Forcalquier, pays lumineux, pays de vieille culture, pays d’harmonie dont on se demande comment il a pu si bien préserver ses richesses.
Au début du Moyen Age, la ville s’appelait «Font Calquier» : la fontaine du rocher en occitan. Elle doit ce nom (qui évoluera très tôt vers Forcalquier) à la source, aujourd’hui presque entièrement tarie, qui coulait sous les rochers de la citadelle.
Pendant plus d’un siècle, les comtes de Forcalquier vont faire de leur ville la capitale d’un état indépendant, avec ses souverains, ses lois, sa monnaie. Le XIIe siècle sera l’âge d’or du Pays de Forcalquier, comme en témoignent les nombreux édifices romans de la région. En 1195, la rivalité qui existait entre les maisons comtales de Forcalquier et de Provence prit fin avec le mariage de la comtesse de Forcalquier, Gersende de Sabran, et du comte de Provence, Alphonse II. Leur fils Raimond Bérenger V hérite des deux comtés. Il se marie avec Béatrix de Savoie. De leur union naissent quatre filles que l’on nomma joliment «les quatre reines». Toutes devaient coiffer la couronne royale. L’aînée, Marguerite, devint la femme du futur Saint Louis. Les deux sœurs suivantes se retrouvèrent respectivement reine d’Angleterre et impératrice d’Allemagne. La cadette Béatrix, héritière de Provence, épousa en 1246 Charles d’Anjou, ce qui l’amena à être reine de Naples. La ville a gardé peu de vestiges du temps où elles accueillaient dans leurs murs, diplomates, seigneurs, troubadours et marchands. Après avoir été sous l’autorité de la Maison d’Anjou, les comtés de Forcalquier et de Provence furent légués à la couronne de France en 1481. De nos jours, Forcalquier conserve encore largement son rôle de capitale culturelle du pays.