Égypte : MOTS CLES
Administration
Sans doute le premier employeur du pays, l’administration publique est tentaculaire. Son inertie a été parodiée dans le célèbre film El-erhab weel-kebab, ou bien Terrorisme et kebab, avec Adel Imam, qui en fait un classique du film comique égyptien.
Alexandrie
La ville créée par Alexandre le Grand, en 332 av. J. C. est considérée comme la deuxième capitale de l’Egypte. Sa splendeur fut écartée par celle du Caire. Depuis 1998, le dernier gouverneur d’Alexandrie multiplie les initiatives pour rendre à sa ville son charme légendaire ; l’ouverture de la Bibliotheca Alexandrina, en tant que centre culturel tourné vers le monde, participe au renouveau d’Alexandrie.
Amours
Pour obtenir l’autorisation des parents, la fiancée doit apporter une dot et le mobilier de la maison, tandis que le fiancé est responsable du logement. Beaucoup de couples peu argentés sont ainsi condamnés à rester fiancés pendant dix ou quinze ans avant d’avoir pu amasser un pécule suffisant. En attendant, les rencontres se font dans les lieux publics, sous les arbres à lianes bordant la corniche du Nil.
Bakchich
Le bakchich c’est d’abord le pourboire auquel on pense, récompensant un service rendu. C’est aussi une autre façon de « pratiquer » l’aumône en donnant un stylo, un bonbon, un petit billet, à quelqu’un qui n’a que ses yeux à offrir et sa main à tendre. Il n’y a pas de règle en la matière, sinon qu’il n’y a pas d’obligation.
Café
Ou Qahwa en arabe qui a donné naissance à notre « kawa ». Il en existe à tous les coins de rues. Lieu de sociabilité on y parle politique, on joue aux dominos ou au tric trac, on y sirote café à la cardamome ou thé souvent très sucré. On y fume aussi la chicha. La jeunesse boude ces « Qahwa baladis » (populaires) et préfère les lieux plus occidentalisés où le capuccino est roi.
Chat
La déesse Bastet, très populaire à l’époque pharaonique, a toujours l’affection des Egyptiens. Le pays regorge de chats, souvent des chats de gouttière, qui vont leur vie au gré des restes laissés par le voisinage. La mode des animaux domestiques est peu développée en Egypte, encore moins pour le chien, considéré comme animal impur, juste après le porc.
Chicha
On ne fume pas de narguilé en Egypte, on « boit une chicha » pour reprendre la terminologie de l’arabe dialectal du pays. Il y a seulement dix ans de cela, les amateurs avaient le choix entre deux saveurs : mélasse ou pomme. Depuis, une explosion de parfums embaume les cafés du pays : abricot, melon, cerise, fleurs, cappucino, ou bien encore cola…
Cinéma
L’Egypte a été le berceau du septième art au Moyen-Orient. De nombreux classiques, qui ont été tournés en Egypte, ont essaimé dans l’ensemble des pays arabes, concourant au rayonnement culturel du pays, ainsi qu’à la propagation de l’arabe dialectal égyptien. Les noms les plus connus du cinéma ne sont pas qu’Omar al Charif et Youssef Chahine ; Yousri Nasrallah qui a fait parler de lui en 2004 à Cannes pour son film Babel-Chams, ou Porte du soleil.
Classe sociale
Chacun porte sur soi le milieu auquel il appartient, et s’y tient, avec fierté. L’ascension sociale est rare en Egypte. Comme dans tous les pays en développement, le luxe est visible, et il contraste face à la pauvreté la plus extrême. Mais la charité est très développée, fondée sur des principes religieux très forts, notamment au moment du ramadan et des principales fêtes religieuses, où les plus fortunés distribuent nourriture et vêtements aux plus démunis.
Droit du sang
En matière de filiation, l’Egypte défendait le droit du sang jusqu’à une loi appliquée en 2004. Les enfants issus de familles mixtes, dont la mère était égyptienne et le père étranger, ne bénéficiaient pas de la nationalité égyptienne, entraînant une série infinie de conséquences administratives, scolaires, financières. La nouvelle législation mise en place a permis un grand nombre de recours administratifs concernant notamment des enfants de la diaspora palestinienne réfugiée en Egypte.
