Dernière ville close d’Anjou, Montreuil-Bellay s’élève au carrefour de l’Anjou, la Touraine et le Poitou sur un promontoire rocheux au-dessus des rives du Thouet. La cité est ceinte de fortifications du XVe siècle, percées de quatre portes anciennes. Foulques Nerra, fougueux baron et célèbre bâtisseur y fit construire, sur les bases d’un oppidum romain, une tour de garde de la vallée (rasée et reconstruite), puis des remparts, avant de confier son fief à Berlay qui donna son nom à la ville. Les Melun-Tancarville, passionnés de fauconnerie, donneront au XIIe siècle à la forteresse son apparence extérieure actuelle. Deux siècles plus tard, les d’Harcourt gouvernent la ville et construisent le château Vieux, le logis des Chanoines, le château Neuf, la collégiale, l’hôpital Saint-Jean, une grange à dîme et la porte du Moulin. Après une période de troubles, et notamment l’incendie d’une partie du bourg par les Huguenots, Montreuil-Bellay renaît de ses cendres et connaît au XVIIe siècle un nouvel essor, grâce au commerce du vin et le transport sur le Thouet. A la Révolution, Montreuil est prise, puis perdue par les Vendéens en juin 1793. La jeune république choisit alors Saumur comme sous-préfecture. Avec le déclin de son transport fluvial, Montreuil perd la vedette et entre en langueur. Les anciennes portes de la ville accueillent aujourd’hui le promeneur pour des circuits à travers ruelles et les places pleines d’histoire, au cœur d’un patrimoine remarquable qui continue de se restaurer magnifiquement. La porte Saint-Jean, la plus belle, serait inspirée d’une porte qui existe en Palestine. La place du Marché est bordée de maisons dont la construction s’étire entre le XIVe et le XIXe siècle ; la plus vieille maison se trouve au n° 3. L’église des Augustins est tout ce qui reste du couvent des Petits-Augustins ; restaurée, elle accueille concerts et expositions. Il ne faut surtout pas manquer de descendre, par un petit escalier fleuri, aux berges du Thouet. La descente est escarpée, mais conduit aux Nobis où s’élèvent encore les ruines de l’église Saint-Pierre, du XIe, dont on peut encore admirer les voûtes romanes (aujourd’hui théâtre de verdure), et le prieuré des Nobis édifié au XVIIe siècle sur l’emplacement de l’ancien prieuré des Bénédictins, (du XIe siècle). De là, la vue sur la rivière, les ruines du vieux pont et le château y sont des plus charmantes. Une auberge s’y est installée, qui gère la location de pédalos. Mini-golf et parc avec jeux pour les enfants dans la presqu’île.