Commune du parc d’Armorique. Le hêtre dont on fait les sabots lui a probablement donné son nom. Prononcé « fou », Le Faou, ville pont, conserve un patrimoine architectural de grande qualité. La nouvelle place de la mairie dont l’aménagement n’est guère réussi n’offre que peu d’intérêt par rapport à l’ancienne place et à la rue Charles-de-Gaulle. De nombreuses maisons à encorbellements et façades à pans de bois du XVIe siècle sont construites en schiste de granit, couvertes d’ardoises et surmontées de hauts pignons. Vingt-trois d’entre elles sont protégées et une classée. La plus ancienne et la plus curieuse abrite aujourd’hui un magasin de cadeaux. On prétend qu’il s’agissait d’un lieu de rendez-vous car une sablière portait en sculpture des silhouettes d’hommes nus écartelés. Mais les âmes pures se sont élevées contre cet art jugé indécent, et la pièce de bois a été rabotée… La prospérité de la ville était liée depuis le début du XVIIe siècle à la Marine royale qui, allant débiter du bois en forêt du Cranou pour la construction des navires, transitait par le port avant de rejoindre Brest par les eaux de la rade. A la fin du XIXe siècle Le Faou est le deuxième port de la rade de Brest. Aujourd’hui, le port ne sert plus, si ce n’est à quelques manifestations maritimes. Au bord de la rivière, la petite église Saint-Sauveur est charmante. Outre le porche, son clocher à dôme et lanternons, prouesse technique dont les pleins sont aussi importants que les vides, vaut un coup d’œil. A voir, dans l’église, la cuve baptismale ornée de serpents. L’arc de triomphe donne une petite note d’originalité. Des aigrettes ont élu domicile au pied du mur de l’ancien cimetière.