 9h30 à 12h et de 14h à 17h30. Fermé les jours fériés. Le château offre de ses 27 m de haut un beau point de vue sur la ville. La Torre de Menagem, donjon central est une tour carrée à créneaux, bâtie en 1100 par Henri de Bourgogne.
Musée Arqueólogico Martins Sarmento. Rua Paio Galvão. Ouvert de 9h30 à 12h et de 14h à 17h. Entrée : 1,50 euro. Pas grand, mais avec d’intéressantes pièces archéologiques régionales aménagées dans le cloître gothique vestige d'un monastère près de l'Eglise São Domingos.


Où sortir ?
Pastelaria A Medieval. Largo da Oliveira. Pour savourer le charme de la place très médiévale, cette pastelaria dispose d’une terrasse ouverte tard. Idéal pour savourer un bica après avoir dîné à la pousada de Santa Maria de Oliveira, à deux pas sur la même place.
Pastelaria Clarinha. Largo do Toural, 86-88. Depuis plus de 50 ans, c'est la maison des douceurs de la ville où venir pour avoir un bon tour d'horizon des spécialités pâtissières locales : tortas de Guimarães, douradinhas, rochas da Penha…
Une grosse partie de l'activité nocturne se situe dans le cadre fantastique de la Praça Santiago et du Largo da Oliveira (quel cachet !), après on file vers le stade pour finir la noite…
Rock Café. Praça Santiago. Pour avancer dans la nuit… à coups de shots (petit verre d'alcool et liqueur), la spécialité de la maison qui se boit cul sec en se dandinant sur les dernières nouveautés rock et assimilés.



En haut du mont rocheux, le château, ancien palais royal, domine la ville qui s'est construite au pied de cette colline bordée par le Lis, sur la base de la structure médiévale ordonnée par l'ancienne rue Direita… Dans la juiverie près de la cathédrale (débutée en 1550, accolée au Musée d'Archéologie), une des premières éditions portugaises d'œuvres juives est apparue en 1496 : l'almanach Perpetuum d'Abraão Zacuto. Avec un cœur de ville très agréable, Leiria est une jolie cité prospère qui gagne chaque jour en dynamique et d'où l’on pourra rayonner pour des visites de Alcobaça, Batalha, Fátima, Nazaré ou Porto de Mós, sans oublier la grande pinède et São Pedro de Moel. Cette grande agglomération bénéficiant du programme Polis (restaurations et aménagements), nœud de réseau de circulation du pays fait partie des huit villes portugaises accueillant l'Euro de football en 2004, elle vient de se doter d'un stade tout pimpant de 35 000 places qui servira ensuite au Unai le club de la ville.

Points d’intérêt
Château. Castelo. Visites de 9h à 17h30 (18h30 d'avril à septembre), ouverture à 10h le dimanche. Une forteresse polygonale, reconstruite dès 1192 par Sancho Ier, fils de D. Afonso Henriques qui le conquit sur les Maures en 1135. C'est sous le règne de D. Dinis que le château devient résidence royale. L'enceinte comporte la chapelle de Nossa Senhora da Pena ainsi qu'une splendide galerie panoramique utilisée pour des expositions. L'ensemble a été rénové maintes fois au cours des siècles.
Igreja de São Francisco. Rua São Francisco, 27 & 244 834 200. Ouvert du lundi au samedi de 13h à 17h. Cette église édifiée en 1232 vaut le coup d'œil pour un remarquable ensemble de peintures médiévales.

Où sortir ?
Quelques bars sympathiques au Largo Cândido dos Reis et puis :
Cervejaria Camões. Dans le très agréable Jardim Luis de Camões, une terrasse un peu tendance avec de la musique cool, au premier étage Sabor Latina sert des cocktails en soirées sur fond musical America du Sul.
Alinhavar. Largo de Infantaria 7. Assis tranquilou devant la cheminée, on se délasse sur fond de jazz ou de musique irlandaise. Au comptoir cerveja et ginja et même des bols de soupes (caldo verde et sopa da pedra) bien chaudes… Et puis, quelques expos.
Ozono Bar. Largo do Terreiro, Travessa da Paz, n° 10. Musique choisie mais entraînante.



