Si la porte est close, s’adresser 52, place Castil-Blaze à la conservation des Musées. Cet édifice situé au cœur de l’ancienne carrière juive – ghetto qui se réduisait ici à une seule rue – est remarquablement bien conservé. Il occupe une place de choix parmi les synagogues françaises. Cet ancien lieu de culte en partie édifié au XIIIe siècle fut agrandi au XVIIe siècle en raison de l’accroissement de la population juive – jusqu’à 200 habitants. Sa décoration fut fortement inspirée du style baroque provençal du Comtat. La richesse de ses dorures et les couleurs utilisées – jaune, bleu et rose – ont de quoi surprendre le visiteur. Et que penser du fauteuil du prophète Elie juché sur son petit nuage ? La visite guidée est intéressante. On y apprend que faute de place, les femmes devaient se contenter d’écouter la lecture de la Torah à travers un plancher de bois. En effet, la partie basse de la synagogue où elles étaient consignées se trouvait au sous-sol. Ce lieu servait également de boulangerie où la communauté cuisait le pain azyme. C’est d’ailleurs dans cette pièce qu’est aménagé le musée juif comtadin. On y découvre des objets rituels, un beau tabernacle, une Torah du XVIIIe siècle, des livres de prières et des amulettes qui portent témoignages de la vie de la petite communauté juive du Comtat qui quitta définitivement Cavaillon vers 1912 pour se disperser dans les grandes villes de la région – Avignon, Marseille, Aix-en-Provence. |