C’est saint Philibert, fondateur de la grande abbaye de Jumièges, qui a également été à l’initiative, en 684, au bord de la Lézarde, de cette abbaye réservée aux femmes bénédictines. Mais, détruit par les Vikings, l’édifice fut reconstruit entre le XIe siècle – tour romane – et le XVe siècle, d’où une grande richesse de styles. Abandonnée par les religieuses en 1792, l’abbaye subit pendant la période révolutionnaire une intense et multiforme occupation – bureaux, prison, garnison, magasins, écuries… Avant et après leur vente en 1811, les bâtiments ont été utilisés tout au long du XIXe siècle à des fins industrielles – filature de coton, puis raffinerie de sucre, et enfin brasserie en 1857 – et convertis par la suite en entrepôts, garages et locaux d’habitation. Durant ces vingt dernières années, le site a fait l’objet d’une grande opération de réhabilitation avec la mise en place en 2000 d’un nouveau parcours-spectacle Cœur d’abbayes, qui propose une visite originale de l’abbaye, guidée par les techniques audio-visuelles les plus modernes : le cloître « Au rythme des heures » – évocation symbolique de la journée des religieuses, rythmée par la prière, la lecture et les travaux –, la salle capitulaire du XIe siècle où est évoquée « La règle de saint Benoît », le dortoir du XIIIe siècle où est contée l’« Histoire d’une ville et de son abbaye », le dortoir du XVIe siècle où est cette fois évoquée l’épopée architecturale des grandes fondations monastiques normandes et anglaises, et enfin le réfectoire gothique du XIIIe siècle transformé en espace d’expositions temporaires. Une promenade audio-visuelle dans les abbayes normandes – « Lumières d’abbayes » – complètera votre visite. A noter enfin que des manifestations culturelles ont lieu régulièrement – concerts, pièces de théâtre… – et que des promenades théâtralisées nocturnes sont parfois proposées le vendredi et samedi à 21h en juillet-août – se renseigner à l’accueil. |