Selon la légende, Lisbonne a été fondée par Ulysse, mais la création de la ville remonte en fait aux Phéniciens qui s’y installèrent il y a quelque 3 000 ans, attirés par son port et la position stratégique de la colline São Jorge. Ils la nommèrent Alis Ubbo, "la rade délicieuse". Ils furent suivis par les Grecs et les Carthaginois, également charmés par la position stratégique et commerciale de Lisbonne. En 205 avant J.-C. vinrent les Romains, qui appelèrent la ville Olissipo. Olissipo devint la ville la plus importante de la Lusitanie. Puis, les Maures s’emparèrent de la ville en 714. Ils fortifièrent la ville, qu’ils appelèrent Lissabona. A partir du Xe siècle, la Reconquista devint réellement effective et, en 1147, les Maures furent définitivement boutés hors de Lisbonne par les troupes d’Alphonse Henriques. En 1255, Alphonse III proclama Lisbonne capitale du pays.
Restaurations, réhabilitations, constructions, aménagements… Lisbonne ne cesse de se transformer en s'épanchant vers le nord et l'est, tout en essayant de détruire les poches de pauvreté et de reloger plus loin.
Cependant elle demeure toujours une des rares capitales européennes où les classes modestes vivent encore dans certains quartiers du centre, mais pour combien de temps encore ? Après des rénovations et de gros chantiers dans la ville basse, s'en suivent des hausses de loyers et un repli inévitable du petit peuple vers les banlieues. Aussi canalisée en son centre, Lisbonne n'a jamais réussi à reproduire autour le sens de l'organisation du papier quadrillé de Baixa, elle peut vite exploser aux coutures lorsqu'on gagne sa périphérie : place à une grande ceinture où la population africaine est installée dans des conditions souvent misérables.
Oui, le centre-ville change, mais c'est encore cet amalgame anarchique d'antique, de petites maisons aux façades pastel ou de salles de bains, d'immeubles abandonnés, de murs où surgissent çà et là une fresque naïve de la Révolution (hélas, il en reste très peu !) et de tout neuf qui fait le grand intérêt et le charme profond de Lisbonne. Souvent incohérente et indisciplinée la capitale trahit un esprit de résistance vif, ici on ne copie pas, on s'adapte tout au plus mais sans se laisser embobiner !
Dans une grande ville qui fonctionne encore comme une ville de province, les Lisboètes sont peut-être indécis et tranquilles à l'image de l'écrivain Fernando Pessoa, dont l'ombre plane encore sur la ville, mais ils sont avant tout de grands rêveurs aussi bien attirés par l'attrait du passé que gourmands des dernières nouveautés.
Multiple et cosmopolite ce melting-pot de population fait aujourd'hui la force de Lisbonne qui s'achemine vers un métissage même si les mélanges ne se font pas vraiment encore ! Mais, quelle merveille pour les yeux et les oreilles que ses visages et accents de toute la planète lusophone !
Ville ultra-touristique s'il en est, avec ces dernières années un accroissement considérable du tourisme d'affaires, des séjours de golfeurs et des escales de croisières de luxe, Lisbonne, dont les projets (casino, musée de la haute couture, nouvel aéroport) ne manquent pas, demeure une destination qui a les faveurs des longs week-ends vacants tout au long de l'année. Cette ville pleine de paradoxes nous plaît toujours autant, une fois découverte elle hante notre cœur jusqu'à notre retour !

