Dans un méandre du Tarn, entre le causse de Sauveterre et le causse Méjean, cette petite cité s’étage sur les pentes abruptes des deux falaises qui l’enchâssent. On peut imaginer que son attrait touristique remonte à bien loin déjà. Au VIe siècle, lorsque Enimie s’y installe, le lieu n’est pas désert, les grottes, à mi-pente, étaient habitées à la Préhistoire, avant que leurs habitants ne s’installent sur le causse. A l’époque romaine, le site était un point de passage sur la draille, un chemin de transhumance. Au XIIIe siècle, la légende de sainte Enimie provoque un afflux de pèlerins et le village se développe. Le monastère, promu abbaye au XVe siècle, conserve sa place prépondérante jusqu’à la Révolution. Un siècle plus tard, alors qu’une partie avait été détruite et le reste vendu, le curé de Sainte-Enimie s’attache à restaurer les bâtiments de l’abbaye. Construite entre le VIIe et le XIVe siècle, elle domine encore aujourd’hui le village. Pour y accéder, la promenade par les rues médiévales procure une agréable fraîcheur en été. Dans une ruelle, la halle au blé a été restaurée et conserve la pierre qui servait à mesurer le grain. Près d’une des cinq portes de la ville,Lou Portal Chabrit est la maison de l’un des portiers, sur la place Del-Plô, on distingue encore l’implantation d’une ancienne tour. En redescendant de l’abbaye, on passe place de la Combe, devant une maison du XVIIe siècle qui fut la Maison commune jusqu’en 1905 – aujourd’hui transformée en hôtel. Deux lieux complètent la visite de Sainte-Enimie : la source de Burle, noyée de verdure, et l’Ermitage, lieu du pélerinage.