Au XIIIe siècle, il existait à l’entrée du port, à l’endroit même où s’élève aujourd’hui la tour Saint-Jean, une tour plus ancienne appelée Maubert. Derrière le bâtiment se trouvait une presqu’île qui fut concédée à la commanderie des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, aujourd’hui ordre de Malte. Ils y élevèrent un couvent, une église, un cimetière et l’hôtel du Commandeur. Après le sac de Marseille par les troupes d’Alphonse d’Aragon en 1423, le roi René décida d’édifier à la place de la tour Maubert un ouvrage plus important : la tour Carrée. Puis c’est en 1660 que Louis XIV fit construire les forts Saint-Nicolas et Saint-Jean, autant pour tenir les Marseillais en respect que pour les défendre contre une attaque extérieure. Le fort fut élevé entre 1668 et 1674 par le chevalier de Clerville et terminé par Vauban. La citadelle ne connut pas d’histoire car elle ne fut jamais attaquée et joua plutôt un rôle dissuasif. La tour Saint-Jean servit de prison après la révocation de l’édit de Nantes. Les constructions de la forteresse restèrent intactes jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Puis les Allemands les occupèrent en 1942 et en 1944 quand ils capitulèrent. C’est ainsi que Marseille perdit le bâtiment du XIIIe siècle de la commanderie et ceux du XVIIe siècle. Seules demeurent les fortifications, la tour Saint-Jean et celle du Fanal (du provençal fanaou : lanterne). L’ensemble a été classé par les Monuments historiques en 1964. |