Points d’intérêt
Le Rossio et la Baixa. Les quartiers les plus typés et les plus intéressants de Lisbonne, ceux qui constituent son cœur historique, sont situés au sud, près du Tage. Un séjour à Lisbonne commence inévitablement par le Rossio, ou la praça D. Pedro IV (on dit que c'est sa chevelure rousse qui aurait donné son nom à la place). Cette large place est le poumon de la ville. La population s’y mélange dans le vacarme ininterrompu de la circulation : ici, le grand prix du Portugal se dispute tous les jours
Au sud du Rossio, de longues rues tirées au cordeau mènent à l’imposante praça do Comercio, qui borde le Tage. C’est la Baixa, la ville basse, reconstruite par le marquis de Pombal après le tremblement de terre de 1755. Commerces et administrations occupent les grands immeubles construits d’après les normes antisismiques… de l’époque.
La rua Augusta, entièrement piétonne, est particulièrement appréciée des Lisboètes. La praça do Comércio, également appelée Terreiro do Paço (l’esplanade du palais), a été reconstruite, après le tremblement de terre, sur les décombres de l’ancien palais royal édifié pour Dom João Ier. La statue équestre de ce dernier occupe le centre de la place. L’arc de triomphe arbore les allégories des trois grands fleuves portugais : le Tage, le Douro et le Mondego.
Les élégantes bâtisses de la place du Commerce abritent la Bourse, des ministères et quelques administrations.
A quelques blocs à l’ouest de la praça do Comércio se situe la gare de Cais do Sodré et, presque en face de celle-ci, un peu plus à l’ouest, le marché da Ribeira, grouillant de vendeurs de fleurs, de fruits, de légumes, de poissons… Le spectacle, tôt le matin, est vraiment réjouissant.
Au nord du Rossio se trouve la praça dos Restauradores. Son nom rappelle le soulèvement populaire de 1640 contre la domination espagnole, un soulèvement qui contribua à restaurer l’indépendance du Portugal. L'axe majeur de la ville, l'avenida da Liberdade, une version provinciale des Champs-Elysées, relie la ville basse aux grandes avenues du Nord. Au début du siècle, les dames huppées de la ville aimaient à s’y promener le dimanche.
Museu Etnografico. Rua das Portas de Santo Antão 100 (Restauradores). Ouvert lundi, mercredi et vendredi de 11h à 13h et de 15h à 18h. Propose une intéressante collection d’art africain, réunie au cours des expéditions en Afrique et au Brésil notamment.
Thermes romains. Rua da Prata. Constitués de différentes galeries où s'attardent quelques vestiges d’architecture romaine, ces thermes, datant probablement du Ier siècle après J.-C., se présentent sous la forme d’énormes bassins.

Chiado et Bairro Alto
Ces deux quartiers, qui surplombent à l’ouest le centre-ville, résument le mythe attaché à Lisbonne. Théâtre des errances de Fernando Pessoa, le célèbre poète portugais, le Chiado (qui doit son nom à un poète du XVIe siècle) – surtout sa rua Garrett – a un petit air années 1930 plein de charme. Les immeubles détruits par l’incendie de 1988 ont été presque tous reconstruits dans leur style d'origine, sous la direction de l’architecte Alvaro Siza Vieira.
Situé plus haut, le Bairro Alto (Quartier haut) forme un monde à part. Le Lisbonne "branché" a pris d’assaut son lacis de ruelles, installant ses bars et ses boîtes de nuit jusque dans les moindres recoins. L’après-midi, c’est un village ; le soir, on se croirait aux Halles ou au Quartier latin.
Musée archéologique (dans le Monasteiro do Carmo). Largo do Carmo à Sé (Chiado). Ouvert du lundi au samedi de 10h à 17h (18h en été), sauf les jours fériés. Tram n° 28, elevador Santa Justa. Le musée archéologique (longtemps fermé ces derniers mois pour travaux), c’est sans doute le petit plus de l'église du Carmo dans laquelle il est installé, et l’église du Carmo, c’est le cœur à ciel ouvert de Lisbonne. De cette église, bâtie au XVe siècle, ne restent que les ruines… mais quelles ruines !
Igreja de Sao Roque (église et musée São Roque). Largo da Trindade Coelho (Bairro Alto). Métro Baixa-Chiado, puis elevador da Glòria. Ouvert de 10h à 17h, fermée le lundi. Bâtie à la fin du XVIe siècle, l'église Sao Roque appartenait à la Compagnie de Jésus. Seule la chapelle São Baptista mérite d'être visitée.

