Nous sommes à la fin du XIIIe siècle. Le roi Philippe le Hardi et Géraud de Cazaubon confient alors à Eustache de Beaumarché, sénéchal de Toulouse et fondateur de bastides, l’édification d’une ville nouvelle sur le Comté de Gaure. La bastide de Florentia, ainsi baptisée en hommage à Florence, ville florissante de l’époque, voit le jour en 1272 sur le coteau de Mont-Aiglon. Ilots carrés, place centrale occupée par une magnifique halle liée à l’hôtel de ville, le plan est typique. Aux quatre points cardinaux de la halle, trônent quatre statues, (fontaines très gracieuses) représentant les quatre saisons. L’imposante église gothique Saint-Laurent, commencée vers 1280, occupe une encoignure de la place. Les trois splendides vitraux, Renaissance de l’abside, œuvres d’Arnaud de Moles, sont remarquables. Comme de nombreuses bastides, Fleurance a été longtemps balancée entre deux peuples alors ennemis. En 1287, elle appartient à Edouard Ier d’Angleterre, pour retourner à Charles le Bel en 1324. En 1335, le traité de Brétigny lui fait quitter le comte d’Armagnac pour les Anglais, dont elle s’affranchit en 1373. Elle restera quelques siècles, gasconne mais, en 1814, c’est Wellington qui revient par le secteur de Rivière Basse. L’occupation du département durera moins de trois mois. Depuis, les Anglais sont revenus… avec des intentions beaucoup plus pacifiques. Patrie de Maurice Mességué que l’histoire retiendra comme un maître des plantes.