C’est en 838 que Saint-Barnard, archevêque de Vienne, fonde le monastère autour duquel va se développer la vie de la future cité romanaise. L’église est bâtie en l’honneur de trois martyrs viennois : Séverin, Exupère et Félicien et dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul. Au Xe siècle, elle appartient à un collège de chanoines et devient un lieu de pèlerinage très fréquenté. Elle jouera un rôle capital pour l’essor de la ville grâce à Léger, abbé de Saint-Barnard et archevêque de Vienne, à qui l’on doit la rénovation de l’église et la construction d’un pont sur l’Isère qui permettra à Romans d’étendre son activité économique entre les Alpes et la vallée du Rhône. Les parties romanes de l’église aujourd’hui conservées datent du XIIe siècle, mais la majeure partie de l’édifice est gothique. Au XIIIe siècle, Jean de Bernin, archevêque, fait surélever la nef, construire le chœur et le transept, ainsi que le voûtement sur croisée d’ogives. Aux siècles suivants, l’église s’agrandit avec la chapelle du Saint-Sacrement, qui sert maintenant d’écrin à la tenture de la passion du Christ. Cette tapisserie est une suite de 9 panneaux brodés datant de la Renaissance qui racontent l’histoire de la passion du Christ. Outre leur grande valeur esthétique, ils montrent combien l’Eglise cherchait à enseigner par ces « bandes dessinées » d’époque qui éduquaient les masses. Le 30 mars 1349 se déroulent dans l’église les cérémonies scellant la cession du Dauphiné par Humbert II à la France. Ensuite, l’église sera saccagée et pillée lors des guerres de Religion et sera restaurée, par étapes, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Malheureusement, le cloître roman devra être détruit à partir de 1857 pour l’aménagement des quais de l’Isère. De l’époque romane, il subsiste des murs dans la nef, les chapiteaux sculptés ainsi que le porche occidental. Les restes du porche sont exceptionnels avec les « statues-colonnes » en molasse datées du XIIe siècle. Elles représentent quatre apôtres juchés sur des lions dans un style très antique. Curieuse collégiale en vérité où l’on sent bien les différentes influences et les différentes époques qui se sont superposées pour donner un chef-d’œuvre classé monument historique par P. Mérimée en 1840. A l’automne 2000, la collégiale a retrouvé les vitraux de sa façade occidentale détruits pendant la guerre. Six vitraux figuratifs contemporains réalisés par l’artiste allemand Georg Ettl et l’atelier valentinois Thomas Vitraux ont été installés. Une manière émouvante de tenir ferme le fil du temps qui unit notre époque avec les premiers bâtisseurs de l’édifice. |