Ville féodale, Châteaugiron apparaît au IXe siècle. Elle fut l’une des cités les plus importantes du duché de Bretagne puisqu’elle comptait seize paroisses. Elle était connue pour ses coutumes bien particulières. Ses seigneurs jouissaient d’un privilège appelé « le saut des poissonniers » : le lundi de Pâques, les poissonniers qui avaient vendu trop cher leurs poissons pendant le Carême sautaient dans l’étang qui jadis bordait le château. On rapporte aussi que, tous les ans, le possesseur d’un certain héritage devait, pour ne pas perdre la jouissance de ses revenus de l’année, venir le 1er mai chanter sur le pont du château devant les officiers de la juridiction. Après avoir chanté, il devait remettre une ceinture de laine de cinq couleurs, de la longueur d’une aune, appelée la « ceinture du berger ». La ville fut fondée par Anquetil, un chevalier normand qui reçut du duc de Bretagne, Alain III, des terres sises sur la paroisse de Noyal-sur-Vilaine et le droit d’y élever un château. Son fils, Giron, laissa son nom au site. Les moines de l’abbaye Saint-Melaine à Rennes y implantèrent un prieuré. Centre administratif, la ville se développe au Moyen Age et sous l’Ancien Régime comme pôle commercial pour toutes les paroisses environnantes. Châteaugiron devint célèbre pour son marché hebdomadaire, ses trois foires annuelles et le commerce des toiles à voiles, les « Noyales ». La place forte a souvent été en première ligne dans l’histoire de la résistance bretonne face à l’envahisseur anglais.