C’est l’un des plus beaux spécimens bretons de l’architecture militaire du Moyen Age. L’agglomération de Vitré s’est construite dès le XIe siècle au pied de ce château fort. Au mariage de l’héritière de la baronnie de Vitré avec le puissant duc de Laval, en 1239, la plupart des structures du château sont fixées. Mais la forteresse s’est constituée essentiellement aux XIVe et XVe siècles, après la guerre de Succession de Bretagne, au moment où la famille de Vitré-Laval domine les Marches de Bretagne. La masse imposante de la forteresse dégage d’ailleurs le sentiment de la puissance du seigneur du lieu. Flanqué de tours d’angle et de tourelles intermédiaires, autour d’un plan triangulaire, le château s’ouvre sur un pont-levis et un châtelet entouré de deux tours à mâchicoulis.Au sud, une petite tour carrée précède l’imposante tour Saint-Laurent qui servait de donjon. Elle abrite aujourd’hui le musée d’Art et d’Archéologie. A l’intérieur du châtelet, les bâtiments seigneuriaux qui donnent sur la cour hébergent aujourd’hui l’hôtel de ville. Par une galerie couverte du XVe siècle, on accède à la chapelle, joyau de la Renaissance.La tour de l’Orangerie a été aménagée en musée d’Histoire naturelle en 1876 par Arthur de La Borderie dans l’esprit encyclopédique de l’époque. La tour de l’Oratoire a été convertie en musée des Arts populaires régionaux. On peut y admirer un triptyque du XVIe orné de trente-deux émaux de Limoges qui reprennent les scènes de l’Ancien Testament. Au XIIIe siècle, une ceinture de remparts est venue renforcer les défenses de la forteresse. La ville est désormais close. Elle ne sortira que tardivement de son long sommeil. |