A la frontière des territoires de Bourgogne et de Champagne, le village médiéval souffre des incessants passages d’hommes en armes. Plusieurs seigneuries coupaient en différentes parts le finage local. Parmi les seigneurs locaux : le duc de Bourgogne, l’évêque duc de Langres, l’abbé de Saint-Bénigne et le roi de France. En pleine Renaissance, c’est le monarque François Ier qui s’offre quelques jours de repos à Is-sur-Tille en 1535. Il y dresse une ordonnance, prémices de celle de Villers-Cotterêts qui impose la langue française dans le royaume. C’est au cours du XVIe siècle que la bourgade travaille à ses fortifications. Elle essaie tant bien que mal de résister aux pillards et aux factions en lutte durant les guerres de Religion. La Révolution et l’Empire passent, et Is accueille la ligne de chemin de fer qui relie Dijon à Langres en 1863. Un nœud ferroviaire prend forme avec des liaisons via Châtillon, Gray et le réseau PLM. Durant la Première Guerre mondiale, les troupes américaines investissent la gare et installent un hôpital de campagne d’une capacité de 500 lits. Chef-lieu de canton, Is-sur-Tille veille au quotidien de 24 communes du pays des Trois-Rivières. La commune est située à une vingtaine de kilomètres au nord de Dijon, à la rencontre de deux entités géographiques : un plateau calcaire à l’ouest d’une altitude moyenne de 400 mètres et une plaine argileuse agricole à l’est. Si la Tille est bien évidemment présente sur le territoire de la commune, c’est l’Ignon seul qui a l’honneur de traverser le centre-ville. C’est lui qui donne cet aspect pittoresque à la bourgade. Chaque année, Is participe au concours des villes fleuries et a d’ailleurs obtenu un premier prix régional et fait parti des cinq localités de Côte-d’Or qui peuvent afficher deux fleurs en distinction. Dans le domaine des jardins, la ville a ouvert des espaces communaux reconvertis en plantations familiales potagères. La petite ville tire donc profit judicieusement de son cadre avec la mise en place de plusieurs associations comme celle qui a trait à l’étude des champignons. En effet, les amateurs de truffe de Bourgogne savent que ces terres sont propices à la pousse de ces merveilles tant convoitées. Un centre de loisirs dispense des activités comme la pêche, la chasse, la marche et le cyclotourisme. Enfin, signalons qu’à force d’apparaître sur les grilles noires et blanches de plusieurs journaux nationaux, Is-sur-Tille a été désigné capitale française des mots croisés, depuis 1990. Les cruciverbistes ont ainsi droit à leur festival annuel.