Alfama, Graça, Mouraria
A l’est de la Baixa, l'Alfama est l’endroit le plus pittoresque et le plus symbolique de la ville. Ancien quartier maure (Alfama vient de l’arabe "alhama", qui signifie source thermale), ce dernier refuge du Lisbonne populaire offre un fantastique dédale d'escaliers et de ruelles. Ses habitants d'autrefois, les aristocrates maures, y avaient construit leurs palais d’été, qui furent remplacés par des couvents, des hôpitaux et des églises après la conquête chrétienne de 1147. Délaissé par les aristocrates à la suite du séisme de 1755, le quartier s’est peuplé de marins, de pêcheurs et d’ouvriers. De cette époque date l’Alfama populaire.
Le visiteur d'aujourd'hui ne saurait être déçu par ce quartier diablement emblématique. De l’odeur des sardines grillées ambiante à l’exubérance des enfants jouant, en passant par les règlements de compte – stridents – des mégères, tout y est. L’ennui, c’est certain, n’a pas installé ses pénates à Alfama ! En remontant, on accède au Castelo São Jorge, lieu moins amusant mais plus propice aux conversations romantiques ou à la méditation, et d'où l'on a une vue magnifique et imprenable sur Lisbonne.
Castelo São Jorge. Largo do Chão da Feira. Tram n° 12, 38, bus 37. Ouvert d’avril à septembre tous les jours de 9h à 21h, d’octobre à mars tous les jours de 9h à 18h. Entrée libre. Du dédale de ses remparts, qui datent en partie des Wisigoths, il offre LE regard sur la ville – et son symbole : le Rio Tejo, le Tage omniprésent. Quel que soit le chemin de ronde de la promenade, le fleuve lisse et impassible veille. On saisit mieux alors les architectures de la ville : de l’Alfama au pied du château aux lointains quartiers futuristes, ou encore au pont suspendu.
Le cœur, c’est peut-être la présence, à ciel ouvert, des ruines de l’église du Carmo… Mais ce château, qui servit de résidence royale de D. Dinis à D. Manuel, est également un lieu de promenade délicieux : jardins, bassins où paressent quelques cygnes, paons… Et le Tage partout, tout autour. Le château, occupé par les Wisigoths au Ve siècle, fortifié par les Maures au IXe, servit à plusieurs reprises de centre militaire, gouvernemental et administratif du Portugal.
En 1940, Salazar ordonna la destruction de tous les ouvrages post-manuélins. Tel qu'il nous apparaît aujourd’hui, avec ses tours et ses remparts intégrant d'anciennes pierres récupérées, le Castelo est quasiment une œuvre de Salazar, terrifiant non ! Le château a encore refait peau neuve très récemment avec des matériaux originels.

Le Rato et la Lapa
Situé à l’est du Bairro Alto, la Lapa est un quartier résidentiel très chic qui rassemble le musée d’art ancien, la résidence du Premier ministre et la plupart des ambassades. L’animation du centre-ville est ici bien loin, mais il ne faut pas s’y tromper : à partir du jeudi soir, l’avenida Vinte Quatro de Julho, qui longe le Tage et ferme le quartier au sud, se métamorphose.

Belém
Belém, dont le nom est une contraction de Bethléem, occupe la partie occidentale de Lisbonne qui s'étend au bord du Tage. Le quartier s'enorgueillit de trois monuments parmi les plus importants de la capitale : le monastère dos Jerónimos, la tour de Belém et le Monument des Découvertes.
Torre de Belém (tour de Belém). Praça do Torre Sâo Vicente de Belém. Tram n° 15, bus n° 27, 28, 29, 43, 49, 51, train de Cais do Sodré (ligne Cascais, arrêt à Belém). Ouvert en hiver de 10h à 17h, en été de 10h à 18h30. La tour de Belém, construite entre 1515 et 1521, à l'époque de Manuel Ier, se dressait jadis au milieu du Tage, d'où elle surveillait et défendait le port de Lisbonne. Le raz-de-marée qui suivit le tremblement de terre de 1755 ayant totalement ensablé cette zone, la tour s'est retrouvée échouée en bordure du fleuve.
Mosteiro dos Jeronimos (monastère de Jeronimos). Praça do Império Tram n°15, bus n°27, 28, 29, 43, 49, 51, train de Cais do Sodré, ligne Cascais (arrêt Belém). Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h en hiver, et jusqu'à 18h30 en été. Le monument manuélin le plus imposant, le plus remarquable architecturalement, et souvent pris dans une belle lumière qui fait resplendir sa blancheur. Il est bâti sur l’emplacement d’une chapelle autrefois conçue sous Henri le Navigateur.
Padrão dos Descobrimentos (Monument des Découvertes). Avenida de Brasilia. Tram n° 15, bus n° 27, 28, 29, 43, 49, 51, train de Cais do Sodré (ligne Cascais, arrêt à Pedrouços). Ouvert du mardi au dimanche en juillet et août de 9h à 19h, de septembre à juin de 9h à 17h. Fermé les lundis. Construit en 1940 pour l’Exposition du monde portugais, ouvert au public en 1960 pour le 500e anniversaire d'Henri le Navigateur, c'est un ouvrage imposant mais dans le plus pur style du réalisme socialiste.



