Si son influence fut moindre que celle de Dostoïevski et de Tolstoï, l’œuvre d’Ivan Sergheïevitch Tourgueniev (1818-1883) est, dans la littérature russe, la plus marquée par les influences occidentales. Quittant son pays dès 1956, le célèbre romancier (”Pères et fils” dans lequel intervient le premier héros nihiliste, Bazarov) s’installe en France, à 30 mètres de ses amis Viardot - parmi lesquels la diva Pauline (sœur de dame Malibran, elle aussi cantatrice), dont il est éperdument amoureux - dans une construction surprenante : une datcha mi-russe mi-suisse aux murs striés en ”caleçon de bain”. Aujourd’hui, cette singulière maison renferme et révèle les souvenirs du propriétaire : le mobilier de l’époque, le cabinet de travail où il rédigea ”Terres vierges”, un piano sur lequel jouèrent ses amis Johannes Brahms et Franz Liszt, sa grande bibliothèque, quelques objets personnels (notamment des lettres autographes de l’auteur et de ses proches), enfin la chambre mortuaire - reconstituée par l’école Boulle. Il s’y tient également des expositions et, l’été, l’on y donne des concerts qui tentent de faire revivre l’atmosphère des salons du XIXe siècle. |