Les greniers à sel étaient les endroits où l’on faisait sécher le sel. C’était aussi le nom porté par les juridictions créées en 1342 qui réglaient les contestations survenues au sujet du paiement de la gabelle – impôt en sel que les habitants étaient tenus de payer jusqu’en 1790. La Normandie possédait de nombreux greniers à sel, où venaient s’approvisionner les collecteurs du roi. Celui de La Bouille, bâti en pierre blanche, est, avec celui d’Honfleur, l’un des plus anciens de Normandie. En 1639, une révolte de paysans – les va-nu-pieds – contre l’établissement des greniers à sel en Basse-Normandie secoua la province : c’est à La Bouille et au grand hôtel Saint-Michel – la bâtisse à l’archange abrite aujourd’hui l’atelier d’un artisan du cuir – que le chancelier Séguier – 1588-1672 –, envoyé pour mettre fin à l’insurrection, prendra ses quartiers. Le grenier à sel sert désormais de lieu d’expositions et accueille différentes manifestations culturelles. |