Depuis six ans désormais, le chef au chapeau ne donne plus simplement ses récitals sur les bords du lac d’Annecy mais également dans cette salle de concert d’un nouveau genre, installée dans une ferme d’alpage où même les animaux se donnent en spectacle sous les planchers en verre. Ne nous méprenons pas, l’assiette demeure évidemment l’incontestable vedette des lieux, oscillant entre la puissance et la fureur d’un Wagner et l’élégance d’un Verdi et dont l’association à priori impossible se matérialise dans un fabuleux menu Symphonie qui, en 18 plats – ! – et 375 € – tiens ! ça fait 15 € de plus que l’an dernier mais «seulement» 4 % d’augmentation, TVA à 19,6 % comprise comme aime à la rappeler non sans acidité Marc Veyrat –, rassemble toutes les dernières folies et créations du maestro, dans le même esprit bien sûr qu’à Veyrier du Lac : potimarron en superposition, petits pois glacés, courge tiède, souffle de cèpes, nouilles sans farine, sans œuf, goût de berce, bolognaise de tomate ou d’oursin, gelée tiède d’araignée de mer, concombre, pistache, chair en bouteille, thé légèrement amer, truffes de Seyssel à consommer comme aujourd’hui, mignon de veau cuit dans la terre d’argile, bonbons de café sans sucre, gratin léger, gâteau de poire tempéré et son sorbet inédit. Le moment est absolument magique, inoubliable, comme la facture malheureusement. |