Dédiée à saint Jean-François Régis, elle est le centre d’une intense vie spirituelle et l’on serait tenté d’ajouter temporelle, puisqu’elle semble « tenir » une grande partie des activités du village. Saint Jean-François Régis est l’un de ces évangélisateurs qui partirent, emplis d’une foi pouvant soulever des montagnes (au sens propre d’ailleurs!), à la rencontre des infidèles qui peuplaient alors les profondes vallées de l’Ardèche. C’est en 1633 qu’à la demande du puissant évêque de Viviers il partit sur les chemins des vallées de la Cance et du Doux. Prêcheur convaincant et infatigable, il devint au fil des années l’apôtre du Vivarais, le petit père des pauvres et le patron des dentellières du Puy. On raconte même que ce grand homme aurait accompli des miracle, rendant la vue à des aveugles…Il mourut en odeur de sainteté en 1640 à La Louvesc au cours d’une mission hivernale (quand on vous dit que les hivers sont rudes…) et ses obsèques attirèrent une foule considérable, donnant naissance au culte de saint Régis (aujourd’hui célébré le dimanche 16 juin ou le dimanche suivant). Depuis, chaque année des milliers de pèlerins viennent rendre hommage à saint Régis sans oublier de lui demander d’intercéder en leur faveur pour produire quelque miracle. C’est le « succès » de ce pèlerinage qui décida en 1865 de la construction d’une église assez grande pour accueillir tout ce monde. La basilique fut consacrée en 1877 et reste l’un des principaux monuments d’art religieux d’un XIXe siècle davantage tourné vers le machinisme. Elle est l’œuvre de Pierre Bossan, qui a également dessiné Notre-Dame-de-Fourvière à Lyon – hélas! serait-on tenté de dire, s’il n’y avait pas quelque chose de presque sublime dans le culte du ringard professé par cet architecte. Le style néo-byzantin des peintures du chœur ne sont d’ailleurs pas sans rappeler certaines salles du Neuschwanstein de Louis II de Bavière! Ce qui n’est pas peu dire! De dimensions impressionnantes, la basilique comprend deux chapelles consacrées à Saint-Agathe et au Sacré-Cœur, tandis qu’une salle particulière abrite le Musée Saint-Régis, retraçant la vie et l’œuvre de l’apôtre en Vivarais. A voir à l’intérieur de la basilique, les 16 vitraux illustrant la vie du saint, les peintures du chœur représentant des pèlerins célèbres dont certains ont été canonisés et la chapelle de droite qui contient les reliques du saint. A noter encore (XIXe siècle oblige) la puissance de la cloche dont le son porte à plus de 50 km! |