C’est une rue comme les autres, juchée de petits commerces et de terrasses qui occulteraient presque ce porche qui annonce d’entrée la couleur : Vous entrez dans «la maison du peuple», dans les entrailles de l’histoire de quelques Sanclaudiens qui ont poussé l’aventure sociale à son apogée. Classé Monument historique, cet imposant bâtiment adossé à la falaise n’en finit pas de nous immerger pièce après pièce, dans le coeur de la politique et de l’économie locale de l’époque. C’est en 1881 que le cercle ouvrier de Saint-Claude créa la coopérative d’alimentation «La Fraternelle». C’est seulement en 1984 que prit fin la dite structure pour devenir une association qui met en valeur ce patrimoine exceptionnel. En 1910, on inaugurait ce bâtiment devenu un véritable enjeu social. Il ne pouvait avoir d’autre nom que «la maison du peuple». De par son gigantisme, ce dernier allait permettre d’y rassembler diverses activités régissant la vie professionnelle des ouvriers, ainsi que celles activités nécessaires à l’épanouissement des sociétaires de la Fraternelle. Ceux-ci n’étaient parfois âgés que de quelques mois. Aux différents étages, on pouvait y trouver la bourse du travail, la bibliothèque, les coopératives de production, les mutuelles, le café, le théâtre, le cinéma, l’université populaire, le restaurant et le siège des syndicats. On y imprimait même un journal socialiste. Aussi, chaque objet retrouvé, chaque machine, chaque outil, chaque salle, trahit avec émotion le poids du temps qui passe et de la société qui évolue. De ces mûrs humides s’échappe la mémoire du passé, comme pour ne pas oublier que l’histoire de ces hommes reste incrustée telle une pierre précieuse à flanc de montagne. |