C’est le seul théâtre romain – édifié au Ier siècle – à avoir conservé son mur de scène. Sa façade extérieure comporte seize baies et trois portes, jadis encadrées de colonnes. Le public entrait par les escaliers situés à l’est et à l’ouest du théâtre. A l’intérieur du théâtre, le mur de scène comporte aussi, comme à l’extérieur, cinq étages. Les trois étages inférieurs étaient décorés de colonnes de marbre polychrome séparées par des bandeaux et des frises sculptées. C’est lors des fouilles de la scène en 1931 que la statue de l’empereur Auguste a été découverte et reconstituée. Statufié dans la niche centrale, il semble encore cueillir pour lui-même les ovations. La scène mesure 61,20 mètres et 13,20 mètres de profondeur. Les salles latérales “les parascenia” servaient de magasins d’accessoires. Devant la scène, l’orchestre était à l’époque réservé aux hautes personnalités. 7 000 spectateurs se répartissaient sur les gradins en fonction de leur rang social, y accédant par des galeries souterraines. En haut, un péristyle couvert dominait tout l’hémicycle mesurant 119 mètres de diamètre. Les spectacles duraient de longues heures et étaient uniquement diurnes. Lors des invasions barbares, le théâtre fut envahi de petites maisons et ruelles. C’est l’architecte Auguste Caristie qui, au XIXe siècle, entreprit de dégager le théâtre en lui redonnant sa structure initiale. En 1869, Antony Réal et Félix Ripert, deux grands lettrés et de plus amateurs d’art théâtral, eurent l’heureuse idée d’y créer les Chorégies, qui connaissent un prestige international toujours grandissant. |