Après avoir grimpé par des ruelles médiévales typiques qui vous mettent tout de suite dans une atmosphère particulière (surtout quand il fait chaud et que vous choisissez les escaliers de gauche!) jusqu’au faîte de la butte qui domine Saint-Donat, on découvre les trois éléments qui constituent un ensemble architectural remarquable : l’église, dite collégiale car elle possédait un chapitre de chanoines, le prieuré, baptisé palais delphinal, sa cour et son cloître où subsistent quelques éléments romans et la chapelle Saint-Michel dite chapelle des Evêques (XIIe siècle). Rappelons que sur cette colline où était un château dont il reste encore quelques vestiges de remparts, les évêques de Grenoble en fuite vont déposer les reliques de saint Donat donnant son nom actuel à la ville. Confiant la responsabilité des lieux à des chanoines italiens, les évêques font construire un cloître, une église et des bâtiments autour. Mais, hélas, les guerres de Religion détruisirent la plupart des édifices et la Révolution française n’aidera pas à la reconstruction! De plus, devant les dégâts, on décide avant la Seconde Guerre de faire table rase du passé en édifiant une nouvelle église. C’est pourquoi l’ensemble est encore, malgré une très belle restauration, assez disparate. La chapelle Saint-Michel, avec son air provençal, presque italien, nous permet d’admirer une fresque du XVIe siècle. Mais, il faut surtout visiter ce qui reste du cloître. En effet, on ne peut voir aujourd’hui que la galerie ouest de l’ensemble disparu. La couverture en simple charpente repose sur quatre arcades retombant sur des piliers ou des colonnes jumelées. Le tout est orné de dessins géométriques, malheureusement faits dans la « molasse » qui s’est fortement détériorée avec le temps et les intempéries, dont un représente Adam et Eve de chaque côté de l’arbre du Bien et du Mal dont le tronc est enlacé par le serpent. Dans un angle de la cour du cloître, il est une figure sur laquelle on fait moins de « publicité » et qui mérite pourtant toute notre attention. Il s’agit d’un clerc en train de lutiner une jeune fille très dévêtue… Instructif, non? Sur les trois côtés de la cour, on peut apercevoir les appartements où vivaient les chanoines. Mais, le plus beau moment, hormis celui passé dans le cloître, reste celui de l’ascension vers cette citadelle qui n’a pas perdu grand-chose de sa superbe et d’assister chaque saison aux concerts d’orgue quand la ville célèbre le grand compositeur J.S. Bach. (voir notre agenda) |