Visible à plusieurs kilomètres à la ronde, la cathédrale de Laon, cité altière, défie bois, plaines et forêts qui l’entourent. Campée sur une butte à une centaine de mètres d’altitude, «Belle île en terre» - ainsi fut-elle longtemps surnommée - a de quoi fasciner. Sur le plateau, les sept kilomètres de remparts semblent vouloir jalousement garder les merveilles de son passé. On peut y admirer pas moins de 84 monuments historiques dont une cathédrale magnifique. La promenade intra-muros, d’une richesse architecturale et artistique remarquable, touchera même les plus insensibles aux vieilles pierres. Au hasard des rues, on découvrira de lointaines perspectives sur les plaines et les forêts. Laon était déjà habitée à l’époque gallo-romaine, sa position dominante sur la plaine lui octroyant un grand intérêt stratégique. Comme Lyon, la ville commença par s’appeler Lugdunum. Elle devint rapidement une place religieuse importante, puisque saint Remi y fonda un évêché au Ve siècle. Les Carolingiens en font leur résidence royale jusqu’à l’avènement des Capétiens. Des troubles importants mettront à mal la cathédrale au début du XIIe siècle (elle est incendiée et son évêque, Gaudry, assassiné). Elle sera rebâtie à partir du milieu du XIIe siècle. Les abbayes prolifèrent alors et Laon renforce sa grande importance religieuse dans le pays. Au fil des siècles, la «montagne couronnée» développe ainsi un patrimoine architectural et naturel inestimable qui en fait aujourd’hui le plus vaste secteur sauvegardé de France.