Sénégal : MOTS CLES
Animisme
L’animisme, ou plutôt les religions traditionnelles comme dans beaucoup de pays de l’Ouest africain, traduisant une cosmologie très développée. Nombreux sont les Sénégalais, musulmans ou chrétiens déclarés, qui ont adopté des éléments de ces religions traditionnelles – qui varient selon les ethnies – et que l’on retrouve dans leur quotidien.
Antilope-cheval (ou antilope chevaline)
C’est grand comme un cheval, ça a une crinière comme un cheval, et pourtant c’est une antilope, avec de longues oreilles et des cornes recourbées. Au Sénégal, on dit « Koba ».
Arachide
Elle est partout : grillée et salée en apéritif, caramélisée en en-cas dans l’après-midi, en sauce avec du bœuf ou du mouton. Elle sert à tout, de l’huile au savon jusqu’au tourteau servant d’aliment-bétail.
Baobab
Un des emblèmes du Sénégal (avec le lion), cet arbre mystérieux connu pour sa silhouette unique, genre de pachyderme végétal, semble avoir poussé à l’envers. Les forêts de baobab du Sénégal, parmi les plus vastes au monde, sont classées au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco.
Bana-bana et Baol-Baol
Le bana-bana est un marchand ambulant. Un Baol-Baol, c’est un commerçant qui a une place fixe. Il a son étal, sa « cantine », son kiosque ou sa boutique principalement sur les grandes artères de Dakar et les grands marchés.
Baye Fall
Les « Baye Fall » sont des disciples au service exclusif d’un marabout mouride. Les Baye Fall sont censés consacrer entièrement leur vie et le produit de leurs activités (mendicité et travaux agricoles notamment) à leur marabout qui, en contrepartie, prie pour eux, les soustrayant ainsi à toute obligation de prière et rituel religieux.
Bissap
Le « bissap » est une plante dont les fruits et les feuilles sont utilisés dans la cuisine et la médecine traditionnelle. Il en existe deux types, qu’on distingue par la couleur de leurs fibres : le rouge, et le vert (ou blanc). Le bissap rouge, qualifié par certains de « vin sénégalais », est consommé à travers le pays principalement en jus.
Car rapide
Minibus assurant le transport en commun dans les zones urbaines et péri-urbaines, laissant généralement le transport interurbain et la destination Sénégal profond à son cousin minibus « Ndiaga Ndiaye ».
Cases à impluvium
Ces cases traditionnelles caractéristiques de l’habitat diola, construites à l’origine en banco (pisé), sont particulièrement visibles en Casamance. Leur toit en paille, construit en entonnoir, donne sur un bassin placé dans la cour, au centre de ces habitations circulaires.
Cauris
Ancienne monnaie africaine, ces petits coquillages ont aujourd’hui d’autres utilisations : parures, décorations et objets de divination. On pratique l’art divinatoire avec les cauris après les avoir jetés et en observant leur position les uns par rapport aux autres.
Cola
Cette noix au goût amer est très commune au Sénégal, comme dans nombre de pays ouest-africains. On « présente des colas » pour demander la main d’une fille, on « partage les colas » pour les fiançailles, on l’offre aux « anciens » pour faire amende honorable après une mauvaise conduite…
Confrérie
Après l’ethnie, l’appartenance à une confession religieuse dicte l’identité d’une personne. Les confréries représentent en quelque sorte le clergé de l’islam, chacune ayant ses priorités dans leur interprétation du Coran. Les tidjanes ont tendance à « emphaser » un mode de vie très saint, et les mourides mettent en avant l’importance du travail.
Coxeur
Rabatteur de clients dans les gares routières et aux arrêts de « cars rapides » et « Ndiaga Ndiaye ». Il vaut mieux surveiller ses poches lorsqu’on a plus d’un coxeur autour de soi.
Dibiterie
La « dibiterie », c’est là où l’on peut acheter à emporter ou manger sur place du « dibi », de la viande grillée. C’est généralement du mouton, mais cela se décline aussi selon les zones et les disponibilités : du bœuf, du poulet, du porc et même du crocodile.
Disquette
La « disquette » correspond, on va dire, à une fille sculptée selon les canons de la beauté occidentale. Et qui se vêt souvent comme une danseuse lascive d’un clip de musique américaine ou une femme fatale de séries télévisées.