Linguistiquement, Porto est le berceau de la nation. Au temps des Romains, un village lusitanien du nom de Cale, installé sur la rive gauche du Rio Douro, était un point de passage important sur la route de Lisbonne à Braga. Le trafic augmentant, un autre village, du nom de Portus, s’établit sur la rive opposée du Douro. Portus-Cale devint la capitale du comté de Portucalia, celui-là même qu’Henri de Bourgogne reçut en dot lors de son mariage avec Teresa, la fille d’Alphonse VI, roi de León. C’est à partir de ce comté que leur fils Alphonse Henriques lança la Reconquista contre les Maures. Après avoir remporté la bataille d’Ourique, en 1139, il établit un royaume indépendant qui prit le nom de Portucalia, origine du mot Portugal.
La ville des ponts est très différente de sa concurrente de toujours, Lisbonne (elle aussi articulée près d'un grand fleuve et à quelques encablures de l'Océan…), son fort caractère à la fois rebelle et conservateur fait que l'on ne pourra pas dire connaître le Portugal sans être également parti à sa rencontre. Peut-être plus austère à cause de l'utilisation du granite pour certains de ses murs et du climat du nord, mais colorée à souhait avec son centre classé au Patrimoine de l'humanité par l'Unesco. En 2001, Porto fut capitale européenne de la culture. Pour l'occasion, la deuxième ville du pays a multiplié les restaurations et ravalements de façades ainsi que de multiples travaux pour pouvoir accueillir dignement l'Euro de football 2004. Depuis a été inauguré le métro (en progression de terrain constante) et de nouveaux lieux de sorties modernes sur les berges du Douro face à Ribeira redonne du souffle à la nuit portuense.