Eau
Si, assis à la terrasse d’un café, un passant désigne le verre d’eau qui est posé devant vous, répondez-lui « ‘It fatdal ! » (je t’en prie), ce qui l’invitera à le boire. L’eau, élément naturel en surabondance dans le pays, reste encore un bien qui s’offre. L’eau des villes est saine, ce que viendra confirmer son goût légèrement chloré. Pourtant, depuis 1999, l’eau se met de plus en plus en bouteille pour devenir la coqueluche de toute la société chic.
Égyptomanie
Cette passion française qui s’est développée au XIXe siècle en même temps que la tendance orientaliste, remonte pourtant à des temps plus anciens : les voyageurs occidentaux affluèrent dès le XVIe siècle. Bien entendu, c’est après l’expédition de Bonaparte (1798 1801) que le développement de l’attrait français pour le pays explosa : les ébénistes de Napoléon Ier créèrent le style « retour d’Egypte ».
Encens
L’encens des thuriféraires ambulants est un enchantement olfactif : ceux-ci apportent pour la valeur d’une piécette trouée, dans un épais nuage blanchâtre, une bénédiction vespérale avant que les chalands, sortis de leur sieste revigorante, ne se poussent entre les comptoirs des échoppes ainsi parfumées.
Femme
Les femmes égyptiennes n’ont pas, et de loin, un statut égal à celui des hommes. La manifestation la plus brutale de cette oppression est certainement l’excision qui, aujourd’hui encore, concerne près de 90 % d’entre elles. La loi, et notamment le droit de la famille, demeure aussi inégalitaire. Pourtant le féminisme a une longue histoire sur les bords du Nil. Hoda Sharawy, Doreya Shafiq, Nawalel-Saadawi et bien d’autres se sont battues et se battent encore pour les droits politiques, sociaux et personnels de leurs pareilles.
Foul
C’est le nom du plus traditionnel plat d’Egypte. La base en est simple : des fèves laissées à tremper une nuit dans de l’eau mélangée à du bicarbonate de soude, ensuite mises à mijoter dans une marmite à col resserré. On y ajoute de l’huile d’olive, des œufs sur le plat, de la « basterma » (viande de bœuf séchée à l’arménienne) ou de la « tahina » (crème de sésame). On le déguste soit dans une assiette, soit en purée dans un petit pain sans levain.
Habibi
« Mon chéri ! », est l’une des expressions les plus employées dans le langage quotidien, la poésie et les chansons: il désigne à la fois une femme et un homme. Parmi les mots tendres certains viennent de la même racine : « Habib qalbi », ami de mon cœur ; « Hobi », mon amour. On entend aussi : « Hayati », ma vie ; « Nurel-ayeni », lumière de mes yeux… Et autant de déclinaisons que la langue arabe permet de créer, à l’envi.
Interdits
Avec plus de subtilité et de discrétion que les voies en sens interdit, empruntées sans vergogne par les automobilistes, les plus grands interdits sociaux peuvent être contournés, à condition que rien ne transpire. Ces interdits touchent bien évidemment aux questions sensibles de sexualité.
Internet
Le pays est loin d’être en retard en matière d’Internet et d’informatique, de connexion Wi-fi gratuite dans certains cafés et restaurants. La population utilise quotidiennement ces outils. Chatter est devenu une habitude de tous les jours pour beaucoup de jeunes et de leurs aînés qui y trouvent leur compte. D’un point de vue politique quelques blogs égyptiens se permettent d’aller bien plus loin que la presse classique.
Khamsin
Désigne la saison du mois de mars au mois de mai pendant laquelle les tempêtes de sable s’abattent sur le pays, obscurcissant le ciel d’un brouillard jaune, accompagné d’une montée de chaleur de presque dix degrés. La tempête est immédiatement suivie d’un rafraîchissement de l’atmosphère et de fortes averses.
Kitsch
De nombreuses brocantes regorgent de meubles et d’objets kitsch, au premier rang desquels le style « Louis Farouk » (du nom du dernier roi d’Egypte), mélange de Louis XV, d’entrelacs baroques, de damas chargés et d’indigestion de dorures. Le fin du fin consiste à couvrir les tapisseries d’un épais film de plastique transparent, afin de les conserver intactes pour les héritiers.
