Rodolphe Touche, maître forgeron à Vaumeilh, était bien contrarié. En ce printemps 1865, son élevage de vers à soie, au vieux moulin, périclitait en raison d’une bien étrange maladie. Pratiqué d’avril à juin, cet élevage était encore généralisé dans toutes les campagnes du haut pays et constituait une ressource d’appoint avant que les fenaisons et autres moissons n’accaparent la famille tout l’été. Dans une pièce flanquée de longues étagères, les vers se repaissaient de feuilles de mûrier avant de confectionner leurs précieux cocons le long des branches de genêt, soigneusement disposées à cet effet. Désespéré, Rodolphe n’eut pour seul recours que la science qui lui dépêcha alors, en personne, son plus prestigieux représentant qui avait pour nom Pasteur.