Proche de Rennes, Fougères a longtemps été l’enjeu de luttes incessantes et livrée aux appétits des conquérants bretons, normands, français. C’est aujourd’hui une ville pleine de charme qui a beaucoup d’atouts et sait en jouer avec une belle humeur à toutes les saisons.Il faut sans doute la découvrir depuis le magnifique panorama qui s’ouvre de l’esplanade du jardin public, puis se perdre dans l’entrelacs des ruelles médiévales, passer les ponts et les lavoirs, retenir les couleurs d’une cité très fleurie. Mais il ne faudrait en aucun cas négliger de la contempler la nuit, lorsque les éclairages la transforment et font ressortir son âme poétique. Elle a su faire vibrer les écrivains qui l’ont aimée et s’en sont inspirés. Chateaubriand y fit de longs séjours chez ses sœurs. Juliette Drouet, la maîtresse de Victor Hugo, est fougeraise. « Je suis à cette heure au pays des fougères, écrit notamment le poète, dans une ville qui devrait être pieusement visitée par les peintres, dans une ville qui a un vieux château flanqué de vieilles tours les plus superbes du monde... » Balzac, qui a trouvé ici l’inspiration de son roman Les Chouans, affirme, de son côté, que « la Bretagne est là, dans sa fleur ». On donne à cette fraction du département le nom de « Marches rennaises » en raison de sa situation de frontière entre Bretagne et Normandie, régions longtemps rivales, séparées par des forêts et des constructions défensives. Bordé par le Couesnon et ses vallées verdoyantes, le pays de Fougères a, de la Normandie toute proche, les herbages d’un vert profond, la vocation agricole et les charmes de son tourisme vert. Le nord est le domaine du granit, le sud, le pays du schiste.Sa situation géographique aux confins des trois régions de Bretagne, de Normandie et des Pays de la Loire a fait de Fougères un carrefour économique. La verrerie existe dans la région fougeraise depuis l’arrivée de maîtres verriers italiens aux XVIe et XVIIe siècles. Depuis plus d’un siècle, la cristallerie a su conserver les mêmes techniques et peut donc se vanter du « fait main, soufflé bouche ». Au XIXe siècle, la ville, spécialisée jusque-là dans la fabrication de drap écarlate, a opéré une reconversion industrielle dans le secteur de la chaussure, chaussons de laine dans la première moitié du XIXe puis chaussures de cuir à partir de 1852, essentiellement destinées aux femmes. Mais cette industrie subit maintenant depuis plusieurs années la concurrence étrangère. Cependant, au gré des mutations industrielles, Fougères continue à faire preuve d’une remarquable capacité d’adaptation. Aujourd’hui, c’est une région pilote dans un certain nombre de secteurs : mécanique de précision, optique, chimie fine, électronique, agroalimentaire, granit, mode... Voir en priorité la vieille ville et le château féodal, XIIe et XVe, très bien préservé, avec ses remparts et ses 13 tours, le musée de La Villéon et, aux environs, à Fleurigné, l’église ancienne et le château du Bois-Février, XVIIIe et XIXe, jardin à l’anglaise, qui fut un fief des adversaires de la Ligue au XVIe siècle.