A mi-chemin entre Tours et Orléans, la ville occupe la rive droite de la Loire. Blois a de tout temps bénéficié, dans son développement, de sa position géographique : à proximité de la capitale, au centre de la France, au bord de son plus grand fleuve, sur un axe de liaison primordial. Même si son origine gallo-romaine ne fait pas de doute, il faut attendre le ixe siècle et les Carolingiens pour trouver trace d’une forteresse indiquant l’importance de la ville.
L’histoire commence réellement à s’écrire avec Jeanne d’Arc, qui s’apprête à délivrer Orléans, et en fait son quartier général avant l’attaque. Elle devient royale avec Louis XII et son épouse Anne de Bretagne. Le monarque fait du château sa résidence, que François Ier agrandira et renforcera. C’est dans les couloirs de ce château que se déroula l’un des épisodes les plus frappants et les plus importants de l’histoire de France : l’assassinat, l’avant-veille de Noël 1588, du duc de Guise et de son frère cardinal par les mignons d’Henri III, mettant un terme aux ambitions déclarées de la famille de Guise. Le commanditaire finira, un an plus tard, comme ses victimes, sous les coups de poignard portés par un prêtre fanatique. Un peu moins de sang et un peu plus d’amour dans un monde de brutes : c’est au château de Blois, qu’un jeune page fit la connaissance, le 21 avril 1545, lors d’une fête donnée par le roi, de la fille d’un marchand de Florence. Le coup de foudre qu’il y reçut allait le marquer toute sa vie (“Je la vis, j’en fus fou”). La jeune fille s’appelait Cassandre Salviati, le jeune page était Pierre de Ronsard.
La ville et son château seront marqués par les embellissements de deux architectes de grand renom : Mansart, qui apportera une aile au château en 1635, et Jacques Gabriel, quelques décennies plus tard, qui donnera le pont qui porte aujourd’hui son nom.
Les grandes figures blésoises ne manquent pas : Denis Papin, le grand inventeur, mais aussi Robert Houdin, le fameux prestidigitateur, également connu pour ses automates, ou encore l’historien Augustin Thierry occupent le devant de la scène.
On comprendra aisément, sachant que le maire de Blois s’appelait Jack Lang, que la dimension culturelle de la ville est très importante et que rien n’est laissé au hasard pour la mettre en valeur. Manifestations, embellissements ou réhabilitations de monuments, créations de salles et lieux de culture, le programme avance bien pour faire de Blois, déjà doté d’un riche passé, un centre d’intérêt privilégié de la région Centre. Un exemple fait le trait d’union entre l’histoire et l’actualité : chaque année au château royal, un son et lumière magnifique, Ainsi Blois vous est conté, s’offre les voix de Robert Hossein, Pierre Arditi et Fabrice Luchini, entre autres, sur des textes d’Alain Decaux, pour illuminer un siècle d’histoire.