Drianké
La « drianké », mot wolof, désigne une femme ronde qui sait faire tourner les têtes rien que par sa démarche. Une drianké sait donc mettre en valeur son « opulence » par une fausse indolence.
Encourager
« Il faut m’encourager, waï ! ». Quand vous entendez cette expression, c’est qu’on attend de vous un petit billet en contrepartie de ce que vous demandez…
Fatou
Diminutif de Fatoumata. C’est l’un des prénoms féminins les plus répandus au Sénégal.
Gazelle
La « Gazelle » est le nom de cette bière sénégalaise servie en grand volume. On lui préfère souvent la Flag, au goût jugé plus fin. Mais la gazelle, c’est aussi un compliment pour les filles et jeunes femmes, autant que « beauté ».
Gris-gris
Les marabouts, guides spirituels d’obédience musulmane, ou les féticheurs sont de grands pourvoyeurs d’amulettes ou de talismans censés porter bonheur ou protéger. Ces gris-gris comportent souvent des versets du Coran lorsqu’ils sont fabriqués ou prescrits par un marabout, et divers autres ingrédients lorsqu’ils le sont par des féticheurs.
Harmattan
Vent sec venant du Sahara et chargé de sable très fin, l’harmattan souffle généralement sur le Sénégal durant la saison sèche, de décembre à avril. Le reste de l’année, ce sont les alizés, vents plus humides venus de la mer, qui caressent le pays.
Hivernage
L’hivernage (saison des pluies) vient au Sénégal comme une palette de couleurs sur une toile. Le jaune se transforme en vert, un vert franc particulièrement impressionnant à voir dans les parties arides, telles Saint-Louis, ou dans la savane du pays bedik, dans le Sénégal oriental.
Indépendantiste (ou rebelle)
Le terme a été longtemps utilisé pour les membres du Mouvement des Forces Démocratique de Casamance (MFDC), qui a déclenché une rébellion indépendantiste armée en décembre 1982. Les combats entre les « rebelles » et les militaires sénégalais ont été sanglants et meurtriers. Un accord de paix a été signé fin décembre 2004.
Kinkeliba
Le « kinkeliba » est un arbuste généreux avec les Sahéliens qui le prisent pour ses nombreuses propriétés. C’est bon contre la constipation, bon pour le tube digestif et l’appareil urinaire, ça agit sur le foie, ça facilite l’évacuation de la bile, entre autres vertus… Le long des routes, en brousse, il est proposé séché, et vendu en bottes.
Leumbeul
Une danse féminine qui met en scène mouvements de postérieur, déhanchements osés, trémoussements suggestifs du bassin… Les reines de cette « ode à l’audace », pourrait-on dire, ce sont les femmes laobé, une caste de l’ethnie peule traditionnellement spécialisée dans le travail du bois.
Lion
Un des emblèmes du Sénégal, avec le baobab. Les lions existent encore dans le pays et sont même les plus gros d’Afrique. Malheureusement, ils sont de moins en moins nombreux. Les derniers vivent dans la zone du Parc national du Niokolo Koba, et en voir un est plutôt signe de chance.
Magal
En wolof, « magal » signifie rendre hommage, célébrer, magnifier. Plus couramment, ce terme sous-entend « magal de Touba », qui est le grand pèlerinage annuel des mourides. Ce rassemblement commémore le départ en exil au Gabon du fondateur de la confrérie mouride, Cheikh Amadou Bamba, le 12 août 1895.
Modou-Modou
De Modou, diminutif du prénom Momodou. Un « Modou-Modou » désigne un émigré sénégalais se livrant généralement au petit commerce. A l’instar des Baol-Baols, les Modou-Modou sont pour la plupart originaires du Baol (centre) et sont mourides.
Ornithologie
Le Sénégal est un vrai paradis pour les oiseaux et un vrai bonheur pour ceux qui prennent le temps de les observer. Dans le Nord, le Parc national du Djoudj est l’une des plus grandes réserves ornithologiques du monde. Première zone humide pour les oiseaux migrateurs européens après leur traversée du désert du Sahara, de grandes colonies viennent s’y reposer.
Palabre
La palabre est un art de vivre. C’est le remède (médical) à tous les problèmes, et une bonne façon de faire passer le temps sous un grand arbre lorsque le soleil tape fort au milieu de la journée. La palabre devient « tchatche » lorsqu’il est question de marchander, négocier… ou embrouiller.
