Depuis Besançon, en remontant la vallée du Doubs, on atteint Montbéliard en passant par Baume-les-Dames. En redescendant vers le sud, on traverse la vallée du Dessoubre, pour remonter vers le Saut du Doubs.
De la ville romaine d’Epomanduodurum au Pays de Montbéliard tel que nous le connaissons aujourd’hui, cette région a connu un passé historique riche en rebondissements. C’est cette histoire qui lui donne son identité si particulière, en même temps industrielle et innovante, protestante et cosmopolite. Les premières traces archéologiques de l’histoire locale remontent au début de l’ère chrétienne. Epomanduodurum, future ville de Mandeure, est un port fluvial prospère. Cette prospérité disparaît avec l’Empire romain lors des invasions barbares. De cette époque, il ne reste que le théâtre romain de Mandeure. Le millénaire qui suit voit invasions, famines, guerres et épidémies se succéder. Malgré tout, la vie agricole se développe. Les maîtres successifs du territoire construisent leur place forte sur l’actuelle acropole du château de Montbéliard. C’est en 935 qu’apparaît pour la première fois le nom de Montem Billiardae.
Durant les premiers siècles du nouveau millénaire, Montbéliard et ses environs se développent. La région devient un centre économique important, lieu de grandes foires. Mais, Montbéliard n’échappe pas à la grande crise socio politique qui mènera à la Renaissance.
C’est dans ce contexte qu’en 1397 Henriette, fille du comte de Monfaucon, reçoit en héritage le comté de Montbéliard. Des alliances politiques conduisent à son mariage en 1407 avec Eberhard de Würtemberg, prince de l’Empire germanique.
Suite à ce mariage, le Pays de Montbéliard devient une principauté indépendante en 1495. Ses rapports étroits avec l’autre côté du Rhin transforment la ville : l’administration et l’urbanisme se modernisent, mais surtout la réforme protestante s’impose. Enclave protestante dans une France catholique, Montbéliard accueille de nombreux huguenots persécutés tandis que les pasteurs alphabétisent la population. C’est à cette époque que l’architecte Heinrich Schickhardt redessine la ville : on lui doit, entre autres, le faubourg de Besançon, le bâtiment des Halles et le temple Saint Martin. Cette identité forte permet au Pays de Montbéliard de résister aux occupations successives du Roi de France. Mais, en 1792, les idées révolutionnaires ont raison de la Monarchie Würtembourgeoise : la Principauté de Montbéliard se rattache à la République Française. Conservant son identité luthérienne, elle développe rapidement un tissu économique prospère basé sur l’horlogerie et le textile. Aujourd’hui, Montbéliard et ses 28 000 habitants sont au centre d’une agglomération de plus de 120 000 âmes, que tout le monde ici connaît sous l’appellation de Pays de Montbéliard, officialisé administrativement par la création d’une Communauté d’agglomération (29 communes).