Cité archiépiscopale importante sous l’Empire romain, Sens devient rapidement une ville convoitée. Un raid sarrasin frappe aux portes en 731. Ce sont ensuite les Vikings qui essayent de forcer l’entrée. Sens résiste tant bien que mal. Charlemagne en fait l’une des trente cités métropolitaines légataires de son testament. C’est aussi à l’époque carolingienne que les archevêques de Sens prennent le titre de « primat des Gaules et de la Germanie ». Au Moyen Age, Sens est un archevêché prestigieux. Les séjours du pape Alexandre III, celui de saint Thomas Becket, la présence de reliques, le mariage de saint Louis dans la cathédrale Saint Etienne, attestent de l’importance de la ville au Moyen Age. Plus tard, la guerre de Cent Ans fut une période dévastatrice : de nombreux incendies touchent le Sénonais. Des massacres multiples déciment une grande partie de la population. La Renaissance offre à la ville de superbes constructions, comme l’Hôtel de Sens, des ajouts à la cathédrale et à la demeure épiscopale. Un temps également où rayonnent des artistes locaux tel Jean Cousin, auteur du vitrail de la Sybille de Tibur dans la chapelle du Sacré-Cœur. Les maisons à pans de bois s’épanouissent au cœur de la cité. La Révolution française n’épargnera pas certaines douleurs à la ville. De grands travaux caractérisent le XIXe siècle et le début du XXe siècle concernant, en particulier, le chemin de fer : la gare SNCF, anciennement appelée le PLM (Paris-Lyon-Marseille), en 1849, la ligne Orléans-Troyes, en 1873, et les gares dites du « tacot », c’est-à-dire les chemins de fer départementaux, la ligne du Gâtinais-Sens-Egreville (1901), Sens-Nogent (1914). Pas moins de quatre gares à Sens ! C’est également une période où de nombreux édifices, qui désormais font partie du patrimoine de la ville, voient le jour : l’architecture que l’on connaît aujourd’hui se met en place avec tout d’abord le théâtre (à l’italienne, avec un très beau plafond rond) et le marché couvert en 1882. Suivront le musée municipal en 1891, la Caisse d’épargne en 1902 (désormais, moyen de repère géographique pour tous les Sénonais) et l’hôtel de ville en 1904.