« Princesse de la Loire », La Charité réunit ses toits d’ardoise autour du clocher de son église prieurale, consacrée en 1107 par le pape Pascal II. Notre-Dame-de-la-Charité-sur-Loire est la plus grande église bourguignonne après celle de Cluny. Avec ses 122 m de long, 27 m de hauteur et 37 m de large, cette église pouvait recevoir 5 000 pèlerins. Le chevet de l’église prieurale, élevé entre 1059 et 1135, est à lui seul un chef-d’œuvre : la décoration du chœur est saisissante de beauté avec les chapiteaux ornés d’animaux et de végétaux, ainsi que les écoinçons des grandes arcades où un fabuleux bestiaire fantastique apparaît sur des médaillons rectangulaires ; la finesse de la sculpture se rencontre à nouveau dans la galerie d’arcatures aveugles, qui remplace le triforium, et dont les pilastres, à l’image de ceux du déambulatoire, sont ornés de divers motifs géométriques. Ceint d’absidioles rayonnantes, le chœur présente une profonde chapelle axiale d’époque gothique (XIVe), qui du fait de sa faible élévation semble beaucoup moins élégante que le reste du chœur. La croisée du transept est surmontée par un clocher, dit la « tour de Bertrange » : une base carrée soutient cette tour octogonale dont les arcatures polylobées sont ornées de statues en haut-relief. Pour information, sachez qu’en 1840, il fut projeté de faire traverser la nef par la route royale Paris-Nevers, mais Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques, obtint du roi Louis-Philippe qu’il abandonne le projet, et fit classer l’édifice monument historique. Une initiative qui nous vaut aujourd’hui le plaisir de contempler ce chef-d’œuvre architectural. |