Pêche
La pêche est, avec le tourisme, l’une des principales sources de revenus du Sénégal, autour de 20 % à 30 % des recettes d’exportations.
Pirogue
Dans les principaux ports jalonnant les côtes très poissonneuses du pays, les pirogues, qui se font de plus en complices de moteurs ambulants, sont au centre d’une activité économique et sociale majeure : la pêche.
Rap
Le Sénégal est la vitrine du dynamisme de cette musique en Afrique. Le pays revendique aujourd’hui plusieurs milliers de groupes et artistes de rap, dont des pionniers toujours actifs.
Sabar
Ce grand tam-tam à long fût a donné son nom aux séances de danse qu’il rythme, trônant souvent en roi au milieu d’autres percussions traditionnelles.
Salutations
Les salutations ont une importance primordiale au Sénégal. S’adresser à quelqu’un sans l’avoir salué constitue un véritable affront. On commence généralement par un « Bonjour », suivi inévitablement d’un « Comment ça va ? ».
Signare
On appelait « signare » une mulâtresse vivant maritalement avec un Européen, mais un mariage valable seulement pendant le séjour de cet Européen en Afrique.
Talibé
Un « talibé » est avant tout un disciple d’un marabout (chef religieux musulman). Pour certaines confréries, c’est un apprenant, il reçoit les enseignements, consignes et ordres du maître en religion, sans poser de questions.
Tama
Le « tama » est un petit tambour d’aisselle, fait de deux peaux tendues sur un petit fût en forme de sablier et dont on joue avec une baguette de bois recourbée. Il est l’un des instruments les plus communs des percussions sénégalaises traditionnelles utilisées en diverses occasions de la vie locale.
Téranga (hospitalité)
« Téranga », hospitalité en wolof. Un des maîtres mots et une des valeurs les plus importantes du pays. Elle commence par le thé, cérémonial de partage de la part de l’hôte et peut se poursuivre jusqu’au gîte et au couvert.
Thé
C’est aussi le « ataya », ou « les trois normaux » parce qu’il se boit en trois fois. Trois verres de thé façon maure, idéalement à la menthe dont la préparation et la dégustation s’accompagnent de longues discussions et font l’un des charmes du pays.
Thiof
Le « thiof », espèce locale de mérou et poisson noble par excellence, abondait jusqu’à récemment sur les côtes du Sénégal. Depuis quelques années, il commence à se faire rare. Au figuré, un thiof est un bel homme, un beau gosse.
Tiep bou dieune
Se prononce « tiéboudjeun ». Littéralement : « riz au poisson ». C’est le quasi-plat national. Du riz cuit dans une sauce aux légumes, et servi avec du poisson agrémenté d’une petite farce relevée.
Toubab
« Toubab » est l’appellation générique de l’Occidental, du Blanc. Le mot semble aussi avoir un deuxième sens, proche de « porte-monnaie avec des jambes et une tête, et des mains pour piocher dedans ».
Tirailleur sénégalais
Les tirailleurs sénégalais composaient une unité de soldats recrutés, pendant la période coloniale, dans toute l’Afrique Occidentale Française (AOF) et une partie de l’Afrique Equatoriale Française (AEF). Ils ont été plusieurs centaines de milliers à avoir été engagés dans des combats, notamment durant les deux Guerres mondiales.
Thiouraye
Encens. Mixture d’écorces, de résine et d’essences aux effluves musqués, capiteux ou envoûtants. Le « thiouraye » embaume la maison, celle qui s’y expose laisse sur son passage une délicieuse senteur. Il paraît qu’elle permet de retenir son homme à la maison…
Yassa
Cette sauce à base d’oignons aux citrons, qui se mange avec du riz blanc, est aussi une des spécialités du Sénégal. Il est surtout préparé avec du poulet (« yassa ganar »), mais il existe aussi des variantes
avec de la viande (« yassa yap ») et du poisson (« yassa dieune »).
avec de la viande (« yassa yap ») et du poisson (« yassa dieune »).
Zébu
Caractérisé par la bosse qu’il possède entre les épaules et ses cornes en forme de lyre, le zébu est le bovin le plus répandu au Sénégal.
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