La moitié de la superficie de ce canton est recouverte de forêts. Ce qui est plus incroyable encore, c’est que les limites actuelles de ces bois sont identiques à celles relevées au XIIIe siècle ! Pas de politique de grands défrichements en vue, depuis plus de 700 ans… Décidément, dans ce coin de Côte-d’Or, on sait prendre son temps ! Recey et ses alentours disposent d’une autre particularité, géologique cette fois-ci, avec les marais et autres zones humides, à l’image du marais des Conois. La forêt cache aussi plusieurs pierres levées et des tumulus, cousins des célèbres menhirs. Les résurgences, comme celle de la douix de Terrefondrée, ont été sujettes à la dévotion parmi les populations celtes puis gallo-romaines. Autant d’antiques sanctuaires qui ont légué divers objets et statues venus enrichir les collections du musée du Châtillonnais. Le territoire de Recey-sur-Ource a été l’enjeu de nombreux conflits tout au long du Moyen Age. Pour stabiliser, quadriller et contrôler la région, le pouvoir laïc favorise l’implantation des nouveaux ordres religieux. Les célèbres moines soldats de l’ordre des Templiers s’installent ici dès 1130 et fondent des établissements à Bure, Terrefondrée et Voulaines. Usant des mêmes fonctions, les Hospitaliers prendront leur succession. L’ordre des Chartreux arrive ensuite et prend racine à Lugny puis à Leugley et Recey. C’est à ces religieux que l’on doit châteaux, églises, monastères, commanderies, grands prieurés, dans ces campagnes. Après les désastres causés par la guerre de Cent Ans, ce sont eux qui relanceront l’économie. Ils supervisent l’installation et la gestion des premières forges, à Essarois, Froidvent, Voulaines où l’ordre de Malte vient mettre la main à la pâte. A la fin de l’époque moderne, au XVIIIe siècle, ces industries produisent 200 à 300 tonnes par an. Doublée d’une autre activité locale florissante, celle de la culture du chanvre, cette économie fait les beaux jours du canton jusqu’à la moitié du XIXe siècle. C’est l’époque des grandes familles d’entrepreneurs. Les commandes affluent pour des bâtiments d’inspiration néoclassique (maisons bourgeoises, manoirs, églises et lavoirs), comme ceux de l’architecte Tridon. La population va pourtant baisser inexorablement. Actuellement, les habitants ont parfois un sentiment de dépérissement. Ils n’hésitent donc pas à se montrer accueillants et contribuent à faire découvrir leur contrée.