Aussi loin que les écrits peuvent nous le rapporter, le lieu dit Compendium a toujours appartenu aux souverains francs, puis français. Des fils de Clovis à Napoléon III, la cité et sa forêt fut le terrain de chasse favori des souverains. Le premier château fut vraisemblablement édifié autour du VIe siècle. A partir du règne de Dagobert (629-638), Compiègne s’impose comme l’un des sièges principaux du gouvernement itinérant des rois francs, mérovingiens, puis carolingiens. Mais le véritable acte de naissance de la ville demeure certainement la consécration solennelle de la collégiale Sainte-Marie (et future abbaye Saint-Corneille) en mai 877 par Charles Le Chauve. Le 5 décembre 1360, Jean le Bon crée, à Compiègne, une nouvelle monnaie qui prend le nom de franc. Son fils, Charles V, implante, pour plus de sûreté, la résidence royale au milieu de la cité. Le 18 juillet 1429, au lendemain du sacre du roi Charles VII à Reims, Jeanne d’Arc entre avec son roi dans la ville conquise, escortée de ses plus fidèles compagnons. Moins d’un an plus tard, cette arrivée triomphale se transformera en débâcle. Venue au secours des Compiégnois assaillis par le duc de Bourgogne, Jeanne d’Arc est capturée puis emprisonnée au château de Margny où elle restera jusqu’à son transfert à la tour Beauregard. Dès 1751, sur ordre de Louis XV, la ville se dote d’un château. Et c’est en cette résidence, chef-d’œuvre de l’architecture classique, que Louis XV accueillera Marie-Antoinette d’Autriche, future épouse de son fils, Louis XVI. Les empereurs napoléoniens la trouvent, à leur tour, à leur goût. Napoléon dépense des sommes folles pour faire entièrement réaménager le château et Napoléon III en fait sa résidence d’automne. Ce passé royal et impérial imprègne aujourd’hui encore fortement Compiègne.