Points d’intérêt
Pour les Steppenwolf, impressions d’autrefois. La ville est comme coupée en deux. En bas, près du fleuve, le Douro, c’est l’étrangeté. Un autre continent commence, en quelque sorte : quelque chose de l’Amérique latine mâtinée d’Italie… Le règne de la rue, mais un règne sauvage, libre. L’éducation de la rue, comme on dit… Myriades d’enfants partout… courant partout, jouant partout, grimpant partout. Dans de petites ruelles sombres, étroites, très rapprochées, maisons de 4 ou 5 étages qui presque se toucheraient, avec, aux balcons, du linge, l’éternel linge de toute la famille. Mais peut-être plus que le linge, une grande partie de la vie : cages d’oiseaux, ventilateurs, miroirs, fleurs… Bas de la ville incroyablement construit, tortueux, tout en pente, en équilibre, en déséquilibre, aux couleurs délabrées… Il y a de manière évidente, qui saute aux yeux la première fois (après, on s’habitue), quelque chose de brutal : on perçoit la brutalité des rapports, la brutalité de la réalité : une brutalité extériorisée. Los Olvidados de Buñuel ?
Mais le point de vue à partir de la Vila Nova de Gaia est suffisamment magnifique pour réduire le grouillement intense – après avoir traversé le pont – à une vision de carte postale. Il semble que la population de ce quartier du Ribeira n’en sorte jamais : comme une enclave vivant en autarcie.
Musée d’Art Contemporain - Fondation Serralves. Rua D. João de Castro. Fermé le lundi. Ouvert de 10h à 19h (20h en été), le jeudi de 10h à 22h. Entrée gratuite le dimanche. Bus n° 3, 19, 21, 30, 35 et 78. La fondation Serralves est sans aucun doute l’un des lieux les plus élégants d’Europe où s’exposent les grands noms de l’art contemporain (au hasard, en 1990 : Gilberto Zorrio ; en 1991 : Tapiès). Dans une magnifique demeure d’inspiration Bauhaus, les œuvres sont accrochées avec tout le savoir-faire et la réflexion de la plus récente muséologie : clarté, information, espace.
Sé. Terreiro da Sé. Ouverture tous les jours de 9h à 12h30 et de 14h30 à 17h30. La cathédrale possède deux fortes tours carrées et crénelées du XIIe et une belle rosace sous laquelle se greffent deux piliers gothiques assez peu heureux. A l’intérieur, dans le transept gauche, une chapelle abrite un autel massif en argent ciselé.
Palais de la Bourse. Rua Ferreira Borges. Visite tous les jours de 9h à 13h et de 14h à 18h, en été de 9h à 19h. Bus n° 1, 57 et 91. A voir pour la curiosité qu’est le salon arabe. Immense salle décorée de boiseries et stucs de style mauresque.


AIR FRANCE

119, avenue des Champs-Elysées
75008 Paris
Renseignements-réservations
(8h-21h) au 0820 820 820
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Au départ de Roissy Charles de Gaule, la compagnie assure 6 vols directs par jour pour Lisbonne, compter 2h35 de vol. Il existe également trois liaisons quotidiennes Paris-Porto sans escale, le vol dure environ 2h10.

AIR LUXOR
124, avenue Victor hugo
75116 Paris
Renseignements-réservations
au 0820 822 300
www.airluxor.com
Air Luxor assure deux vols quotidiens directs au départ de Paris – Orly vers Lisbonne (2h10) de vol et 1 vol quotidien direct vers Porto (2h de vol).

TAP AIR PORTUGAL
23, boulevard Poissonnière
75002 Paris
Renseignements au
0 820 319 320 ou 0 810 810 823
infofrance@tap.pt
www.tap.fr
La compagnie nationale du Portugal assure évidemment de nombreux vols en direction de sa capitale : Lisbonne. De Paris Orly, 4 vols sont proposés chaque jour. Ce sont des vols directs et le trajet n’est que de 2h20. Egalement 3 vols directs par jour Paris-Porto. En haute saison, la fréquence des vols peut encore augmenter. Au départ de Lisbonne, Air Portugal assure des liaisons avec Faro, les Açores et Madère.


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Les Portugais sont très attachés à la politesse. N’oubliez pas de dire bonjour (Bom dia pour le matin et Bom tarde pour l’après-midi), s’il vous plaît (faz favor) et merci (obrigado pour les hommes et obrigada pour les femmes).
Ne soyez pas surpris le crachat est de mise au Portugal. Exécutée de manière désinvolte encore dans les lieux publics, cette pratique tend (heureusement !) à disparaître.
Trois clubs de football, Futebol en portugais occupent toutes les discussions portugaises : FC Porto, Sporting et Benfica. Le journal portugais consacré au football, A Bola, est l’un des quotidiens les plus vendus au Portugal. L’Euro 2004 sera une occasion de plus de parler football !
Surtout préférez l’emploi du français à celui de l’espagnol pour communiquer. La rivalité ancestrale entre Portugais et Espagnol n’est pas qu’une légende ! Le tempérament ambiant des locaux est d’ailleurs plus proche de celui des Français que celui de leur voisins espagnols.
Le Portugal est réputé pour le fado. Le fadista (chanteur ou chanteuse) est accompagné d’un ou deux joueurs de viola (la viola est une guitare à douze cordes). La chanteuse la plus connue est Amalia Rodrigues (1920-1999). Elle a permis la propagation du fado dans le monde entier.


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