C’est une magnifique construction que l’on peut admirer en quittant Santenay pour retourner vers les villages de Montrachet. Le moulin est situé à mi-hauteur, au milieu des vignes et des murs de pierres. Haut de 8 mètres, avec des ailes de 14,50 mètres de long pour un poids de 2 tonnes, il est le témoin d’une tranche d’histoire locale. Santenay a une longue histoire avec ses moulins. Ville d’eau, la commune a longtemps compté sur la motricité aquatique pour faire tourner les roues du moulin sur les cours d’eau du Terron et sur celui de la Dheune. A la fin du XVIIIe siècle, la municipalité évoque le moulin Saule ou Sauge et le moulin dit « du Pont », qui lui produisait farines et huiles. S’ils sont considérés comme de remarquables ouvrages, leur production reste, somme toute, limitée. Se pose aussi le problème de la dépendance vis-à-vis du climat. On redoute les eaux gelées comme les périodes de sécheresse qui stoppent l’activité des roues. Les habitants sont alors obligés de se tourner soit vers les moulins à eau de villages plus chanceux, soit vers les systèmes éoliens. Le premier moulin à vent est situé à 16 kilomètres au nord, à Montceau, pour la Côte-d’Or et deux autres étaient signalés pour le département de Saône-et-Loire. Un certain François Sorine décide en 1823 de construire un troisième moulin à eau sur la source de Boichot en direction de Chassagne. Celle-ci révélant un débit insuffisant invite à lui adjoindre un bief artificiel alimenté par la Dheune. Sorine entame alors un nouveau projet, celui de construire un moulin à vent, ce qui limiterait la dépendance vis-à-vis de l’eau et permettrait de tripler les rendements. Non loin de son premier édifice, il élève une bâtisse ronde, de six mètres de diamètre, avec toit mobile pour orienter et incliner les bras de la roue. On parle alors des moulins Sorine. L’arrivée du chemin de fer bouleversera la donne pour les héritiers de l’infatigable constructeur. La ligne Chagny – Nevers passe par l’emplacement des deux moulins à eau de Santenay, qui sont détruits dans la première moitié du XIXe siècle. Les Sorine vendent le moulin à vent à la compagnie. Ce n’est qu’en 1990 que la municipalité de Santenay décide de rénover ce moulin, témoin du passé de la commune. Les travaux seront terminés en 1995, un grand soin ayant été apporté au respect du mécanisme. |