C’est le cœur du Pays bigouden. Cette région, qui s’étend entre le Gwaïen au nord et l’estuaire de l’Odet à l’est, est une région à part entière avec sa culture et ses mœurs. Les habitants se considèrent avant tout bigoudens, fiers de l’être, et ne veulent surtout pas être comparés aux Bretons en général. Ils revendiquent et affirment leur entité et leur personnalité, ce qui leur a souvent valu de se quereller avec leurs voisins. A moins que ce ne soit le contraire... En tout état de cause, il existe bien un clan bigouden, ne serait-ce que par la persistance des femmes à porter encore la coiffe très haute (ce qui a fait, entre autres, la renommée de la contrée). Les bigoudens refusent toute soumission à la France. Déjà, sous le règne de Louis XIV, alors que les caisses de la France sont vides à cause des guerres et des fastes royaux, Colbert décide, en 1675, d’imposer un timbre sur les actes et de remettre l’impôt sur le tabac et la vaisselle d’étain en vigueur. Tout est bon pour le ministre du roi pour faire entrer des deniers dans la bourse de l’Etat. Mais la Bretagne ne l’entend pas de cette oreille, car elle avait racheté à la France ces droits pour deux millions de livres. Les Bretons se révoltent, mais ce sont les bigoudens les plus virulents. La réponse du roi ne se fait pas attendre. Il envoie ses armées réprimer les insurgés. La répression sera terrible. Des centaines de paysans sont tués, emprisonnés ou exilés. Rancunier, en guise de punition, Louis XIV fait détruire les clochers de la plupart des chapelles de la région, le Parlement est exilé à Vannes et son château est pillé. Cette révolte prendra le nom des Bonnets rouges, car tous les insurgés se reconnaissaient par le bonnet rouge qu’ils portaient.