Le nom d’une ville fait souvent surgir du passé son origine et Montélimar n’échappe pas à la règle. En effet, Montélimar peut se scinder en Monteil (nom de la butte sur laquelle fut fondé le nouveau bourg. Monteil venant lui-même de Montilium qui signifie butte, comme quoi tout se retrouve) et en Adhémar, puissante famille de seigneurs qui régnèrent en maître sur la région dès le XIIe siècle. C’est donc tout logiquement que Monteil-Adhémar devint par déformations successives Montélimar. Mais l’histoire ne s’arrête pas à l’imposant château d’architecture romane des Adhémar, elle continue avec les guerres de Religion qui frappèrent durement la ville. Dès la moitié du XVIe siècle, Montélimar fut gagnée par les idées de la Réforme qui connut un certain succès face aux oppositions farouches des catholiques. D’ailleurs, Montélimar sera désignée après la publication de l’édit de Nantes comme place de sûreté pour les protestants. Mais, la révocation de l’édit qui protégeait les protestants provoqua le départ de nombreux artisans qui faisaient déjà à l’époque la réputation de la ville (dans l’industrie du cuir, notamment). Il fallut donc penser à se tourner vers de nouvelles industries et de nouvelles cultures. La culture du mûrier et l’élevage du ver à soie permirent à la région de connaître un nouvel essor pendant l’ère industrielle. Mais, c’est au XVIe siècle que Montélimar accueillit dans sa plaine une culture qui allait permettre à la ville d’acquérir une réputation mondiale (n’ayons pas peur des mots!). C’est à cette époque que l’agronome Olivier de Serres implanta la culture de l’amandier qui, comme chacun le sait donne l’amande, ingrédient de base du fameux nougat sur lequel nous reviendrons bien longuement. Autre date, autre gloire locale, c’est à la fin du siècle dernier (en 1899 très précisément) qu’Emile Loubet (maire de Montélimar, député et président du conseil général), enfant de Marsanne, devint président de la République. Grâce à lui, Montélimar bénéficie d’un développement que peu de villes de son importance purent connaître. Il faut encore rappeler ce que l’on appelle « la grande bataille de Montélimar » qui, à la libération (en 1944 pour ceux qui auraient séché les cours d’histoire), opposa violemment les résistants et les troupes alliées débarquées en Provence à l’occupant Allemand. Enfin, aujourd’hui Montélimar est un carrefour important entre les voies de communication sud-nord et qui se trouve au cœur de la Drôme provençale, un « pays » dont la côte touristique ne cesse de progresser.