Nîmes, chef-lieu du Gard, ville romaine et tauromachique vivant au rythme de ses trois ferias annuelles, est aussi ville de culture et de lumière. Il faut voir les Arènes, la Maison Carrée, concurrencée face à elle par un musée d’Art contemporain et une médiathèque d’un tout autre registre architectural, les jardins de la Fontaine et la tour Magne, dont Hugo fit une rime des plus riches dans un exercice de style fameux : «Gall, amant de la reine, à l’atour magnanime – Galamment de l’arène à la tour Magne à Nîmes». Voir aussi la vieille ville, avec l’hôtel de ville, les musées archéologique et du Vieux Nîmes, l’ancien collège des jésuites et la cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor. C’est la ville natale d’Alphonse Daudet. L’emblème de la ville est le crocodile et non pas un taureau. Il faut remonter à l’Antiquité romaine pour en trouver l’explication. Les Romains sont à Nemausus – Nîmes – et cela se voit encore aujourd’hui, mais Octave-Auguste est aussi en Grèce où il a enfin, à la bataille d’Actium, eu raison d’Antoine et de Cléopâtre. Pour commémorer le triomphe de la nouvelle civilisation sur l’ancienne, on décide à Nîmes de battre monnaie : le côté face consacre les vainqueurs, Auguste et son gendre Agrippa, le côté pile affiche un crocodile attaché à un palmier surmonté d’une couronne de lauriers et symbolise l’allégeance de la chose exotique à la Rome conquérante. Il faudra cependant attendre le XVIe siècle et François Ier, grand admirateur de l’Italie et de ses racines, pour que la ville soit autorisée à porter cette image sur ses armoiries : voilà le crocodile et le palmier installés pour toujours…