Idéalement situé entre Cévennes schisteuses et causses calcaires, Meyrueis, «au milieu des ruisseaux», est une des portes sud de la Lozère. Cette position intermédiaire entre la plaine languedocienne et les montagnes auvergnates en fit longtemps un centre très actif. Prospères, ses foires étaient dédiées à la production locale : les céréales et le bétail, les draps de laine, le cuir et, à partir du XVe siècle, les chapeaux de feutre, vendus dans toutes les Cévennes, on y voyait les muletiers de la région. Les troubles les plus graves, ceux qui ont marqué le plus profondément la petite cité, sont liés à la religion : la foi protestante a trouvé là un terrain favorable, au point que la ville entière s’est déclarée pour la religion réformée, elle restaura ses fortifications et entreprit de résister, bastion calviniste face aux causses catholiques. Elle y perdit sa citadelle, rasée sur ordre du roi en 1629, mais s’embrasa à nouveau et participa à la guerre des Camisards. De nombreuses destructions ne sont pourtant pas venues à bout des industries qui ont repris à la paix retrouvée : les chapeaux de feutre, toujours, la filature de laine et de soie, la clouterie, les tanneries, autant d’activités inchangées jusqu’au XIXe siècle. Puis l’exode rural s’y fit lourdement sentir jusqu’à ce qu’un dénommé Martel le mette sur la voie du tourisme. A ce propos, l’office du tourisme propose des circuits de visite et des explications sur les richesses de ses vieux murs. Pour découvrir la ville, il faut monter à la chapelle de Notre-Dame-du-Rocher – XIXe siècle, balade de quelques minutes à pied –, site de l’ancien château et vue magnifique sur les trois vallées. Un circuit balisé permet de parcourir les petites rues, bordées de maisons qui témoignent de la splendeur passée : maison du Viguier – XVIe-XVIIIe siècle –, hôtel Bragouse – XVIIIe siècle, ancienne résidence du gouverneur royal –, maison Belon – XVe siècle. La tour de l’Horloge, qui abrite l’office du tourisme, témoigne de la puissance des anciennes fortifications. Enfin, l’église Saint-Pierre – XVIIe siècle –, une des plus vastes de Lozère, et le temple en forme d’octogone surmonté d’une coupole sont là pour témoigner de la dualité religieuse.