L’ensemble de la collection provient de fouilles réalisées de 1956 à 1985 sur la colline Saint-Marcel qui domine le petit village du Pègue. Ce qu’il y a de remarquable sur ce site, alors que l’on pourrait imaginer qu’il en existe bien d’autres dans notre département qui a connu bon nombre d’invasions, c’est que l’on a pu retracer précisément la rencontre entre deux peuples, deux civilisations. D’un côté les Celtes, qui habitent traditionnellement le pays, et de l’autre les Grecs, dont le savoir-faire en matière de poterie et de décoration (elles arrivent via Marseille) va influencer les artisans locaux. Ainsi, on a pu retrouver des céramiques « pseudo-ioniennes », de fabrication locale, mais de tradition grecque. Le site présente également des vestiges beaucoup plus anciens, puisque l’on a fait remonter les traces découvertes au néolithique (- 4000 av. J.-C.). Un site où l’on remonte à travers notre histoire et où l’on comprend mieux comment les échanges entre les peuples ont fait évoluer notre mode de vie. Ainsi, les Gaulois qui ignoraient l’écriture ont emprunté les caractères grecs. Au Pègue, un Gaulois a ainsi écrit en grec son nom, OYIPONIAS sur un bol en céramique. Cette découverte émouvante démontre de manière éclatante à quel point l’établissement de relations interculturelles est source d’enrichissement dans tous les sens du terme. Une bonne leçon qui vaudrait encore aujourd’hui! Saluons enfin la gentillesse, la disponibilité et l’enthousiasme de la jeune équipe en charge de ce musée. |