Située sur un bassin agricole au point de rencontre de deux rivières, Rennes, c’est d’abord Condate, « le confluent », chef-lieu politique et religieux d’une tribu gauloise, les Riedones. Conquise par Jules César en 57 av. J.-C., elle profite de la paix romaine pour se développer. Progressivement, la bourgade grossit, attirant de nombreux habitants de l’île de Bretagne, l’actuelle Angleterre. Elle prend aussi la tête des révoltes bretonnes. Nominoë, envoyé du roi Louis le Pieux, se révolte contre son souverain et son fils Erispoë se fait couronner roi de Bretagne en 851. Les ducs de Bretagne viennent se faire couronner à Rennes. Le 30 avril 1341 Jean III le Bon, duc de Bretagne, meurt sans laisser d’héritier. Cette mort va plonger la Bretagne dans une terrible guerre de succession qui durera 24 ans ! Rennes ne sera pas épargnée, les troupes anglaises du duc de Lancastre soutiennent l’héritier légitime, Jean de Monfort, en face Charles de Blois et les armées du roi de France. En 1356 Monfort et Lancastre mettent le siège devant Rennes. La ville est alors aux mains des Blois. Grâce à Du Guesclin, la ville tint bon, Jean de Monfort et son allié durent lever le siège après la conclusion d’une trêve imposée par le pape Innocent VI. Tenue à l’écart de la guerre de Cent Ans, la ville connaît au XVe siècle un véritable « siècle d’or ». Cependant la fin de l’indépendance est proche. Les mariages successifs d’Anne de Bretagne, contraints avec Charles VII en 1491 puis plus volontaire avec Louis XII en 1499 sont les premières étapes du rattachement à la France qui interviendra en 1532. Sous l’Ancien Régime, Rennes devient la capitale administrative de la province. Le Parlement de Bretagne y siège dès 1561. C’est un haut lieu de la vie politique et intellectuelle qui s’oppose très vite au pouvoir central. Quand Louis XIV, bien mal inspiré, prétend lever de nouveaux impôts pour financer la guerre de Hollande, une première sédition éclata à Rennes en 1675 contre « la création d’un papier timbré spécial exigé pour les actes authentiques et judiciaires » et de nouveaux droits sur les péages, moulins, pêcheries, tabacs et marques d’étain : c’est la « Révolte du papier timbré ». Le 23 décembre 1720, un gigantesque incendie détruit pendant six jours tout le centre-ville. Près de 9 000 maisons sont réduites en cendres, seuls subsistent les quartiers autour de la cathédrale et les faubourgs. La reconstruction de la ville est confiée à Isaac Robelin. Le projet est conduit par Jacques Gabriel, premier architecte du roi Louis XV. Les anciennes rues tortueuses laissent la place à des voies rectilignes et à des perspectives, bordées de maisons ordonnancées en pierre.