Chef-lieu du Jura, Lons-le-Saunier est une ville qu’il faut prendre le temps d’apprécier. Le centre-ville est charmant avec ses boutiques, mais Lons, c’est avant tout une histoire, une culture et un patrimoine unique qu’il convient de découvrir. C’est également la patrie de Claude Rouget de Lisle, officier et compositeur de la Marseillaise. Né en 1760 à Lons, il résida à Montaigu, petit village voisin. Poète, il débute cependant une carrière militaire à 16 ans, à l’Ecole militaire de Paris. A 22 ans, il se retrouve en garnison à Strasbourg. C’est là qu’un 25 avril 1792, il va marquer de son nom l’Histoire de France. Lors d’une réception à Strasbourg chez le Maire Diétrich, on entendait résonner les airs des chants révolutionnaires de la Carmagnole et du Ca ira. Diétrich déclara qu’il manquait un chant à l’armée et l’officier et poète Rouget de Lisle s’est vu chargé de l’écrire pour le lendemain matin. En quelques coups d’archet, son violon donne le ton et les paroles coulent naturellement. Au petit matin, Diétrich entonne le chant de guerre devant les invités de la veille. Il le fait paraître dans un journal constitutionnel qui était beaucoup lu à Marseille où l’on commence à chanter les paroles. Le bataillon des 500 volontaires formé à Marseille afin de venir en aide aux parisiens pour renverser la Royauté, adopte immédiatement le refrain. Le 31 juillet 1792, lorsqu’ils entrent dans Paris, le «Chant de guerre de l’armée du Rhin» devient La Marseillaise. Mais l’auteur du chant national entra au lendemain de son bref éclat de gloire, dans la période la plus difficile de sa vie. Captif à la prison de Saint-Germain-en-Laye, il ne songe qu’à réintégrer l’armée. Mais l’empire de Napoléon n’éveille en lui aucun espoir. L’Empereur s’égare selon lui, trop loin de l’aurore de la paix et de la liberté. De retour dans son Jura natal, il n’est plus le «grand homme» et se voit bientôt obligé de vendre la maison familiale de Montaigu. Pour une dette de 500 francs, il est emprisonné pendant 17 jours à Sainte-Pélagie. Recueilli par des amis à Choisy-le-Roi, il vit d’une misérable pension, avant de mourir en 1836, en vieillard sombre et solitaire. Le 14 juillet 1915, son urne funéraire est confiée aux Invalides après un passage sous l’Arc de Triomphe. Aujourd’hui, la ville de Lons célèbre l’enfant du pays à travers un musée et une superbe statue.