Redon, carrefour fluvial et routier, à l’extrémité sud du département et à la frontière du Morbihan et de la Loire-Atlantique, naquit voilà plus de mille ans à l’initiative d’une communauté de moines dirigée par saint Conwoïon. En 832, ce protégé de Nominoë, premier souverain breton, fonde un monastère bénédictin. Deux fois pillé par les Normands, il se relève de ses ruines à la fin du Xe siècle et connaît dès lors sous le nom d’abbaye Saint-Sauveur une étonnante prospérité qui s’étend très au-delà de la cité redonnaise. Sous les auspices des bons moines, Redon compte jusqu’à 14 paroisses et 27 prieurés. Face aux violences et aux incertitudes politiques du Moyen Age, la ville est en partie fortifiée. La paix rétablie, Redon tire tout naturellement avantage de sa position au carrefour des fleuves et de la proximité de l’océan. Le port est alors un actif lieu d’échanges par lequel transitent les produits agricoles de l’arrière-pays, et en tout premier lieu le sel de la presqu’île de Guérande. Spécialisé dans le commerce des marchandises avec le Pays nantais et l’Angleterre, Redon devient un important centre d’embarquement pour les nombreux pèlerins qui faisaient le voyage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. La ferveur religieuse n’excluant pas la prudence, beaucoup d’entre eux préféraient l’inconfort des bateaux et les sautes d’humeur de la mer aux voyages à pied le long des routes et aux embuscades des pillards qui les attendaient au coin du bois. Dotée d’un hôtel des monnaies en 1422, la ville, déjà centre spirituel, devient aussi un centre administratif et politique. Elle accueille en 1612 les Etats de Bretagne.
A la Révolution, l’institution des départements conforte la position de Redon, lieu de passage obligé entre le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. Redon sera d’ailleurs la première sous-préfecture du pays habilitée à délivrer des titres administratifs pour les deux départements qui la jouxtent. Aujourd’hui, Redon compte un peu plus de 10 000 habitants et son économie s’est bien diversifiée. De la sous-traitance automobile à la petite mécanique de précision en passant par l’agroalimentaire, la ville connaît un dynamisme certain. Elle profite aussi du rayonnement des usines Yves Rocher à La Gacilly, à 15 km de là. De nombreuses initiatives ont été prises pour mettre en valeur le patrimoine touristique issu de ce passé florissant, notamment les nombreux hôtels particuliers et autres belles maisons bourgeoises. Monuments et paysages fourniront de nombreux prétextes à de bien agréables promenades.