Perchée sur un promontoire dominant la vallée de la Vilaine, avec sa forteresse, ses vieilles rues et ses remparts, Vitré constitue un témoignage saisissant de la vie au Moyen Age.La ville naît au XIe-XIIe siècles autour d’un monastère puis se développe, au pied de son château fort. Il défend la ville mais aussi l’accès à la Bretagne et son rôle militaire et politique est aussi important que celui de Fougères.Vitré est l’une des plus anciennes baronnies de Bretagne. Alors que le premier château fut construit par Riwallon le Vicaire, l’un des chevaliers du duc Geoffroy Ier, c’est le second édifice qui le supplante et assurera son rayonnement à la ville. Il fut construit par Robert, le fils de Rivallon, qui donna le premier édifice à l’abbaye de Marmoutiers. Celle-ci en fit le prieuré de Sainte-Croix. A partir du XVe siècle, Vitré est l’une des cités bretonnes les plus actives et son influence perdurera jusqu’au XVIIe siècle. Elle pratique alors le commerce international des toiles de chanvre et des draps de laine. Au XVe siècle, les marchands fondent, sous la protection de la Vierge de l’Annonciation, la confrérie des Marchands d’outre-Mer qui exporte vers l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et même l’Amérique la grosse toile dite « de canevas ». L’aisance de la ville se lit dans la prolifération de maisons à pignon aigu, à pans de bois et à porche. Les bourgeois vitréens qui fréquentent les « pays étrangers tant par mer que par terre » se démarquent fortement en Bretagne.C’est à cette époque que Pierre Landais, fils d’un marchand de textile, devient le garde-robier puis le trésorier du duc François II de Bretagne. Ambitionnant de faire de la région un petit état marchand prospère, il usa de son influence sur le duc pour asseoir son projet mais il s’attira l’hostilité des aristocrates et fut pendu à Nantes en 1485. Au XVIe siècle, la ville devint l’un des plus sûrs bastions du protestantisme en Bretagne. Elle s’oppose aux Ligueurs catholiques du duc de Mercœur qui assiègent la cité pendant cinq longs mois en 1589. C’est peu après qu’Henri IV aurait dit lors d’une visite à Vitré : « Si je n’étais Roi de France, je voudrais être bourgeois de Vitré ». Au XVIIe siècle, la ville compte 7 000 habitants et accueille par sept fois les Etats de Bretagne, preuve de sa vitalité et de son influence politique.Mais à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, la ville, corsetée dans ses remparts, entre dans une période de profonde léthargie.Brutalement au début des années 1970, elle se réveille pour retrouver son dynamisme et devenir sous l’impulsion de l’agroalimentaire, du machinisme agricole et de l’électronique, un pôle de développement économique pour toute la région. Ses atouts touristiques viennent à l’appui de son renouveau économique. Avant de commencer votre visite, dégustez la vue panoramique sur la ville du site des Tertres Noirs.