Loi d’urgence
Depuis l’assassinat par l’organisation des frères musulmans du président Anouarel Sadate, en 1981, la lutte contre l’islamisme a pour fondement constitutionnel la loi d’urgence qui a accordé tous les pouvoirs au chef de l’Etat. Le pays vit donc depuis 1981 sous un régime d’exception, et a donné aux autorités policières et militaires autant de latitudes qu’elles en avaient besoin pour éradiquer la tentation islamiste.
Maalesh
On emploie cet idiome au détour de nombreuses phrases : « Maalesh, il me faut te dire que… »; comme précaution oratoire, « Je n’ai pas fini mon travail, mais maalesh, demain… »; comme réduction de l’importance de la faute, « J’en conviens, c’est difficile, mais maalesh… »; comme expression de résignation « Que faire face au « grand maalesh ? ».
Misr
Cela signifie « Egypte » en arabe, mais son usage convient aussi à désigner Le Caire ; d’où confusion, parfois, dans la conversation. Le Caire ne représente pas toute la diversité du pays ; on est très fier de ses origines.
Nil
A part dans quelques oasis perdues dans les déserts d’Egypte, c’est le long du Nil que s’agglomèrent les 80 et quelques millions d’habitants, sur des terres agraires représentant 4 % de la superficie totale du pays. Le Nil, fleuve porteur de vie, a apporté richesse au pays pendant des millénaires, lors des nombreuses crues qui venaient déposer sur les terres agricoles le limon fertile.
Pain
L’arabe dialectal égyptien a choisi la même racine, le même mot pour désigner la vie et le pain : « eïch ». Il est exact que le pain demeure, pour beaucoup, l’aliment de base vital. Le pain fait partie des denrées subventionnées par l’Etat ; une augmentation de son prix tournerait à l’émeute.
Papyrus
Si les messages diplomatiques étaient inscrits sur des tablettes d’argile, le papyrus servait d’avantage à l’écriture des textes sacrés ou poétiques de l’Egypte ancienne. Composée de lamelles végétales posées les unes sur les autres, que vient coller l’amidon naturel qui s’en échappe, la feuille de papyrus est jaune ou brune.
Piston
On dit « koussa » en dialectal égyptien. Avoir recours à ces interventions est courant, pour récupérer son permis confisqué, pour inscrire son enfant dans une école prestigieuse, pour obtenir une place sur un vol.
Portier
C’est le métier le plus développé en Egypte : à chaque immeuble est associé son « bawab », d’origine nubienne pour la plupart d’entre eux, vêtu d’une galabeiah et d’un turban. Il garde l’immeuble, chasse les importuns, monte les courses, nettoie l’escalier, a des yeux et des oreilles partout jusque dans les appartements.
Pyramides
Cet édifice emblématique de l’Egypte représentait, dans la théologie ancienne, le symbole de la création du monde : les Egyptiens croyaient qu’un tertre de terre, par la volonté du verbe des dieux, avait émergé du néant liquide, appelé « noum primordial » ; du sommet de ce tertre avait alors jailli la lumière, Ra, dieu créateur de toute vie. On dénombre plus d’une centaine de pyramides sorties des sables. Il y en a sans doute plus ; les archéologues sont à pied d’œuvre.
Religion
Croire est une affaire tant privée que publique : prière du vendredi, messe du dimanche, appel à la prière chanté cinq fois par jour par le muezzin, condoléances semi-publiques données sous des tentes dressées dans la rue, la religion est aussi inscrite sur les documents officiels. C’est l’expression d’un peuple qui place son existence dans les mains de Dieu auquel il croit, si Dieu le veut, « Inch Allah ! »
Superstition
L’œil oudjat d’Horus, qui fut l’une des amulettes les plus répandues en Egypte ancienne, n’est plus en vogue aujourd’hui. Les superstitions sont pourtant vivaces. Le mauvais œil est toujours craint. Pour s’en prémunir, quelques petits sacrifices – appelés « fadwa » – ont encore lieu.
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