A peine a-t-on quitté le lac de Serre-Ponçon à l’endroit où vient se jeter l’Ubaye que la route commence son long détour par-delà les sommets de la Dormillouse. On entre dans la Vallée de la Blanche qui nous accueille toujours généreusement et, après avoir passé quelques villages reconvertis en stations de ski, on découvre enfin le charmant village de Seyne-les-Alpes dans ce qui semble être le cœur de la vallée, encerclé par des sommets qui culminent à 3 000 mètres. Dans le genre alpin Nature et Traditions, Seyne fait partie de ces heureux villages qui ont su préserver au fil du temps leur patrimoine et leur environnement. Seyne-les-Alpes est le cœur d’une région d’élevage et les paysans, du XVIIIe siècle aux années trente, se sont spécialisés dans la production de célèbres mulets qui étaient exportés jusqu’en Espagne. Ce que l’on ne peut manquer de voir en arrivant à Seyne, c’est la citadelle construite par Vauban en 1693, même si la ville a su conserver nombre de monuments du Moyen Age qu’il ne faut pas manquer de visiter - comme l’église Notre-Dame-de-Nazareth, XIIe siècle, dans le plus pur style de l’art roman - et la grande tour médiévale qui témoignent de l’importance stratégique de ce lieu de vie. En vous baladant dans les ruelles de ce vieux bourg labyrinthique aux façades pastel délavées, vous pourrez admirer quelques maisons en vieilles pierres et remarquer, ici une porte, - comme au n° 11 de la Grande-Rue, l’ancien hôtel des Trois Rois -, là une voûte médiévale, un encorbellement ou encore un imposant vieux lavoir avec sa toiture faite de poutres de bois. Mais la vie ne fut pas toujours paisible dans ce bourg, frontière entre la Provence et le Duché de Savoie, puis entre la France et l’Italie. C’est pourquoi, sous l’impulsion de Vauban, on fit bâtir l’imposante citadelle de pierre grise qui domine encore aujourd’hui la ville. Un fort et des remparts vont ceinturer la tour de guet du XIIe siècle pour assurer la défense de la cité. |